Comment Transdev veut dépoussiérer le transport scolaire

Parce que la mobilité des générations futures dépendra en partie de la manière dont ils auront appréhendé – et apprécié – les services de transport scolaire, Transdev s’attelle depuis un an à dépoussiérer ce secteur qui est un peu le parent pauvre de la branche transport de voyageurs. Le 10 mai, s‘est tenu à Orléans, la matinale « Repensons le transport scolaire pour inventer la mobilité des jeunes », en point d’orgue de la démarche de coconstruction débutée en juin 2015 dans la région Centre-Val de Loire avec l’objectif d’innover dans le transport des collégiens et lycéens des académies d’Orléans et de Poitiers. « Nous avons commencé par un travail d’immersion : une série de plus de 140 entretiens suivis d’ateliers créatifs avec des élèves, conducteurs, responsables d’exploitation, départements, communes et leurs regroupements, départements, responsables d’académies, représentants de parents d’élèves, acteurs de la prévention routière… », décrit Claire Poursin, chef de projet à la direction Métiers du groupe et responsable de cette démarche.

Cette consultation préalable a permis de recenser les écueils, les besoins et d’établir les priorités. Quatre problématiques principales ont émergé, qui donneront chacune lieu à des innovations, qui devraient être expérimentées à brève échéance. Premier axe : l’optimisation des circuits, horaires, et démarche d’inscription. « On constate que les parents sont pris au dépourvu devant la gestion paradoxale de ces transports, poursuit-elle. Car rien n’est géré par la sphère scolaire, et de plus ceux qui gèrent les inscriptions, ne sont pas responsables de la définition de l’offre ni du suivi de sa réalisation. Les contraintes de temps de trajet ont des incidences parfois lourdes sur la vie scolaire. » Bref, tout cela manque de cohérence et de coordination.

La première expérimentation visera donc à promouvoir un « bureau des temps » en guise de chef d’orchestre de là mobilité scolaire locale, chargé de faire le lien entre tous les acteurs. Dans le même temps, un processus d’optimisation des circuits sera promu. Car un décalage de cinq minutes peut parfois tout changer et le nombre de collectivités qui s’attachent à ce qu’un trajet ne dépasse pas les 45 minutes pour les collégiens est extrêmement faible.

Deuxième priorité : la gestion de l’information et des incidents. Comment mieux rassurer les parents ? Sur ce plan-là, il est indispensable de faire pénétrer les nouvelles technologies : systèmes billettiques et SAEIV spécifiques. « Nous voulons aller vers l’autocar connecté et engagerons un travail de définition de produit à coût réduit avec les industriels », assure-t-elle.
Troisième axe : faire en sorte que le car scolaire ne soit pas la dernière roue du carrosse. « Toute une politique clientèle est à définir, estime Claire Poursin. Il faut revaloriser le métier de conducteur car il est aussi l’ambassadeur à bord. » Un nouveau processus de formation a été imaginé, à partir notamment du développement d’un simulateur de conduite.

Dernière problématique : l’environnement et en particulier les points d’arrêts, qui restent le maillon faible de la chaîne. « Si les collectivités sont satisfaites du service et de la sécurité, elles déplorent le risque d’accident important au moment où l’enfant monte ou descend de l’autocar », relate encore Claire Poursin. Avec les ingénieurs de l’Insa à Blois, Transdev s’est donc attaché à définir une gamme de kits d’arrêts mobiles – en effet, chaque année, une partie des points d’arrêts ne sert plus – légers et en bois. « Afin qu’il n’y ait plus d’élèves déposés la nuit dans la pampa ! »

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