GPSO : Valls ne veut pas confondre grande vitesse et précipitation

« Sur le projet de LGV au sud de Bordeaux, je veux être très clair. Contrairement à ce que disent certains commentaires, le projet n'est pas décidé », a déclaré le Premier ministre, lors de son allocution aux RNTP de Lyon le 1er octobre. Manuel Valls a ajouté : « Si le projet doit être amélioré, il le sera. Ce que nous proposons d'engager, c'est le projet d'une décennie. Il est primordial d'avancer de manière apaisée, en respectant les parties prenantes, sans se précipiter. » Des déclarations qui ressemblent à du rétropédalage, à la suite des propos d'Alain Vidalies du samedi précédent. Le secrétaire d’Etat aux transports avait indiqué ce jour-là, au téléphone à l'AFP, lors de la fête de la rose de la Fédération socialiste des Landes, que le gouvernement entendait poursuivre la procédure entamée pour ce projet. Cela en dépit de l'avis négatif de la commission d'enquête publique. L'enquête publique a eu lieu du 14 octobre au 8 décembre 2014. Le gouvernement dispose d'un délai de 18 mois après la clôture de l'enquête pour se prononcer, après avis du conseil d’Etat, sur la déclaration d'utilité publique du projet. Soit le 8 juin 2016. Les orientations d'Alain Vidalies n'ont pas de conséquences immédiates, mais elles conduisent tout de même sur le chemin de la déclaration d'utilité publique.

Gilles Savary, dans un entretien au Parisien, dénonçait aussitôt une « braderie électorale » à deux mois des élections régionales. Une manœuvre de son camp que le député socialiste regrette. Elle risque d'ailleurs, selon lui, d'être contre-productive. D'abord on est inquiet dans la région de Sauternes. Mais il n'y a pas que les riverains du « TGV des vignes », comme dit Le Parisien, qui s'offusquent. Gilles Savary souligne surtout l'exaspération d'usagers d'une ligne Bordeaux – Toulouse, en pleine « métropolisation » autour des deux grandes agglomérations. « Dans nos circonscriptions, cela fait dix ans, dit-il, qu'on demande la mise à niveau de la ligne actuelle. » Et, selon lui, la promesse d'avoir une ligne à grande vitesse dans dix ans exaspère plutôt des usagers dont les besoins quotidiens relèvent du cabotage.

L'autre crainte du député, rapporteur de la loi de réforme ferroviaire, qui a fait inscrire dans la loi un article empêchant la course à l'endettement de RFF, c'est que la « grande gabegie » reparte. Le travail de la commission Mobilité 21 présidée par Philippe Duron semble oublié. La commission avait en effet retenu des priorités en faisant remarquer que la réalisation soit de Lyon – Turin soit du Canal Seine réduirait à zéro les capacités de financement. Or, les deux projets ayant obtenu des crédits européens se trouvent désormais sur le dessus de la pile…

Pour en revenir à GPSO, la Fnaut (Fédération nationale des associations d'usagers), peu suspecte d'être fan inconditionnelle de la très grande vitesse, a soutenu la décision annoncée par Alain Vidalies. La Fnaut souligne le gain de temps important sur Paris – Bordeaux – Toulouse et en attend un « report significatif du trafic aérien Paris – Toulouse (trois millions de passagers par an) » ainsi que du trafic routier interrégional. Rappelant que « l'avion émet 35 fois plus de gaz à effet de serre par voyageur.km et la voiture 16 fois plus », elle demande une hausse des taxations des carburants routiers et une taxation du kérosène consommé par les avions effectuant des vols intérieurs pour aider au financement d'un projet « bon pour l'environnement ».

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