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Les opérateurs de fret refusent de payer plus cher « pour un service moins bon »
Branle-bas de combat chez les opérateurs de fret concurrents de la SNCF. Le 2 février, l’Association française du rail (Afra), le Groupement des transports combinés (GNTC), l’organisation patronale Transports et logistique de France (TLF), l’association Objectif OFP ainsi que l'Association des utilisateurs de fret ferroviaire (AUTF) se sont réunis pour faire part de leurs « fortes inquiétudes » liées à la hausse du tarif des péages. « L’augmentation est de 6,27 % cette année. Et on nous a déjà annoncé une hausse de 2,4 % en 2017 », indique Pascal Sainson, le président d’Europorte, également président de la commission fret de l’Afra.
Ceci alors que les coûts du transport routier reculent globalement, et alors que le fret ferroviaire a connu une embellie l’année dernière. « Le fret ferroviaire commence à renaître après quelques années de chute vertigineuse », commente Pascal Sainson. Selon l’Afra, la progression des trafics aurait atteint 3,8 % sur les trois premiers trimestres 2015.
Pour l’avenir, les professionnels estiment manquer de visibilité. « Mais nous entendons dire que la hausse des prix va continuer », affirment-ils.
Bruxelles impose que le gestionnaire d’infrastructure facture le prix de la maintenance aux transporteurs. Ce prix est estimé à 5 euros par train.km selon Pascal Sainson. Or, jusqu’à présent, ce coût était supportable car l’Etat apportait une aide financière aux opérateurs de fret pour soutenir l’activité, ce qu’il a arrêté de faire cette année. Les transporteurs demandent un gel des tarifs pour s’approcher du tarif moyen européen. Soit 2,88 euros par train.km.
Une demande d’autant plus justifiée selon eux que la qualité des sillons se dégrade. « Nous payons plus cher un service moins bon », résume l’un d’eux, en estimant que les trains circulent trop lentement « de 40 à 50 km/h ». Par ailleurs, le nombre de sillons précaires a doublé l’an dernier, estime-t-on côté de l’Afra. Les entreprises sont en train de travailler avec SNCF Réseau à la mise en place d’indicateurs de la qualité des sillons pour « corréler le prix des sillons à la qualité du service d’infrastructures ».
Elles demandent enfin la signature du contrat de performance entre l’Etat et SNCF Réseau. Sinon, préviennent-elles, sans la compensation financière de l’Etat, « les entreprises ferroviaires en France se retrouveraient hors marché par rapport à la concurrence intermodale ».
M.-H. P.
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