« Je comprends les usagers qui sont furieux à cause des trains qui ne roulent pas, qui sont en retard, de la SNCF qui ne fait pas son travail. Les voyageurs ont raison, je suis furieux aussi. » Laurent Wauquiez président de la région Auvergne–Rhône-Alpes (Aura), a passé la SNCF à la moulinette lors d'une présentation à la presse du budget régional 2016. Sans oublier ses prédécesseurs qui ont fait preuve, selon lui, d’un « grand laxisme avec la SNCF ». Jean-Jack Queyranne avait pourtant manifesté son mécontentement à plusieurs reprises, en vain.
Laurent Wauquiez hausse le ton et évoque une récente réunion de travail « musclée » avec Guillaume Pepy. « Mais la SNCF n’en a rien à faire car il n’y a pas de conséquence financière pour elle, le système actuel est déresponsabilisant. » Désormais, quand les trains seront en grève ou ne rouleront pas pour x raison, « on ne paiera pas car il n’y a pas de service », assène le président de l’exécutif d’Aura.
Le premier coup est parti après la grève du 9 mars avec un courrier qui réclame 340 000 euros à Guillaume Pepy. Pour celle du 31 mars, le préjudice des trains en grève est en cours d’évaluation, mais « le courrier est prêt ». Les mèches sont donc allumées, avant de s’attaquer au gros morceau : la renégociation de la convention région-SNCF d’ici la fin de l’année.
Pour l’heure, Laurent Wauquiez dénonce une clause de pénalité existante « qui n’est pas appliquée ni dissuasive » et « une garantie voyageurs exorbitante » en faveur de la SNCF. Constat sans appel : « la SNCF s’est fait du gras mais ne fait pas son travail. » Les discussions sur la future convention s’annoncent pour le moins serrées dans un cadre où la région prévoit de réduire son train de vie de 75 millions d’euros, dont 6,6 millions d'économies sur les trains. Le futur directeur régional SNCF à partir du 2 mai, Jean-Christophe Archambault, est donc prévenu.
Claude Ferrero
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