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Prolongement d’Eole : la SGP appelée une nouvelle fois à la rescousse
Le Premier ministre l’a confirmé en inaugurant la gare parisienne de Rosa-Parks, sur le RER E (alias Eole), le 6 février : le financement du prolongement d’Eole à l’ouest sera assuré par une « contribution exceptionnelle » de l’Etat de 500 millions. Manuel Valls ne l’a pas précisé, mais selon des sources concordantes, proches du dossier, ces 500 millions seront apportés par la SGP. Une SGP qui apporte déjà un milliard d’euros au prolongement d’Eole, et qui va donc financer pas loin de la moitié d’un projet évalué à 3,3 milliards d’euros. On se souvient que la grande difficulté venait du financement que doivent apporter les trois départements concernés par le projet : Paris, Hauts-de-Seine et Yvelines. Et particulièrement de la participation de Paris. L’Etat espérait que les trois départements réunis apportent 900 millions, soit 28 % du projet. Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris interrogé sur ce point en marge des vœux d’Anne Hidalgo, fin janvier, nous avait rappelé la position de la Ville, qui ne juge « pas correct » que l’Etat fixe unilatéralement la clé de répartition. On a grosso modo coupé la poire en deux, puisque Manuel Valls a remercié les trois départements d’apporter 500 millions au projet.
Les « ressources fléchées » dont dispose la SGP, d’environ 500 millions d’euros par an, sont une manne qu’envie le conseil régional d’Ile-de-France. Jean-Paul Huchon avait réussi à en récupérer une partie à la faveur de l’accord entre l’Etat et la région qui avait enterré la hache de guerre entre les deux parties à propos du Grand Paris. Les économistes du Cercle des transports, dans leur réexamen des transports en Ile-de-France, souhaitaient eux aussi la banalisation de la ressource.
Au bout du compte cela va finir par poser des problèmes à la Société du Grand Paris. C’est du moins ce qu’avance la Fnaut Ile-de-France, qui avait vendu la mèche, avant l’inauguration du 6 février, sur la contribution exceptionnelle de 500 millions. Les difficultés de financement qui se profilent pour l’intégralité du projet de métro automatique permettront, juge Marc Pélissier, président de l’AUT-Ile-de-France, de « réinterroger » certains projets que la fédération d’usagers juge trop ambitieux, comme la ligne 18 (Orly – Versailles via Saclay et Saint-Quentin), la ligne 17 (Le Bourget – Roissy-CDG), ou la ligne 16 (Champigny – Le Bourget via Clichy-Montfermeil). Quant à l’est du RER E, il va nécessiter aussi des investissements. Par exemple pour réaliser la gare RER de Bry-Villiers-Champigny, en correspondance avec la ligne 15 du Grand Paris. Le 6 février, Manuel Valls en a confirmé le principe, sans en préciser le financement. La Fnaut a une idée : on pourrait prier la SGP d’apporter 500 millions de plus, pour la création de cette gare et les réaménagements de la ligne existante, à l’Est. A suivre.
Pour l’instant, et c’est l’essentiel, Eole semble cette fois bel et bien s’avancer vers l’ouest. Même si, autre point que le Premier ministre n’a pas précisé, le projet, du fait des longues incertitudes de financement dont on vient à peine de sortir, sera vraisemblablement réalisé avec deux ans de retard. Mais ça, le Premier ministre ne l’a pas annoncé.
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