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Trenitalia veut concurrencer Thalys sur Paris – Bruxelles
Après les trains de nuit Paris – Venise et les trains classiques Marseille – Milan assurés avec Transdev sous l’appellation Thello, verra-t-on bientôt des trains Trenitalia à grande vitesse en France ? Peut-être. Mais, cette fois, pas sur des relations avec l’Italie car la plus sérieuse possibilité à l’étude serait plutôt de relier Paris et Bruxelles, en concurrence avec Thalys. Ce que confirme entre les lignes Michele Elia, l’administrateur délégué des FS, dans un communiqué envoyé vendredi à l’AFP. « Nous voulons élargir nos activités en dehors de l’Italie, surtout dans le domaine des trains à grande vitesse où nous disposons d’un savoir-faire technologique et de matériel à notre disposition d’un niveau très élevé » selon ce communiqué, « surtout en France et en Belgique », sans exclure « d’autres pays », non mentionnés.
Dans d’autres domaines que la grande vitesse, les FS sont déjà largement présent hors d’Italie. Outre les trains Thello entre France et Italie, ils sont également la maison mère de Netinera, l’ancienne filiale allemande d’Arriva. Celle-ci exploite des trains régionaux en Allemagne, dont certains effectuent des parcours transfrontaliers vers les Pays-Bas, la République tchèque… et la France, avec la desserte de Wissembourg.
Pour ce qui est de la grande vitesse, « nous sommes prêts à demander l’autorisation d’entrer » aux autorités compétentes « aussi bien en France qu’en Belgique », a indiqué à l’AFP le service de presse des FS. Avec pour matériel roulant les nouvelles rames à grande vitesse ETR 1000, exploitées depuis juin dernier sous l’appellation Frecciarossa 1000 sur la dorsale Turin – Milan – Rome – Naples. Construit en Italie dans le cadre d’un partenariat regroupant AnsaldoBreda et Bombardier, ce train (alias V300 Zefiro) a dès l’origine été conçu pour circuler dans plusieurs pays européens. « Tels la France, l’Allemagne et les Pays-Bas », selon Bombardier, les FS ajoutant l’Espagne, la Suisse et la Belgique à la liste.
Mais si l’ETR 1000 satisfait aux exigences STI (Spécification technique d’interopérabilité) européennes, les rames appelées à gagner les pays voisins seront légèrement différentes des 20 rames Frecciarossa 1000 actuelles. En effet, ces dernières n’ont besoin que des deux tensions pratiquées sur le réseau ferré italien (3 kV continu et 25 kV 50 Hz), alors que pour aller vers la France, il faudra pouvoir également accepter une tension de 1,5 kV continu. Voire de 15 kV 16,7 Hz vers l’Autriche, la Suisse et l’Allemagne, ce qui nécessitera alors l’installation de transformateurs plus lourds. Autant de choix techniques qui dépendront des corridors transeuropéens auxquels les FS destinent leurs ETR 1000. En tout cas, ces derniers sont aptes à recevoir tous les équipements nécessaires pour les quatre types d’alimentation électrique cités ci-dessus.
Que l’opérateur historique italien veuille desservir la France dans le cadre de liaisons internationales à grande vitesse n’est donc pas un scoop en soi, si l’on sait que son nouveau train phare a été conçu pour. Mais que la concurrence vienne du nord est plus inattendu, quand on se rappelle qu’au cours de la décennie passée, les FS ont longuement testé en France leur précédent modèle de train à grande vitesse polycourant, l’ETR 500, en vue d’assurer une liaison Paris – Vintimille…
Patrick LAVAL
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