Votre panier est actuellement vide !
Le métro de Doha invité à l’Elysée
Cheikh Tamim ben-Hamad al-Thani, émir du Qatar, en visite officielle en France, sera reçu à dîner ce lundi…
à l’Elysée par François Hollande. Si l’on va, paraît-il, beaucoup parler du Rafale, d’autres sujets seront au centre des conversations entre Français et Qataris. Le contrat qu’ont remporté Systra et Parsons pour la première phase du métro de Doha sera officiellement signé lors de cette visite, deux mois après avoir été attribué à l’ingénieriste français et à son partenaire américain. Ce contrat de PMC (project management consulting) représente 170 millions d’euros.
« C’est un contrat très emblématique, très important, concernant le système, tout ce qui n’est pas génie civil, qui consiste à aider le client à dépouiller l’appel d’offre, à vérifier le design, superviser la construction et le commissioning. » précise Pierre Verzat, président du directoire de Systra. Le système, c’est-à-dire les trains, l’énergie de traction, les dépôts, les automatismes, la signalisation ou les portes palières. Une mission donc assez proche de l’assistance à maîtrise d’ouvrage système, confiée à Systra par la SGP pour le métro du Grand Paris. La filiale commune de la RATP et de la SNCF aide dès maintenant Qatar Railways Company à choisir le consortium qui va fournir les rames et les automatismes du métro. Trois candidats ont remis des offres en mars dernier, selon la presse régionale : Siemens ; Mitsubishi, avec Thales ; Ansaldo STS, avec CAF. 70 rames doivent être en un premier temps commandées.
La première phase du métro, qui compte 85 km, en 4 lignes, et coûtera environ 15 milliards d’euros, doit être mise en service en 2019. Pierre Verzat précise : « Le rendez-vous est incontournable, la Fifa demandant un large laps de temps pour s’assurer que tout est en ordre de marche pour la Coupe du monde de 2022. »
Une fois achevé, le réseau représentera 200 km environ, compte tenu des futures extensions, soit l’équivalent du métro du Grand Paris. Il devrait compter 123 rames.
Pour assurer le contrat, l’équipe de Systra déjà présente à Doha pour le tramway de Lusail, où l’ingénieriste est sous-traitant de Vinci, va se renforcer. Marc Seffacene, son directeur, devient directeur du projet de métro pour Systra. L’équipe du Qatar va recevoir l’appui de celle de Dubaï et, pour la vérification du design, du siège à Paris.
Justement, le tramway de la ville nouvelle de Lusail, dont la mise en service est prévue en 2018, ne sera pas oublié lors de la visite de l’Emir en France, puisque Vinci et Alstom devraient signer les contrats pour la phase ultime et la plus importante de sa réalisation.
Systra n’est pas la seule grande ingénierie française présente sur le projet de métro. En août 2012, l’autorité organisatrice avait retenu Egis, en joint-venture avec Louis Berger, pour une mission de PMC, concernant l’un des lots de génie civil (la Gold line ainsi que deux gares, dont la gare centrale de Musheireb). C’est, pour Egis, selon Jean-François Cazes (directeur général adjoint international et industrie), « un des plus gros contrats du groupe, avec le Grand Paris, le métro de Riyad [remporté en partenariat avec Systra, NDLR] ou les expressways du Qatar. » Un projet, difficile, gigantesque, « managé selon les standards internationaux », insiste Jean-François Cazes. Le contrat de Doha constitue aussi pour Systra l’un des plus importants de l’histoire du groupe. Le Moyen-Orient est décidément une zone fort active. Des appels d’offre sont en cours pour des métros à Djedda, Daman, La Mecque, en Arabie saoudite, ainsi que pour Dubai, qui va prolonger le sien, le premier construit dans la région, pour l’Exposition universelle de 2020. Ensemble de futurs contrats dont les ingénieries françaises attendent beaucoup.
Laisser un commentaire