La Mairie de Paris financera «ardemment» la ligne 11

On voit rarement autant de monde à la signature d’une charte pour des travaux préparatoires. Le 1er juin, à Rosny-sous-Bois, futur terminus de la ligne 11 du métro parisien on remarquait bien sûr Jean-Paul Huchon ou Pierre Serne, ou Elisabeth Borne dont c’était la première sortie publique en tant que PDG de la RATP. Mais aussi Valérie Pécresse (UMP), Emmanuelle Cosse (EELV) et Claude Bartolone (PS), qui tous les trois ambitionnent de succéder à Jean-Paul Huchon. On n’est plus qu’à six mois des élections régionales et cela commence à se voir. Absente, Anne Hidalgo. Il faut dire qu’elle n’est pas directement concernée par le prochain scrutin. Par contre, la Mairie de Paris est très attendue sur sa participation au financement. Et c’est Emmanuel Grégoire, adjoint à la maire, qui a assuré que Paris participerait « ardemment » au financement. Ardemment, mais encore ? Jusqu’à présent, la Mairie de Paris voulait limiter son apport à 11 millions d’euros… quand on attendait d’elle 100 millions, sur un projet de 1,25 milliard d’euros. Avant son départ de la RATP, Pierre Mongin s’était dit inquiet sur le financement de la ligne. Valérie Pécresse a fait de même dans un communiqué publié la veille de la signature. Pierre Serne, vice-président Transports de la région, se dit néanmoins confiant et pense que le financement sera bouclé « très rapidement ». Paris, en effet, semble prêt à consentir l’effort demandé, mais se méfie. Pas question que la hauteur de sa participation crée un précédent pour les futurs prolongements. Or, l’effort pour la ligne 11 peut être présenté comme exceptionnel : le prolongement va être accompagné d’aménagements des stations parisiennes existantes. Et le nouveau matériel (commandé par la RATP pour la ligne 11 et pour la 14), qui nécessite la construction d’un nouveau site de maintenance et de remisage à Rosny-sous-Bois, fort attendu par le maire, Claude Capillon, va bénéficier à tous les voyageurs, de Paris ou de Seine-Saint-Denis. Bref, Paris à tout intérêt à voir réalisé le SMR de Rosny… Et voici comment la participation ardente de Paris devrait se traduire par un apport puissant.

Rappelons que le prolongement, long de 5,4 kilomètres, comprendra six nouvelles stations, de Mairie-des-Lilas à Rosny-Bois-Perrier, qu’elle doit rejoindre en 2022 (et non plus en 2020). En un deuxième temps, la ligne sera prolongée jusqu’à Noisy-Champs, où elle sera en correspondance avec le métro du Grand Paris Express. C’est lors de ce second prolongement que la ligne sera automatisée.

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