Coup de blues à l’Atelier international du Grand Paris

Etrange atmosphère, le 30 janvier, au conseil régional d’Ile-de-France, pour la journée organisée par l’AIGP consacrée aux class= »rtejustify »>
« Systèmes métropolitains ». L’Atelier n’a plus de directeur général depuis que Bertrand Lemoine n’a pas été renouvelé. Quant au président, Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, chargé de Paris Métropole, il va lui aussi devoir s’en aller, Anne Hidalgo n’ayant pas jugé bon de faire figurer sur la liste socialiste du XXe arrondissement celui qui a tant fait pour la métropole du Grand Paris. C’est après les élections municipales qu’on saura qui présidera l’AIGP et qui sera nommé directeur général. Il n’y a pas que la double vacance à la tête qui se fasse sentir. Il va falloir repenser le rôle de l’AIGP. Après l’effervescence accompagnant en novembre 2010 la présentation des travaux Vers un grand système métropolitain, la récente journée de restitution des travaux – « Habiter le Grand Paris », en mars 2013 – montrait quelques équipes gagnées par le doute. Impression accentuée le 30 janvier, peut-être parce que l’on a pu revoir des propositions présentées hier sous le label Habiter revenir sous l’étiquette Systèmes. Comme la fermeture du périphérique au trafic automobile de Philippe Gazeau, ou le thème de l’Hotel Métropole de Dominique Perrault. Effet d’une belle continuité de pensée. Mais il paraît aussi que la rétribution des équipes n’est pas folichonne et que cela finit par peser. Signe de ce flottement, Rogers, qui faisait partie du conseil scientifique récemment renouvelé aurait jeté l’éponge. Mais d’où vient le blues ? Comme dit Christian de Portzamparc, « nous sommes les préposés aux choses vagues ». L’AIGP, selon David Mangin, ne pourra jamais rattraper le handicap face à la RATP, qui a lancé son métro avant que l’Atelier ait pu s’emparer des dossiers. Et les politiques, qui se plaignent nombre des équipes d’urbanistes et d’architectes, ne les écoutent pas. D’ailleurs, comme l’a fait remarquer Michel Cantal-Dupart, du premier conseil scientifique, en dehors de ceux qui étaient à la tribune, les élus brillaient par leur absence ou jouaient à un petit discours et puis s’en vont. On pouvait aussi relever une présence bien discrète du monde du transport (mis à part la SGP), alors que des sujets, neufs ou moins neufs, devraient l’interpeller. Christian de Portzamparc le déplore, « il n’y a pas d’intelligence commune, on continue à penser en silo ». Quant à la preuve que les politiques n’écoutent pas les équipes, c’est que les députés viennent de décider de créer une métropole du Grand Paris revenant au département de la Seine. Ils tournent ainsi complètement le dos aux réflexions de l’Atelier dont les équipes insistent sur le rôle de plus en plus moteur de la grande couronne, des lointains ou de la mégalopole. La métropole, sans même considérer la Seine et le Havre chers à Antoine Grumbach, relègue Saclay ou les aéroports en dehors de son périmètre. Donc, pour Roland Castro, c’est du « foutage de gueule ». Alain Amedro, vice-président du conseil régional chargé de l’Aménagement du territoire a eu beau, en conclusion, saluer la nouvelle période de l’AIGP qui s’ouvre (ou va s’ouvrir après les municipales), le fait qu’il se sente obligé de lancer « loin d’être moribonde, l’AIGP est bien vivante » en dit long.

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