Merci pour ce moment… dans les transports

Après Cécile Duflot et Valérie Trierweiler, mais avant Delphine Batho, dont l’ouvrage…  

titré « Insoumise »,doit sortir le 15 octobre, c’est l’ancien ministre délégué puis secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, qui, pratiquement un mois jour pour jour après son départ du gouvernement, publie un livre bilan de ses deux ans et demi d’action. Il tiendra demain matin une conférence de presse « de rentrée »pour son retour parlementaire et présentera cet ouvrage, qu’il publie à compte d’auteur et dont il préfère taire le titre. Il précise juste qu’il contient « une forme de dérision ». Il y a merci dans le titre ? « Ah oui je remercie tous les acteurs du transport grâce à qui je suis fier de mon bilan », répond-il.

C’est avec pas mal d’humour que l’ancien membre des gouvernements Ayrault et Valls I a proposé ce rendez-vous aux journalistes. Un teasing avec une photo puis trois lignes avec ce clin d’oeil : « à mon tour je vous présenterai mon ouvrage ! ».Mais la similitude avec toute personne ayant récemment publié s’arrêtera là : pas de règlement de comptes pour Frédéric Cuvillier ! « Quand on exerce avec le sens de responsabilités, quel que soit son statut, on doit rester à la hauteur des missions qu’on a eu à exercer, se contente-t-il de rappeller comme un fondamental. En tout cas, si l’on souhaite que son passage marque vraiment ».Et vraisemblablement, Frédéric Cuvillier le souhaite ! Avec un fort capital d’autodérision, il insiste bien sur le fait que son livre n’a rien en commun avec un ouvrage polémique « qui ne sert qu’à affaiblir voire dégrader l’action publique par du sensationnel. Ma vie est déjà sensas et je n’ai pas besoin d’écrire sur ma vie ! »

Sa motivation est bien 100 % politique. Et elle n’est pas non plus celle d’un frondeur. Il souhaite remettre l’Etat fort au centre du débat, « un Etat qui doit être le lieu d’impulsion d’une équité territoriale et d’une vraie politique d’aménagement du territoire avec de la planification… Il n’y a pas que les 3% du PIB de déficit dans la vie ! ».C’était déjà le sens qu’il donnait à son communiqué de presse envoyé le 26 août, quelques minutes avant l’annonce officielle du gouvernement Vall 2, où il indiquait qu’avec la proposition qui lui avait été faite et qu’il avait déclinée, il estimait ne pas disposer « de la capacité d’action et de l’autonomie nécessaire à la réussite d’une politique cohérente porteuse d’espoir pour nos territoires et nos concitoyens. »

En effet, le message affiché par un simple secrétariat d’Etat pour soutenir des causes aussi vastes que celles du chemin de fer, de la route, de l’aérien, de la mer, du fluvial et de la pêche… ne passe pas. « Vous connaissez un agriculteur qui accepterait ça vous : un secrétariat d’Etat pour mener la politique agricole ? ».Il l’avait pourtant accepté quelques mois auparavant, ce qui lui a précisément permis de savoir que ça ne fonctionnait pas. Il avoue que les garanties d’action qui lui avaient été données à l’époque n’ont été que du vent. Il se défend aussi d’avoir eu maille à partir avec Ségolène Royal, reconnaissant même l‘avoir davantage écoutée et lue que vue, même si l’on comprend à demi-mot qu’elle s’est avérée un chouïa encombrante avec ses déclarations permanentes sur tous les sujets de son ressort – concessions autoroutières, écotaxe, pêche en eaux profondes…

L’ancien ministre espère maintenant que son travail durant les deux ans et demi qu’il a passé à l’action sera « amplifié », comme lui a signifié Alain Vidalies au moment de la passation de pouvoir : « ton bilan sera ma feuille de route », lui a-t-il dit. Le ministre n’en est pas complètement reponsable, mais les 14 jours de grève à Air France « ont réduit à néant plus de deux ans d’efforts »,juge Frédéric Cuvillier. Quant au report du péage de transit pour les poids lourds, il préfère l’ignorer, tant la mesure, qui n’est pas le fruit du travail de son ministère, lui semble totalement inadaptée aux enjeux environnementaux. Et quand on lui fait remarquer qu’il a été rapide pour écrire, il rigole encore : « J'écris vite. Et ce n’est que le premier tome ! Ce n’est pas un jour sans fin mais presque… »Et le tome II, c’est pour après un nouveau passage au gouvernement ? « Oui bien sûr »… On ne saura pas quel portefeuille, mais pas celui de l’Ecologie, thématique si importante qu’elle devrait irriguer tous les ministères.

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