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Réprobation générale face au débarquement d’Etienne Guyot
Rien n’y a fait. Les élus et les milieux économiques ont eu beau protester, Matignon n’a pas écouté class= »rtejustify »>
Le gouvernement s’apprête à nommer Philippe Yvin, conseiller de Jean-Marc Ayrault, à la place d’Etienne Guyot, président du directoire de la SGP depuis juillet 2011, dont le mandat court jusqu’en juillet 2015.
Déjà, avant la trêve des confiseurs, face aux « rumeurs » d’un remplacement d’Etienne Guyot, Jean-Yves Le Bouillonnec, député et maire socialiste de Cachan, avait fait part de son inquiétude devant le Comité stratégique de la SGP. Au nom de cette instance qu’il préside (qui regroupe les élus concernés par le projet), il devait faire savoir à qui de droit que la SGP, sous la direction d’Etienne Guyot, fait un excellent travail et que ce n’est pas le moment de la déstabiliser. Le 31 décembre, Christian Favier, président du conseil général du Val-de-Marne, publiait un communiqué : « Des rumeurs, de plus en plus insistantes, font état d’un très prochain débarquement du président du directoire de la Société du Grand Paris et de son remplacement par un membre du cabinet du Premier ministre. Si de telles rumeurs venaient à être confirmées, ce serait un très mauvais signe donné quant à la mise en chantier du projet de métro du Grand Paris Express. »
Cela n’a pas empêché le gouvernement de demander à André Santini de convoquer une réunion exceptionnelle du conseil de surveillance de la SGP, qui doit se tenir le 21 janvier, avec pour ordre du jour la fin des fonctions d’Etienne Guyot et son remplacement par Philippe Yvin. Cet ancien préfet était, depuis septembre 2012, conseiller auprès de Jean-Marc Ayrault, chargé des collectivités territoriales et de la décentralisation. Il est surtout considéré comme un proche de Claude Bartolone. Il a été son directeur de cabinet quand le président de l’Assemblée nationale était ministre de la Ville, et il a été aussi directeur général des services au conseil général de Seine-Saint-Denis, que Claude Bartolone présidait.
Le 7 janvier, Paris Métropole, le syndicat d’études qui regroupe 206 collectivités de l’agglomération parisienne, a fait une tentative in extremis. Le bureau de Paris Métropole a demandé à l'unanimité le maintien d’Etienne Guyot, en faisant part de « son étonnement et son inquiétude ». Paradoxe : le nouveau président de Paris Métropole, Daniel Guiraud, maire socialiste des Lilas, est lui aussi considéré comme un proche de Claude Bartolone. Le soir même, lors de la cérémonie des vœux au conseil général du Val-de-Marne, les élus auraient marqué leur désapprobation. Dont Jean-Paul Huchon qui, selon un article du site 94.Citoyens, a « confié être franchement hostile à cette proposition et avoir bien l’intention de le faire savoir lors du conseil de surveillance. » Pierre Serne, vice-président du Conseil régional, pour sa part, nous dit : « Ce n'est vraiment pas le bon timing. Etienne Guyot a réussi à établir une relation de confiance avec les élus. »
Les milieux économiques, selon Les Echos – citant Pierre Simon (Paris Ile-de-France Capitale économique), Jérôme Dubus (Medef IDF), Pierre-Antoine Gailly (CCI Ile-de-France) –, redoutent que le changement d’équipe ne retarde le projet. Or Etienne Guyot, tout le monde le reconnaît, a pendant deux ans et demi fait avancer le métro du Grand Paris, tout en menant une notable politique de concertation avec les élus – certains de ses proches parlant même de coconstruction.
L'Etat ayant la majorité au conseil de surveillance (11 représentants sur 21) peut évidemment imposer ses vues. Mais s'il doit passer en force, contre la volonté des élus (ils sont dix au conseil de surveillance : les huit présidents de conseil généraux, le président du conseil régional, et un représentant des maires), ce serait, remarque un observateur, « catastrophique » pour la SGP. D'autant que les grandes décisions de la SGP ont jusqu'à présent été prises à l'unanimité du conseil de surveillance.
Le projet de remplacement d’Etienne Guyot intervient en pleine redistribution générale des cartes du pouvoir en Ile-de-France. Bertrand Delanoë s’en va, Jean-Paul Huchon, président de la région pourrait ne pas briguer un quatrième mandat en 2015, et le 1er janvier 2016, une nouvelle instance va apparaître : la métropole de Paris. Claude Bartolone, dit-on, voudrait en être le président.
F. D.
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