Votre panier est actuellement vide !
GPSO : les nouveaux TGV qu’il ne fallait pas lancer
Martin Malvy se félicite. Qui s’en étonnerait ? Le président de la région Midi-Pyrénées ne sera pas le seul, mais la décision du gouvernement, annoncée samedi par le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, de passer outre les conclusions négatives de la commission d’enquête publique sur le projet GPSO est très mal reçue. GPSO c’est rappelons-le, Grand projet du Sud-Ouest, c’est-à-dire un projet prolongeant à grande vitesse la LGV Paris – Bordeaux d’un côté vers Toulouse, de l’autre vers l’Espagne. Soit 8,3 milliards d’euros.
La décision précédente de lancer Poitiers – Limoges avait déjà semblé incongrue. Cette fois, l’erreur risque d’être colossale. D’autant que l’exploitation de l’étape en cours, le TGV SEA, n’est pas des plus prometteuses. SNCF Mobilités depuis plusieurs années appuie sur le frein dès qu’on parle d’extension d’une grande vitesse, dont le modèle économique n’est plus assuré. SNCF Réseau fait de même, ne voyant pas comment arrêter l’accroissement de sa dette.
Manifestement furieux, Gilles Savary, député PS de Gironde, s’est aussitôt fendu d’un communiqué indigné. On le comprend.
Citons-le : « Cet arbitrage intervient alors que le système ferroviaire français ne cesse de creuser son endettement, établi à ce jour à 44 milliards d’euros, et qu’aucune solution alternative moins coûteuse pour relier Toulouse à Paris et Bordeaux à l’Espagne à plus de 250 km/h (définition européenne de la grande vitesse ferroviaire) n’a été envisagée. Cette décision engage ainsi l’Etat à de nouvelles dépenses publiques, puisqu’elle permet aux propriétaires fonciers impactés par le tracé d’exiger l’expropriation. »
Et d’ajouter : « Elle n’apporte pour autant aucune solution aux dessertes ferroviaires de Toulouse et de l’Espagne avant 2025/2030, car les projets colossaux du Tunnel Lyon – Turin et du Canal Seine – Nord, pourtant exclus des conclusions prudentes de la Commission Mobilité 21, ont été confirmés et nécessitent des dépenses considérables imprévues. »
On déplore beaucoup, aujourd’hui, à la SNCF, ce qu’on appelle « les TGV Sarkozy » : phase 2 du TGV Est, BPL, CNM, SEA. Autant de projets dont l’entreprise ne voit pas aujourd’hui l’équilibre économique. Va-t-on demain pleurer sur les TGV Hollande ? Pas sûr. Car, à lire quelques commentaires de presse, on a l’impression que ces LGV ne se feront peut-être pas. Que ce qui compte, c’est leur annonce, et pas leur réalisation. A deux mois des régionales, tout est bon pour ne pas perdre une ou deux régions. Si c’est le cas, la médiocrité des dirigeants politiques est encore plus insondable qu’on ne le pensait.
F. D.
Laisser un commentaire