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Repousser les ZFE jusqu’à 2030 ?

Pour les rendre acceptables, Philippe Tabarot a sa petite idée sur les zones à faibles émissions (ZFE-m) qui visent à bannir progressivement les véhicules les plus polluants des grandes agglomérations pour réduire les émissions de particules fines. Elle sont responsables de maladies respiratoires et de 40.000 décès par an, selon Santé Publique France. Dans un rapport publié le 14 mai, le sénateur LR des Alpes Maritimes préconise d’assouplir le calendrier de leur déploiement, et de renforcer les aides à l’achat de véhicules électriques.
« Partout où elles sont instituées, les ZFE-m se heurtent à des crispations et de vives incompréhensions, tant de la part des collectivités territoriales chargées de les mettre en place que des usagers, particuliers et professionnels, dont les mobilités quotidiennes seront affectées par les restrictions de circulation« , lit-on dans la synthèse du rapport.
Comme le député Bruno Millienne (LR) qui avait mené en 2022 une mission parlementaire similaire (« mission flash »), Philippe Tabarot estime que l’accompagnement des ZFE de l’Etat est insuffisant, que l’offre de transports alternatifs à la voiture est « trop modeste« , et que les véhicules propres sont « financièrement inaccessibles« .
Après la création de 11 ZFE-m en 2019, la loi climat et résilience de 2021 a prévu de les généraliser dans 43 agglomérations de plus de 150 000 habitants, avant le 31 décembre 2024. Hier, devant la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, Philippe Tabarot a jugé indispensable d’assouplir les calendriers en laissant aux collectivités le choix de reporter l’interdiction des véhicules Crit’air 3 jusqu’à 2030 au plus tard. Au lieu du 1er janvier 2025, après le bannissement des Crit’air 4 au 1er janvier 2024.
« Interdire des plus grandes métropoles plus d’un tiers des véhicules qui les traversent quotidiennement, soit 13 millions de véhicules, dans un délai d’un an et demi, risque inévitablement de creuser des fractures sociales et territoriales« , alerte le parlementaire. Un chiffre jugé « fantaisiste » par le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu.
Le sénateur Tabarot préconise aussi de renforcer des aides à l’achat des voitures électriques y compris d’occasion, pour les ménages modestes ou habitant en dehors des ZFE mais obligés de venir y venir travailler. Enfin, il reprend l’idée des lignes de bus express récemment défendue par le président du département de l’Essonne, François Durovray (LR), et les RER métropolitains qui font d’ailleurs l’objet d’une proposition de loi examinée le 16 juin à l’Assemblée nationale.
Quant au contrôle de l’accès aux ZFE, l’installation de radars de lecture automatique des plaques d’immatriculation, il est maintenant promis par l’Etat en 2026. Il est urgent d’attendre… A commencer par le 10 juillet prochain, date de la remise d’un autre rapport commandé par le gouvernement à Jean-Luc Moudenc, président de la Métropole de Toulouse et Anne-Marie Jean, vice-présidente de l’Eurométropole de Strasbourg.
N.A