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Les prix de l’ingénierie distinguent le transport urbain

Le syndicat professionnel Syntec Ingénierie a décerné pour la dixième année les prix
de l’ingénierie. Ils ont distingué, d’une part un banc d’essais dynamiques à poste fixe conçu par Artelia pour le métro de Lille, d’autre part un pont, conçu par Egis et destiné au tramway de Strasbourg, combinant arc supérieur rectiligne et tablier courbe. Des solutions élégantes et innovantes répondant à des problèmes complexes.
Cette année, dixième édition des prix décernés par Syntec Ingénierie, syndicat professionnel, présidé par Nicolas Jachiet, ce sont deux projets de transport urbain qui ont reçu, le 20 octobre, des mains de Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, à l’hôtel de Roquelaure, l’un le Prix de l’industrie et l’autre le Grand prix national de l’ingénierie.
Le Prix de l’industrie est allé au banc de test dynamique mis au point par Artelia pour la Métropole européenne de Lille (MEL). Les deux métros automatiques de Lille voient passer sur leurs 45 km 345 000 voyageurs par jour. Et le trafic croît. La capacité de transport doit elle aussi croître, de plus de 30 %, grâce à de nouveaux matériels et une meilleure rotation des rames. Ce qui suppose aussi une reconfiguration des garages-ateliers de la ligne 2. Pas si simple. D’une part il n’est pas question d’interrompre l’exploitation. D’autre part, la métropole ne dispose pas de réserve foncière permettant d’agrandir les sites. Aussi la métropole a-t-elle demandé à Artelia, maître d’œuvre pour la création d’un centre de maintenance sur le site de Grand But, de pallier l’absence de voie d’essai, selon une solution applicable aussi au site de maintenance de Dron.
D’où une innovation présentée comme une première mondiale. Ce qui est effectivement le cas pour un matériel automatique sur pneus. A l’issue de la phase d’étude, précise Luc Tabary, directeur de projet pour Artelia, « notre solution présentée et retenue par la MEL correspond à la mise en œuvre d'un banc de tests dynamiques permettant de reproduire la marche d'une rame de métro de type VAL à poste fixe dans l'atelier de Grand But. Les fonctionnalités de ce banc de tests dynamiques permettent, en particulier, de reproduire l'ensemble des tests normalement effectués en voie d'essai ».
Au lieu que ce soit la rame qui procède aux essais sur des centaines de mètres, voire des kilomètres de voie d’essai, c’est la voie qui défile sous la rame. Celle-ci est placée sur un tapis de roulement. L’innovation trouvée pour le métro léger pourrait s’appliquer à n’importe quel type de matériel roulant, et pour tous les types d’essais ferroviaires. D’où une clause permettant, avec l’accord de la métropole de Lille, une large commercialisation du système, moyennant une licence d’exploitation. L’innovation, en cours de développement depuis juillet 2015, doit être finalisée l’an prochain.
C’est d’autre part une équipe d’Egis qui a remporté le Grand prix national de l’ingénierie, pour le pont Citadelle à Strasbourg. Un pont construit dans le cadre du prolongement de la ligne D jusqu’à la ville allemande de Kehl. Et qui pour cela franchit le bassin Vauban, sans engager le gabarit navigable. L’ouvrage était particulièrement difficile à dessiner et calculer. L’équipe d’Egis – réunissant notamment l’ingénieure Claude Le Quéré et l’architecte Bernard Nappi – a conçu une solution élégante : un pont métallique à arc supérieur supportant un tablier suspendu courbe, d’une portée de 163 mètres.
« L’ouvrage est le fruit d’une conception très intégrée entre architecte et ingénieurs », souligne Claude Le Quéré, ingénieure Ouvrage d’Art à Egis, en charge de la conception. Tandis que Jean-Bernard Nappi, architecte DPLG interne à Egis, responsable du traitement architectural de l’ouvrage, souligne : « Toute l’innovation du pont réside dans la recherche d’une géométrie optimale du point de vue de l’équilibre des efforts. »
Le pont Citadelle a été entièrement conçu en maquette numérique, ce qui a permis de trouver à la fois la bonne géométrie et la bonne esthétique.
Il a été réalisé sous maîtrise d’ouvrage de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), par le groupement GTM Hallé/Eiffage Construction Métallique. Il a été livré à la fin de l’été, et sa mise en service prévue en avril 2017. Il doit permettre au tramway et aux modes doux d’irriguer la future ZAC Deux Rives qui se dressera sur les anciennes parcelles du Port autonome de Strasbourg, et dont le programme d’aménagement est actuellement à l’étude.
F. D.