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Dur budget pour le transport francilien
Le 30 mars Valérie Pécresse devrait proposer le nom de Laurent Probst pour remplacer Sophie Mougard à la direction générale du Stif, comme l’a annoncé notre confrère Mobilettre. Le même jour devrait être présenté le projet de budget du Stif. Exercice difficile, d'autant que le débat d'orientation budgétaire qui a déjà eu lieu n'a pas permis d’avancer sur des engagements forts de la présidente de la région Ile-de-France : le renforcement de l'offre bus et le renouvellement du matériel roulant ferroviaire.
L'appréciation du futur budget n'est pas neutre politiquement. La présidente de région met depuis son élection l'accent sur l'impasse budgétaire représentée par le passe Navigo au tarif unique de 70 euros. Un Navigo pour tous que refusait Valérie Pécresse quand elle était dans l'opposition, mais sur lequel – elle l'a constamment reconnu – il lui serait impossible de revenir une fois élue. Reste donc à en sécuriser le financement… Elle a vu le Premier ministre à ce propos, le 29 janvier dernier. Manuel Valls dans une lettre à la présidente du conseil régional évoque un grand nombre de pistes permettant de passer le cap 2016. Parmi celles-ci, le renforcement de la lutte contre la fraude (30 millions d’euros), le remboursement accéléré par la SNCF et la RATP de prêts bonifiés de la région, ou la cession de l’ancien siège de la RATP, quai des Grands-Augustins. Du « bricolage », fait-on remarquer, par exemple à la Fnaut, hostile au passe unique. Oui, mais nous dit Pierre Serne, précédent VP Transports de la région, « on savait bien que ce serait du bricolage en 2016, année de transition ». Selon lui, les pistes évoquées par Manuel Valls suffisent dès cette année largement à passer le cap. L'essentiel étant que des ressources pérennes soient engagées à partir de 2017. Or, pour la suite, le transfert à la région d’une part de la CVAE (Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) devrait, comme l’écrit Manuel Valls, participer à la « consolidation du modèle économique du Stif sur la durée ». Consolidation indispensable. Car, au-delà de ce qu'on peut appeler l'Impasse du Passe, le grand défi, ce sera de faire face à l'augmentation des dépenses de fonctionnement. Du fait des renforcements d'offre, sans même parler du Grand Paris, elles devraient dès 2020 passer de 9,2 à plus de 10 milliards d'euros. Pour les couvrir, la piste d'une nouvelle augmentation du VT n'a pas le vent en poupe. Et on voit mal comment on échappera un jour où l’autre à une augmentation du passe Navigo. Très difficile à présenter dans la première année du mandat. Mais quand on sort la calculette et qu'on sait qu'un point d'augmentation sur le passe rapporte environ 30 millions d'euros par an, on se dit qu'un Navigo à 77 euros, soit 10 % de plus, donnerait un bon coup de pouce. Reste à résoudre aussi la difficile question des investissements dans les nouveaux trains ou bus promis par la présidente. Rude tâche pour Laurent Probst.
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