Votre panier est actuellement vide !
Les nouveaux partenariats écoles-entreprises

Le secteur des transports peine à recruter certains profils alors que ses besoins en main-d’œuvre augmentent. D’où des efforts prévus pour renforcer les formations dans les années à venir, tant par les organismes de formation traditionnelle que par les entreprises elles-mêmes qui choisissent de plus en plus de transmettre directement leurs savoir-faire à leurs salariés.
Appel aux candidats : on va former et recruter à tour de bras dans les transports ! Les chiffres confirment en effet un beau dynamisme dans le secteur : en 2015, 12 000 emplois ont été créés dans les transports routiers et la logistique, selon les chiffres de l’Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique (OPTL, un organisme professionnel ne couvrant pas le transport urbain). Soit une hausse de 2 % comparée à l’année précédente, alors que, selon l’OPTL, la hausse de l’emploi pour l’ensemble de l’économie atteint 0,6 %.
Dans le transport public urbain de province, il y a eu sur cette même période plus de 2 600 recrutements. La demande de mobilité est forte et les réseaux continuent de se développer. Selon le dernier bilan social présenté l’année dernière par l’UTP, « les départs en retraite et, dans une moindre mesure, les créations d’emploi expliquent cet important volume d’embauche ».
Quant au transport ferroviaire, il est aussi traditionnellement un grand pourvoyeur d’emplois : la SNCF affirme qu’elle va recruter 5 000 personnes pour ses activités ferroviaires cette année (8 600 pour l’ensemble du groupe). Ce qui représente la création de 2 300 emplois, a indiqué en début d’année Guillaume Pepy. Mais, a-t-il ajouté, « ceux que l’on embauche cette année ne seront vraiment efficaces que dans trois ou quatre ans ».
C’est en effet une difficulté à laquelle sont confrontées bon nombre d’entreprises des transports : la spécificité des besoins en main-d’œuvre (profils techniques « pointus », conditions de travail difficiles à des horaires décalés, en extérieur…) d’une part ne suscite pas suffisamment de vocations et d’autre part ne permet pas de trouver sur le marché du travail suffisamment de candidats bien formés.
D’où la double démarche engagée par le secteur : organisations professionnelles et entreprises engagent régulièrement des campagnes pour faire connaître les métiers et les attraits du secteur (voir encadré ci-dessous) et développent en parallèle de plus en plus de cursus sur mesure. Ces formations sont réalisées soit en coopération avec des écoles, soit par les entreprises elles-mêmes qui peuvent créer leurs propres campus.
Dans le cadre de coopérations mises en place avec des écoles ou des universités, des cursus peuvent être mis au point en lien étroit avec des entreprises. Par exemple, le réseau d’écoles d’ingénieurs Cesi propose une formation Ingénieur BTP option « Travaux ferroviaires » lancée avec la SNCF. De même, le mastère spécialisé Management de construction, option « Transports ferroviaires, urbains et mobilité innovante » a été créé avec des entreprises du secteur qui participent à l’élaboration du programme pédagogique et au recrutement d’alternants.
Les diplômes sont donc de plus en plus professionnalisants et s’obtiennent après de multiples stages longs, la réalisation d’études de cas concrets, et des interventions d’experts.
La formation en alternance est tout particulièrement appréciée. Le dispositif, qui alterne période de formation et période de travail en étant payé par une entreprise, se développe à tous les niveaux, y compris dans l’enseignement supérieur. Il permet de trouver rapidement un poste, le plus souvent dans l’entreprise qui a formé le jeune.
« Du fait de l’alternance obligatoire, ces formations sont très professionnalisantes et permettent aux apprenants de répondre aux besoins opérationnels dès la sortie de la formation. Ces formations sont une préembauche pour les entreprises partenaires », explique-t-on ainsi du côté du Cesi.
Autre cas de figure, de grandes entreprises peuvent choisir d’avoir leur propre centre de formation comme c’est le cas de la SNCF, de Keolis, Transdev, de la RATP ou encore de Systra. Avantage de la formule : les salariés renforcent leurs compétences et bénéficient d’un cadre sur mesure, tout en s’imprégnant d’une forte culture d’entreprise. Particulièrement intéressant dans le milieu où on est très consommateur de formations tout au long de la vie professionnelle.
Transdev Formation par exemple, qui dispose d’antennes régionales, intervient ainsi à un triple niveau : formation initiale en partenariat avec l’organisme AFT au titre professionnel TPCTRIV ; formations obligatoires à la sécurité grâce à son agrément FCO (formation continue obligatoire) et actions de formation continue produite en interne. Il forme entre 8 000 et 10 000 personnes chaque année. « Nous sommes capables de délivrer des programmes cohérents sur l’ensemble du territoire, bien que notre activité soit très décentralisée », indique François-Xavier Chirol, le directeur de Transdev Formation.
La SNCF a ses propres impératifs, tout particulièrement pour former ses conducteurs après une sélection rigoureuse. Ainsi, l’an dernier, quelque 60 000 personnes ont fait acte de candidatures mais seuls 1 000 ont été acceptés en formation et 700 définitivement embauchés après une formation de 18 mois.
Une fois entrées dans ces grandes entreprises, les nouvelles recrues s’apercevront vite que la mobilité professionnelle est forte dans le secteur, même lorsque l’on part de très bas. Cela justement grâce aux multiples formations qui leur seront proposées tout au long de leur carrière : les entreprises investissent fortement dans la formation professionnelle. Dans le transport urbain, elles y consacrent 4,1 % de la masse salariale (5,7 % dans le ferroviaire). Au total, quelque 67 % des salariés du transport urbain en province suivent une formation chaque année.
Marie-Hélène POINGT
Opération séduction
C’est un constat unanime : le secteur des transports n’attire pas assez de candidats. D’où les efforts engagés par la profession pour valoriser les emplois d’aujourd’hui et de demain. Campagne d’informations lors de forums de l’emploi, rencontres organisées dans les écoles et universités partenariats avec les entreprises au niveau régional ou avec les chambres de commerce et d’industrie, signatures d’accord pour faire évoluer les conditions de travail… Les initiatives sont nombreuses mais il est parfois difficile de casser les idées reçues : bien que la majorité des embauches concerne les postes de conduite, les métiers sont variés et les employeurs s’intéressent à tous types de profil. Les conditions d’accès sont variées : du CAP au Bac +5, de multiples carrières sont possibles (du manutentionnaire à l’ingénieur, en passant par l’exploitation, la planification le commercial, le design ou le contrôle) et les perspectives d’évolution fortes.
L’ingénierie s’organise
A la fin de l’année dernière, Syntec-Ingénierie, la fédération professionnelle des sociétés d’ingénierie, a réuni écoles, universités, centres de formation d’apprentis, lycées et sociétés d’ingénierie, soit une soixantaine de participants, « pour décrypter les nouveaux enjeux sectoriels et favoriser le développement de l’ingénierie de demain ».
Cette rencontre baptisée Ingé’Skills a débouché sur un plan d’actions avec trois objectifs : « promouvoir les métiers de l’ingénierie auprès des jeunes étudiants pour intéresser de nouveaux profils à la formation initiale, consolider l’offre de formation continue pour enrichir les compétences des professionnels et accroître la compétitivité de notre économie et enfin renforcer les liens entre écoles et sociétés d’ingénierie pour faciliter l’accès à la formation en alternance et aux stages. »
&nb