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Villes et grande vitesse au coeur de la « négociation suédoise »
Comment développer le logement en Suède, tout en coordonnant les nouvelles constructions à celles des réseaux ferrés ? Tel est l’enjeu de la « négociation suédoise » (Sverigeförhandlingen) qui se déroule actuellement entre l’Etat et les communes. En principe, l’Etat finance les grands travaux d’infrastructures ferroviaires à construire d’ici 2035 – en particulier des lignes à grande vitesse entre Stockholm, Göteborg et Malmö, mais aussi des tramways ou des lignes nouvelles dans le Grand Nord. En contrepartie, les communes s’engagent à bâtir 100 000 nouveaux logements desservis par les infrastructures de transport qu’ils souhaitent voir l’Etat financer. Mais le montant de ce financement n’étant pas infini, des arbitrages s’avéreront nécessaires. Par exemple, dans la liste des projets retenus publiée le 8 février, les moyens alloués par l’Etat à la Scanie, dans le sud du pays, ont été absorbés en totalité par les trois projets de tramway de Lund, Malmö et Helsingborg. Ceci alors que les nombreux projets d’aménagement du réseau ferré pour le développement des trains régionaux de Scanie ne reçoivent rien ! Or, plus qu’un arbitrage entre deux moyens de transport, ce choix ne sera pas neutre sur l’implantation des nouveaux logements : choisir le tram, c’est favoriser la densification des banlieues autour des plus grandes villes. Choisir le train régional, c’est permettre un rééquilibrage en développant les dessertes des villes moins importantes, mais en courant aussi le risque d’en faire de simples dortoirs. Passionnant débat qui n’est pas clos, la « négociation » devant prendre fin à l’automne 2017.
Sans attendre cette échéance, la Suède se prépare à lancer l’an prochain la construction de sa première ligne à grande vitesse (320 km/h contre 250 km/h sur les lignes nouvelles ouvertes ces dernières années). Dénommée Ostlänken (« la liaison de l’Est »), cette ligne dont le tracé de 150 km environ part vers le sud-ouest de Stockholm est destinée à devenir le tronc commun d’un « Y » bifurquant vers Malmö au sud et Göteborg à l’ouest. Alors que le gestionnaire d’infrastructure Trafikverket entame des discussions avec les entreprises de BTP susceptibles de se porter candidates à la quinzaine de lots que comptera le projet Ostlänken, la « négociation de Suède » réunit les collectivités locales pour fixer l’emplacement des gares et choisir le tracé définitif de la ligne.
P. L.
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