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T&E veut renforcer le leasing social et les cars express

L’ONG Transport & Environnement, T&E, profite du début de l’année pour appeler à des investissements ciblés pour « des impacts rapides et massifs » dans la mobilité. Elle demande un plan doté d’une enveloppe de 300 millions d’euros dès 2026, pour monter jusqu’à un milliard d’euros en 2030. Son périmètre doit être circonscrit aux besoins les plus prégnants, dans les zones périurbaines et rurales. Son financement peut être assuré par des certificats d’économies d’énergie, l’Etat, les collectivités et les AOM, des banques et opérateurs privés.
« Le gouvernement navigue à vue sur la décarbonation des transports, sans vision de long terme et se contente trop souvent de mesures restreintes, comme dans le cas du leasing social automobile, alerte Diane Strauss, directrice de T&E France. La puissance publique ne joue pas son rôle pour structurer une offre efficace et coordonnée à l’échelle des territoires. De nouveaux investissements, ciblés et efficients, sont nécessaires pour réduire la fracture territoriale entre zones urbaines et peu denses. Ils visent aussi à faire face aux nouveaux enjeux industriels et géopolitiques : favoriser l’émergence du “made in UE” et réduire notre dépendance au pétrole ».
T&D dresse deux priorités. La première vise le leasing social qui ne soutient aujourd’hui que 50 000 véhicules par an, « quand les besoins totaux se chiffrent en millions ». L’ONG souligne l’intérêt suscité par le dispositif actuel auprès des classes moyennes pour l’achat d’une voiture électrique. Ce type de véhicule présente désormais un coût au kilomètre avantageux, un accès facilité à la recharge pour les ménages en logement individuel, une autonomie satisfaisante, un réseau autoroutier bien équipé, ainsi qu’un excellent confort de conduite. « Il est temps que l’État s’associe aux territoires et aux autorités organisatrices de la mobilité pour proposer une offre élargie de véhicules électriques à loyer modéré », insiste T&E.
Pour jouer pleinement son rôle, le dispositif doit proposer des volumes suffisants, une diversité de modèles — de la voiture familiale au vélo cargo —, un ciblage social clair et une transparence de fonctionnement. Banques privées, publiques, État et collectivités doivent s’entendre pour constituer progressivement une flotte de 1 à 2 millions de véhicules, loués sur l’ensemble de leur durée de vie. « Cela constituerait un réel soutien à l’industrie automobile française et européenne, tout en permettant de réduire la dépendance au pétrole », estime l’ONG.
Une alliance entre ligne de cars et de covoiturage
Sa deuxième priorité porte sur le déploiement massif de cars express, associés à des lignes de covoiturage sur les axes denses. T&E appelle à intégrer, dans la loi cadre, les moyens nécessaires au fonctionnement d’un véritable système de transport express pour tous, fondé sur les Services Express Routiers. Une alliance entre lignes de cars express et lignes de covoiturage express permettrait de réduire massivement la dépendance à la voiture individuelle et d’élargir les bénéfices de la décarbonation aux habitants des campagnes et des petites villes.
Contrairement aux idées reçues, la transition des mobilités ne nécessite pas des sommes colossales, mais un meilleur ciblage des politiques publiques au regard des besoins géographiques et sociaux des ménages. Désenclaver les territoires ne passe plus par la construction de nouvelles routes — coûteuses et destructrices des écosystèmes — mais par le déploiement d’une offre diversifiée de solutions de mobilité : rail, routes, cars et voitures. L’association milite pour un « grand plan pour le désenclavement des territoires » qui permettrait, d’ici cinq ans, de donner accès à 23 millions d’habitants supplémentaires à un réseau multimodal rapide et fréquent, hors zones denses.