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Les infrastructures de transport une nouvelle fois sacrifiées par Bercy
Mauvaise nouvelle pour l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf). Selon Philippe Duron, son président, il est fort possible que l’Afitf ne touche pas en 2016 l’intégralité des deux centimes d’euros perçus depuis l’an dernier sur le TICPE (quatre centimes pour les poids lourds) qui avaient été décidés pour alimenter son budget en 2015. Ce dispositif a apporté en 2015 1,139 milliard d'euros à l’Agence et avait permis de compenser l’abandon de l’écotaxe qui devait la financer. 400 millions d’euros pourraient ainsi être enlevés à l’Afitf. A la recherche d’économies tous azimuts, Bercy rogne sur toutes les dépenses…
Cette décision serait d’autant plus gênante que le gouvernement s’est engagé dans de nouveaux projets de transports, notamment avec les contrats de plan Etat-région, le troisième appel à projet TCSP (transports publics en site propre) ou encore la commande pour les trains d’équilibre du territoire (TET) qui, a dit Alain Vidalies, le secrétaire d’Etat aux Transports doit être passée d’ici la fin de l’année. Enfin, demain, il faudra ajouter à la liste (même si certaines dépenses ont déjà été engagées) le financement de l’onéreux projet Lyon – Turin et, après-demain le tout aussi budgétivore canal Seine – Nord Europe, puisqu’ils ont été validés par le MIE (Mécanisme pour l’interconnexion de l’Europe).
Pour couvrir les dépenses en 2016, iI faudrait au bas mot 2,2 milliards. Et, dès que les projets comme le Lyon – Turin monteront en puissance, autour de 2017-2018, « il faudra disposer de 2,5 milliards », estime Philippe Duron.
Déjà cette année, il a fallu réduire les dépenses car c’est l’Afitf qui a procédé au remboursement d'Ecomouv’ pour le dédit de l’Etat à hauteur de 527 millions d’euros. L'Agence devra encore payer prochainement une cinquantaine de millions à Ecomouv'. En manque de moyens, l’Afitf affiche également des retards de paiement, notamment auprès de SNCF Réseau à hauteur de 600 ou 700 millions d’euros, ce qui accroît d’autant sa dette.
« Pour financer les projets, nous aurons besoin de recettes nouvelles », indique Philippe Duron. Selon lui, il faudrait augmenter la taxe sur le litre de gazole à partir de 2016 pour pouvoir financer les investissements prévus. Une augmentation d'un seul centime permettrait d'engranger une recette supplémentaire d'environ 350 millions d'euros. Ce qui serait suffisant dans un premier temps pour faire face aux dépenses. Faute de quoi, il faudrait une fois encore remettre à plus tard certaines dépenses. L'Afitf attend donc de savoir quel dispositif – pérenne – prévoit l'Etat pour alimenter son budget.
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