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Bus et cars : la fin du casse-tête pour les reventes d’occasions
Après avoir noué un partenariat en début d’année, la Centrale d’achat du transport public… (CATP, qui travaille en lien avec l’association Agir, créée pour apporter son expertise aux réseaux indépendants) et Agorastore, une boutique de revente de matériels (agricoles, de voirie de bureau ou véhicules de transport de passagers) ont fêté leur première vente commune : en août, 3 véhicules (un bus, un car et un mini-car) ont été vendus aux enchères pour 21 842 euros. Le prix de départ étant de 14000 euros, l’enchère a permis de valoriser le prix de 56 %.
« En général, c’est au moment où une collectivité achète un nouveau matériel qu’elle se pose la question de la réforme de son matériel ancien. Jusqu’à présent, quand un réseau voulait revendre un bus d’occasion, il avait peu d’opportunités : au mieux, une entreprise locale était intéressée, sinon, il devait payer un ferrailleur pour qu’il reprenne le matériel », raconte Julie Brunier, responsable Développement à la CATP, qui conseille les collectivités sur leurs achats de matériel. « Par ailleurs, si une régie fait face à un seul acheteur, elle revend mal », ajoute-t-elle.
D’où l’intérêt de la CATP pour une société comme Agorastore, créée en 2005 avec la ville de Lyon dans l’objectif de l’aider à revendre son matériel d’occasion. « Agorastore est une entreprise privée dont le but est d’apporter une solution de revente. Nous proposons une plateforme pour chaque collectivité : c’est une sorte de boutique sur une page. On agrège ainsi tous les produits des collectivités qui travaillent avec nous», explique Olivier Nataf, son directeur général qui a repris en 2011 Agorastore avec un associé.
Une plateforme de vente au nom de la CATP est alors créée sur le site d’Agorastore. « Nos collectivités adhérentes peuvent vendre via cette plateforme. De là naît une relation tripartite entre Agorastore, la plateforme et la collectivité », détaille Julie Brunier.
L’objectif est de regrouper les ventes de plusieurs collectivités pour proposer un volume suffisamment important permettant d’attirer des acheteurs potentiels. « Plutôt que chacun revende dans son coin, nous conseillons à nos adhérents d’organiser leurs ventes aux mêmes moments. Nous souhaitons organiser une vente mensuelle », poursuit Julie Brunier. « Nous créons un rendez-vous. Ainsi, nous attirons tous les négociants français et européens », précise de son côté Olivier Nataf.
Selon la CATP, « cette solution permet de répondre de façon transparente à un besoin, avec un seul critère d’attribution : le prix ».
Le vendeur de véhicules d’occasion est en effet libre de fixer son tarif. Il dispose pour cela de la base statistique de la CATP. « Comme nous organisons beaucoup de ventes, nous disposons d’un historique des ventes. Nous ne conseillons pas sur la mise à prix mais nous indiquons des fourchettes de prix. Comme il s’agit d’un système d’enchères, le véhicule finit par partir au prix du marché », expliquent les promoteurs du système.
Agorastore dispose aujourd’hui d’un « portefeuille de 600 collectivités et de quelques grosses entreprises », selon Olivier Nataf. En 2013, le site a généré 7 millions d’euros de ventes. Dont un tiers portait sur les cars et les bus (représentant 400 unités de bus et de cars).
Le directeur général d’Agorastore s’attend à une hausse des ventes assez forte cette année. « En 2014, nous devrions atteindre 650 à 700 unités vendues car de plus en plus de collectivités nous rejoignent. Des sociétés de transport commencent aussi à vendre par notre canal ». Comme par exemple Transdev.
Selon Olivier Nataf, le marché est prometteur : les normes portant sur le matériel évoluent vite, en raison notamment de la législation sur l’accessibilité qui oblige à changer de matériels. Seconde raison : les coûts de maintenance qui s’élèvent au fur et à mesure du vieillissement des véhicules.
Parmi les acheteurs de matériels d’occasion, on trouve beaucoup de sociétés étrangères.« La plupart des acheteurs sont des professionnels négociants. Ils peuvent acheter pour revendre sur leurs marchés locaux. En Europe de l’Est en particulier et en Afrique», précise Olivier Nataf. "En France, les coûts de maintenance pourraient être trop importants. Mais ailleurs, les matériels peuvent avoir une deuxième vie".
Pour 2015, Agorastore se donne de nouveaux objectifs : la société va s'intéresser à d’autres matériels comme la revente de trains et de trams. De son côté, la CATP s'apprête à lancer, début 2015, des accords cadres permettant de référencer les bus et les cars. Notamment pour les pièces détachées. Et pourquoi pas, demain, organiser des achats groupés de bus permettant d'importantes économies d'échelle? L'idée est séduisante mais, selon Julie Brunier, "les acheteurs ne sont peut-être pas complètement prêts à franchir le pas en raison de la très forte personnalisation des besoins".
Autre chantier à investir, le ferroviaire. Un groupe de travail va commencer, dès novembre, à référencer les organismes de formation dans ce domaine.« Trois collectivités seront pilotes dans ce projet : la Régie des transports de Paca ; la Régie du département des Bouches du Rhône qui achemine du fret via RDT 13 et la Régie de Corse », indique Julie Brunier. "Nous déterminerons quels sont leurs besoins d'achats et nous les aiderons à élaborer un cahier des charges commun". Un mot d'ordre s'impose : l'union fait la force.
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