Quand ERTMS bloque les TER à la frontière luxembourgeoise

En matière de TER, la nouvelle région Alsace–Champagne-Ardenne–Lorraine devra trouver d’ici la fin de la décennie une solution pour que les 25 rames TER 2N NG tricaisses de l’ancien parc lorrain puissent poursuivre leur desserte transfrontalière entre Nancy, Metz, Thionville et Luxembourg. Car à partir de 2019-2020, seuls les trains équipés ERTMS seront autorisés sur le réseau ferré du grand-duché. Un équipement dont ne disposent pas les 25 rames lorraines (Z 24500 à la SNCF), contrairement aux 22 rames luxembourgeoises du même type (2200 aux CFL) que l’on retrouve également sur la desserte transfrontalière.

Premier problème : où trouver la somme (25 ou 28 millions d’euros selon les sources) pour équiper a posteriori les rames lorraines ? En effet, la somme nécessaire n’est budgétée nulle part et, à ce sujet, l’ancien président du conseil régional de Lorraine, Jean-Pierre Masseret, a déclaré n’avoir « rien prévu car c’était à l’Etat et la SNCF de financer les travaux ». Pour ce qui est de l’Etat, Dominique Bussereau s’était effectivement engagé, du temps où il était ministre, sur un financement de l’équipement ERTMS destiné au matériel roulant français. Mais la SNCF ne voit pas pourquoi ce serait à elle de payer un surcoût pour des rames financées par les régions. Ainsi, évoquant le cas des TER en conclusion de la 12e conférence ERTMS organisée par l'UIC, Pierre Messulam, directeur général adjoint Transilien SNCF, a répondu par une question : « Qui va payer l'équipement des trains ? »

Deuxième problème : l’échéance 2019-2020 n’est-elle pas déjà trop proche pour équiper et homologuer les 25 rames ? Certaines sources parlent d’un délai de cinq ans, désormais incompatible avec l’obligation imposée par le réseau luxembourgeois. Mais d'autres considèrent que l'on peut toujours s'arranger, à condition bien sûr d'y mettre le prix.

La solution sera-t-elle financière, politique ou technique ? Peut-être pourrait-on envisager une dérogation temporaire pour la ligne entre Luxembourg et la France ? Ou confier un temps la desserte transfrontalière aux seules rames des CFL ? Ou encore commander, côté français, de nouvelles rames de TER qui seraient équipées ERTMS d'origine, et contribuer ainsi à donner des heures de travail à Alstom ou Bombardier ? Affaire à suivre !

P. L.

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