Le Cercle des transports plaide pour le pilotage automatique des RER

Après un rapport très critique sur le Grand Paris, publié à la fin 2014, estimant qu’il vaut mieux se concentrer sur l’existant avant de se lancer dans un projet coûteux à l’utilité contestable, le Cercle des transports tire de nouveau le signal d’alarme. Dans un document publié le 25 août, l’association, composée de 150 membres issus du secteur des transports, experts, hauts fonctionnaires ou dirigeants d’entreprise, propose quatre grands types de mesures pour l’Ile-de-France. Ce qui permettra, souligne-t-elle, « d’agir vite sur le réseau actuel sans remettre en cause les autres projets d’infrastructures ». Elle recommande notamment de réaliser les travaux de régénération du réseau, de le moderniser en recourant notamment au pilotage automatique des trains et de renouveler par anticipation le matériel des lignes B et D comme c’est le cas pour le RER A. Ces choix concernent la « grande majorité des 4 millions de voyageurs qui utilisent quotidiennement les lignes RER et SNCF Transilien ».

Le Cercle des transports a fait ses calculs : « L’ordre de grandeur des ressources disponibles pour le financement des investissements de transport en Ile-de-France à l’horizon 2025 peut être estimé entre 25 et 30 milliards d’euros, en additionnant les emprunts de la Société du Grand Paris (gagés sur des ressources fiscales affectées), les dotations publiques de l’Etat et des collectivités territoriales dans le cadre des contrats de plan Etat-région, et les financements de SNCF-Réseau pour une partie de la régénération. »

Or, selon l’association, « ces ressources s’avèrent à peine suffisantes pour couvrir les besoins minimaux d’investissements pour les 10 ans à venir, hors dépassements probables ». Elle évalue en effet la rénovation et la modernisation du réseau existant à 12 milliards d’euros, les opérations du CPER 2020-2025 (y compris le prolongement d’Eole à l’ouest) à 6 milliards et le réseau du Grand Paris Express (ligne 15 Sud, prolongement des lignes 14 à Saint-Ouen et 11 à Rosny-sous-Bois à 8 milliards).

Partant du principe que le budget de fonctionnement sera de plus en plus contraint (autour de 700 millions d’euros annuels), le Cercle recommande d’utiliser les capacités de financement de la SGP puisque « d’ici 2025, il est probable que la seule rocade en service sera la ligne 15 Sud ». Autre argument dans ce sens : les nouvelles infrastructures, « soulageront assez peu les lignes RER qui sont surchargées à la pointe » et « les prévisions de trafic évoquent une augmentation de 10 % d’ici 2025 sur les lignes RER déjà surchargées ». Dans ces conditions, « comment envisager de grandes manifestations en Ile-de-France à cet horizon, tels les JO ou l’Exposition universelle, avec de tels risques de dysfonctionnement sur le réseau existant ? », s’interroge le cercle des transports.

M.-H. P.

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