Paris prépare un Réseau Express Vélo

Il lui a fallu dix ans, entre 2001 et 2010, pour faire passer la part modale du vélo dans les déplacements quotidiens de 1 à 3 %. Cette fois c’est en cinq ans que la ville de Paris entend de nouveau tripler la pratique de la petite reine qu’elle estime actuellement à 5 % des déplacements. Pour atteindre ces 15 % en 2020, la municipalité lance son plan vélo – il sera discuté le mardi 14 au matin en conseil de Paris – et fournit « un effort financier inédit », selon Christophe Najdovski, maire adjoint chargé des Transports. 150 millions d’euros, soit un peu moins de 10 % du programme d’investissement de la mandature en faveur de la mobilité, chiffré à 1,770 milliard. Sur cette somme 63 millions iront à la création de 61 km de pistes protégées ; 40 millions aux aménagements cyclables accompagnant les projets de transport en commun ou d’urbanisme ; 30 millions à l’instauration systématique de contresens cyclables sécurisés dans les rues à sens uniques des zones 30 ; 10 millions d’aide à l’achat de vélos à assistance électrique (VAE) ou de vélos cargo et enfin 7 millions au stationnement. Au final, la mairie promet de doubler le kilométrage d’itinéraires cyclables, qui passerait de 700 à 1 400 km.

« L’objectif est de lever les obstacles identifiés notamment le fait de ne pas disposer d’itinéraire sécurisé continu et la crainte des vols et dégradations », poursuit l’élu parisien. En conséquence, les ruptures doivent bénéficier d’un meilleur traitement, et notamment les 3P c’est-à-dire les ponts, les places et les portes. Et les aménagements doivent être mieux protégés de la circulation automobile sur les grands axes. En tout, 80 aménagements sont prévus. Présentée comme une panacée pour accélérer les développements d’itinéraires cyclables au début des années 2000, la cohabitation avec les bus dans les couloirs réservés n’a plus autant la cote. « Il ressort de nos enquêtes qu’à part pour certains cyclistes, ceux qu’on appelle les lièvres, ce n’est pas une situation appréciée, relate Christophe Najdovski. Cela restera la règle, mais dès que nous aurons la possibilité de privilégier d’autres aménagements, on le fera. » Ce sera notamment le cas sur le boulevard de Sébastopol ou la rue de Rivoli.

L’idée maîtresse du plan, c’est de proposer un réseau express vélo – « un REVe en clin d’œil à la poésie du vélo » – composé de pistes bidirectionnelles de grande capacité. Sur des axes traversants – sur les quais de Seine des deux rives, entre les deux bois et de la porte d’Orléans à celle d’Aubervilliers et sur trois rocades (celle des bd des Maréchaux, celle des bd fermiers généraux et celle formée par les Grands Boulevards et le bd Saint-Germain). Partout ailleurs, le réseau secondaire s’appuiera principalement sur les zones 30, qui sont appelées à se généraliser, avec leurs doubles-sens cyclables. Toujours dans le but d’améliorer la sécurité des cyclistes, le tourne-à-droite au feu rouge sera généralisé, de même que les sas aux carrefours (7 000 supplémentaires).

Côté stationnement, la ville promet d’ajouter 10 000 places aux 30 000 existantes, avec « des aires plus petites mais plus nombreuses » et en testant de nouvelles formules telles que des boxes de dix vélos posés dans des recoins urbains. Pour favoriser l’intermodalité, sachant qu’actuellement environ 10 % des trajets sont intermodaux, les « Véligo » doivent se développer dans les gares RER, et une grande vélostation est à l’étude pour les gares de Lyon et de Montparnasse. Enfin, la municipalité travaille déjà au renouvellement du contrat Vélib’ (JCDecaux) qui arrive à échéance en 2017. Les VAE représentent environ 35 % des trajets à bicyclette et les élus ont une idée en tête : les prochains modèles devront aussi pouvoir disposer d’une assistance électrique, afin de mieux desservir « les quartiers en hauteur »

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