Le gouvernement amende son décret-socle : avancée ou provocation ?

A la SNCF et à l'UTP on considère que les négociations peuvent désormais entrer dans le vif du sujet : la définition du nouveau régime de travail des salariés du ferroviaire. Après la grève très suivie des cheminots le 9 mars à l'appel unitaire des syndicats (35,5 % des personnels en grève selon les comptages de la direction et un cheminot sur deux dans le secteur public et privé selon les syndicats) ; et après avoir reçu l'ensemble des partenaires sociaux, le ministère des Transports n'a pas tardé à livrer dès le 10 au soir une nouvelle version de son projet de décret-socle. Première étape indispensable dans la foulée de la loi d'août 2014.

Dans ce nouveau texte, plusieurs amendements réclamés par la direction de la SNCF elle-même ont été pris en compte : comme l'intégration de repos doubles (deux jours d'affilée par semaine), l'encadrement des repos simples et une définition de la catégorie des roulants qui intègre désormais les contrôleurs. De quoi, selon elle, assurer une meilleure « protection de la santé, de la sécurité des salariés et de la continuité du service »« Même si, prend soin de préciser Jean-Marc Ambrosini, le directeur RH, il reste des ambiguïtés à lever d'urgence ».

A l'UTP, où un point un point d'équilibre a été trouvé permettant un mandat commun et où, même si les négociations ne sont pas rendues publiques, on semble s'être mis d'accord sur un temps de travail journalier, la prochaine réunion du 17 mars doit permettre d'avancer maintenant sur la méthode.

Reste que cette « version 2 » (du décret socle) « laisse un goût d'inachevé » à la FGAAC-CFDT qui a aussitôt dénoncé « la pauvreté du texte qui ne répond pas à nos attentes ». Une nouvelle mouture qui pour SUD-Rail constitue même « une nouvelle provocation ». Premiers à réagir les deux syndicats continuent à réclamer que prévale pour tous les salariés du secteur la réglementation du travail actuellement en vigueur à la SNCF. Et SUD-Rail faisait savoir qu'elle entendait proposer aux autres fédérations le dépôt d'un nouveau préavis de grève. Reconductible cette fois. Le maintien ou non du front syndical uni du 9 mars constitue une inconnue de taille dans la suite du processus.

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