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Mobilité numérique : la SNCF veut occuper le terrain
La SNCF va investir 120 millions d’euros sur trois ans pour proposer de nouvelles solutions de mobilité à ses clients et essayer de fédérer autour d’elle des partenaires dans ce but. Partant du constat que la « mobilité partagée » représente aujourd’hui 15 % des déplacements (dont 11 ou 12 % pour le train), elle fait le pari de porter cette part à 30 % en 2030. Et de devenir l’acteur incontournable de la mobilité.
« Notre défi, c’est de rendre le voyage plus simple, plus pratique pour tous », a expliqué le 16 avril Barbara Dalibard, la directrice générale Voyageurs, en présentant sa stratégie.
Pour simplifier l’information, la SNCF compte sur son application unique SNCF lancée depuis janvier et qui va peu à peu s’enrichir pour se substituer aux dizaines d’applis actuelles de l’entreprise. L’application SNCF deviendra un « calculateur d'itinéraire multimodal […] qui permet aussi d'intégrer des mobilités de bout en bout ». Le smartphone va devenir une « télécommande de la mobilité », estime Barbara Dalibard. L’objectif est aussi de proposer à chacun un voyage personnalisé et d’anticiper les besoins.
Seconde déclinaison, en juin, la SNCF va lancer, dans un premier temps dans les quinze plus grandes villes de France, son IDPass, un sésame qui doit permettre d’accéder, à terme, à l’ensemble des billets et à une large gamme de services. IDPass repose sur une carte NFC et sur une application mobile qui donnera accès à des services comme la réservation de voitures, l’autopartage, l’information sur la disponibilité de vélos en libre service ou dans les parkings. A l’été 2016, IDPass sera disponible sur mobile grâce à un travail lancé avec la RATP, Orange et Gemalto. « Votre mobile vous permettra de passer les portillons, de prendre le TGV, le RER…, précise la directrice de Voyageurs. Nous travaillons sur une norme européenne pour faciliter la mobilité de bout en bout. » Avec un acteur comme Gemalto, « nous avons de bonnes chances de faire basculer les normes », poursuit-elle. L’enjeu est important et le but est clair : s’imposer comme un intégrateur de la mobilité européen, en profitant d’un socle, les 10 millions de voyageurs quotidiens de la SNCF.
Pour proposer un maximum de services de mobilité, l’entreprise ferroviaire va nouer des accords avec des opérateurs de covoiturage, de parkings, ou de bus… La SNCF a déjà signé un accord de partenariat avec la société américaine Zipcar, filiale d'autopartage du loueur Avis, dont l'offre sera intégrée dans IDPass. Pour se rémunérer, la SNCF touchera des commissions. Citons encore, entre autres, son partenariat avec Wattmobile. Mais, assure la SNCF, « la colonne vertébrale de la mobilité, c’est le train ». Il lui faudra enfin travailler de concert avec les autorités organisatrices de transport, et en première ligne avec les régions qui auront demain des responsabilités étendues.
La SNCF envisage aussi de poursuivre ses expérimentations autour de la forfaitisation. Après avoir lancé IDTGV Max (un forfait permettant d’utiliser IDTGV), elle a testé à Rennes un pass mobilité pour les étudiants, sur le modèle des forfaits téléphoniques. Elle réfléchit maintenant à un « pack entreprise ».
Ces annonces de la SNCF interviennent le lendemain de la conférence de presse organisée par sa filiale Keolis sur sa nouvelle stratégie digitale (lire Pour Keolis, le digital fait partie du cœur de métier). Et deux jours après l'adoption par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) d'un avis appelant à faire émerger un « champion européen » de la mobilité facilitée par le numérique (à lire aussi dans notre Lettre).
Pour Barbara Dalibard, le groupe SNCF a « tous les atouts pour être l'un de ces champions mais on ne va pas le faire tout seul, et donc l'objectif c'est d'arriver à fédérer tous les transporteurs qui ont la même vision que nous ».
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