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La valeur de la SNCF revue à la baisse
Le groupe SNCF a déprécié ses actifs de plus de 12 milliards d’euros, l’expliquant notamment par des prévisions de trafic et d’évolution des péages à la baisse. Cette somme impressionnante a été calculée par les commissaires aux comptes qui ont cherché à estimer la valeur actuelle des actifs du groupe en fonction de leurs prévisions sur les 15 prochaines années.
La plus importante dépréciation d’actifs concerne SNCF Réseau. Elle porte sur 9,6 milliards d’euros et s’explique notamment par la réunification entre la SNCF et l’ex-Réseau Ferré de France instaurée par la loi de réforme ferroviaire, qui se traduit par une harmonisation des prévisions de trafic et de péages, explique-t-on à la SNCF. Depuis l'entrée en vigueur de cette réforme le 1er juillet 2015, la SNCF publie pour la première fois des résultats consolidés, qui regroupent ceux de SNCF Réseau et SNCF Mobilités.
« Avant, RFF avait tendance à être plutôt optimiste sur l’évolution de ses péages, alors que la SNCF était plus prudente sur l’évolution du trafic. Avec la réunification et le contexte économique difficile, les hypothèses de revenus de Réseau ont été revues à la baisse, ce qui conduit à une dévaluation des actifs », commente un porte-parole du groupe.
Conséquence, la valeur du réseau qui était de 43 milliards d’euros il y a un an n’est plus que de 33 milliards aujourd’hui. La demande récente de l’Arafer (Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières) de diminuer la grille des tarifs de péages pour 2017, qui n’a pas été intégrée dans les calculs des commissaires aux comptes, pourrait à l’avenir aller dans le sens d’une nouvelle dépréciation.
Côté SNCF Mobilités, la dépréciation est évaluée à 2,5 milliards d'euros, qui équivaut à celle des rames TGV, et s'explique en partie par « des baisses de prévision de trafic dues à la montée de la concurrence des autres modes de transports comme le covoiturage, les autocars ou l’aérien low cost », indique le porte-parole de la SNCF. Pour faire face à cette concurrence, l’entreprise va continuer à mener une politique de petits prix, ce qui pèsera sur les recettes.
L’autre partie de la dépréciation s’explique par la mise en service en juillet 2017 de la ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux, pour laquelle la SNCF s’attend à un déficit compris entre 1OO et 200 millions d’euros.
Enfin, Gares & Connexions affiche également une dépréciation d’actifs de 450 millions d'euros pour prendre en compte une décision de l’Arafer lui demandant de réduire certains taux permettant de calculer les rendements des investissements.
Malgré l’importance de la dépréciation, le groupe se veut rassurant sur les conséquences. « Elle n’altère en rien les capacités de financements ou d'investissements du groupe », affirme la SNCF, pour qui la valeur pourrait très bien être revue à la hausse dans un an, comme cela a déjà été le cas par le passé. « Ainsi, dans les années 2008-2009, RFF avait été déprécié à hauteur de 9 milliards. Puis apprécié à 10 milliards l’année suivante », rappelle-t-on.
« Ces dépréciations sont de pures écritures comptables. Elles n’ont aucun impact sur la trésorerie », explique Jacques Rapoport, PDG démissionnaire de SNCF Réseau. Pour Guillaume Pepy, « cet exercice comptable ne doit pas masquer la réalité des performances économiques du groupe. Malgré le contexte économique morose, la croissance va se poursuivre cette année ».
Le chiffre d’affaires a progressé de 5 % (+1 % à périmètre constant) particulièrement tiré par l’activité internationale (qui représente 33 % de l’activité), en augmentation de 10 %, grâce à Keolis, Geodis ou Systra. Le trafic de fret ferroviaire progresse de 3 %.
Si on prend en compte le résultat opérationnel net, la SNCF gagne de l’argent puisqu’elle engrange 377 millions d'euros sur l’année 2015. La SNCF met aussi en avant ses gains de productivité de 653 millions d’euros l’an dernier, qui devraient atteindre 750 millions cette année. Reste une dette très lourde (7,8 milliards d’euros pour Mobilités, et 42,3 milliards pour Réseau) et une attente forte des futurs contrats de performance qui doivent être signés avec l’Etat et qui sont censés apporter des réponses.
Mais pour les administrateurs CGT qui ont réagi à cette présentation, le bilan « n’apporte pas un signal très positif pour une réforme qui se voulait la solution aux problèmes du système ferroviaire ».
M.-H. P
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