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La concurrence hésite à se mesurer à Renfe sur la grande vitesse espagnole
Les opérateurs voudraient être dans les starting-blocks pour concurrencer la compagnie publique espagnole Renfe sur des relations ferroviaires
à grande vitesse. Le gouvernement de Madrid ainsi que l'équivalent du Conseil d'Etat mettent la dernière main aux normes avant l'appel d'offres qui devrait être publié dans les prochaines semaines, mais les difficultés abondent.
Pour l'exécutif espagnol, il s'agit d'organiser "la libéralisation du transport de passagers par rail". Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy s'est engagé à ouvrir ce segment du marché ferroviaire à la concurrence pour 2019. C'est l'échéance souhaitée par Bruxelles, mais Madrid voudrait la devancer pour la tester, de préférence avant la fin de la législature prévue pour novembre 2015.
Dès le printemps 2014, Ana Pastor traçait le cadre et la ministre des Transports assurait que les normes seraient rendues publiques le mois de septembre suivant. Mais pour le moment les hésitations l'emportent sur les certitudes.
Le gouvernement entend ouvrir à la concurrence le trafic passager par rail, mais progressivement. Le terrain est encore inconnu d'autant que la libéralisation pour le fret n'a pas encore tenu toutes ses promesses: le trafic n'en a pas été stimulé; plusieurs opérateurs ne s'y retrouvent guère et Renfe assume encore 80% des volumes transportés. Pour les voyageurs, le premier essai portera donc sur un corridor où le monopole de Renfe fera face à un seul concurrent, lequel aura un bail de sept ans.
A ces bases restrictives, s'ajoute le choix des lignes: celles du Levant, c'est à dire les liaisons grande vitesse (AVE) entre Madrid – Valence et Alicante (ouvertes respectivement en 2010 et 2013), mais aussi vers Murcie et Castellón après leur achèvement en 2015. Soit un réseau AVE de quelque 900 km, auquel s'ajoutent les lignes à écartement ibérique existantes dans ce même corridor. Evidemment, les candidats espéraient une partie plus facile, par exemple sur les relations entre Madrid et Séville, ou depuis la capitale vers Barcelone.
Titulaires de l'indispensable licence ferroviaire, les opérateurs intéressés appartiennent à ce jour à trois familles. D’abord des transporteurs, entre autres Avanza, Globalia-Iberrail, Veloi Rail (famille Lara), Interbus, Alsa (du groupe anglais National Express). Ensuite des groupes du BTP déjà à l'oeuvre dans les travaux ferroviaires comme Acciona, OHL, Ferrovial, ACS. Autres challengers cités, l'opérateur Arriva (Deutsche Bahn) ainsi que l'entreprise catalane Comsa où la SNCF a pris des parts.
Tous s'inquiètent d'abord des péages (le "canon") que réclamera Adif pour emprunter ses voies et infrastructures. Représentant 60% des coûts, ils sont élevés pour des débutants sans visibilité économique, qui demandent un rabais pour débuter. Autre inconnue, tous devraient avoir recours pour le matériel roulant au parc en location de Renfe, justement leur concurrent, lequel a de plus fortement baissé ses tarifs AVE depuis février 2013.
Ministère des Transports et Adif tentent de résoudre la quadrature du cercle, entre l'agenda politique et les charges financières (dont l'endettement de Adif). Et de pousser à se regrouper les candidats qui, pour le moment, ne voient que des pertes à l'horizon. C'est dire qu'à Madrid il importe que le banc d'essai du Levant soit une réussite, dès la rédaction de l'appel d'offres et lors de la sélection du candidat.
Michel Garicoïx
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