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Bus « propres » : 60 % des collectivités veulent de l’électrique
Une petite cinquantaine d'agglomérations envisage de se doter de bus si ce n'est « propres » du moins moins polluants. Huit mois après le lancement de leur Appel à manifestation d’intérêt (AMI) auprès des autorités organisatrices pour l’achat de bus à faibles émissions polluantes, le Gart et la Centrale d'achat (CATP) d’Agir – qui avaient signé un accord de partenariat en juin 2015 – ont reçu 47 réponses de collectivités représentant un besoin d’un peu plus de 5 500 véhicules. Sur ce total, « la plupart des demandes, soit plus de 3 500 sont pour des bus électriques, environ 1 800 ont une approche gaz et 200 concernent les autres technologies, recense Marc Delayer, le président de la CATP et directeur général des Transports publics du Choletais. Les AO ont aussi des attentes fortes sur la maîtrise des technologies, et souhaitent des outils d’aide à la décision. Notre récente étude sur l’état des connaissances selon les motorisations y participe puisqu’elle se veut plus objective que les argumentaires commerciaux de chaque filière. » Cette consultation sera également utile pour le futur catalogue de bus à faibles émissions de la CATP.
Mais les collectivités ont surtout – et de manière pressante – besoin de répondre à la question « quel bus sera le plus pertinent pour bien effectuer ma transition énergétique ? ». Et la démarche se veut également un accélérateur de développement pour la filière des bus alternatifs au diesel. D’ores et déjà, l’hybridation diesel-électrique, considérée il y a encore quelques années comme une solution d’attente intéressante, aurait du plomb dans l’aile au vu des retours d’expérience. « Le bus coûte de 20 à 50 % plus cher qu’une motorisation thermique pour un gain en consommation, bruit et émissions polluantes de l’ordre de seulement 10 %, assure le directeur général du Gart, Guy Le Bras. Son intérêt est finalement peu évident et d’ailleurs certains constructeurs comme Volvo en abandonnent la commercialisation. »
Si la motorisation 100 % électrique, qui arrive tout juste à maturité chez les constructeurs européens semble plus prometteuse au groupement d’élus, ils mettent tout de même en avant les contraintes importantes aux dépôts en matière de sécurité : « Un bus diesel en feu brûle pendant 30 minutes à 800 degrés, un électrique brûlera 45 minutes à 1 500 degrés ». Dans le même temps, le DG du Gart tempère aussi : « les bus c’est seulement 1,5 % des émissions polluantes dans les agglos »… Bref l’enjeu de santé publique se situerait davantage du côté des véhicules individuels. Mais du point de vue de l’exemplarité politique, ne rien faire serait catastrophique. Ce que ne conteste pas le président du Gart au franc-parler. Oui au bus électrique dit-il. Mais « oui à l’innovation aussi, sinon l’industrie chinoise tuera l’industrie européenne », prédit Louis Nègre. Lors du Salon européen de la mobilité, celui qui était également le rapporteur de la loi de transition énergétique s'est emporté contre la rédaction du futur décret d’application de l’article 37 définissant les bus à faibles émissions qui devront renouveler 50 % des parcs en 2020. « Un diesel Euro VI pollue… mais comme tous les véhicules à énergie fossile ! dit-il encore. La vraie dépollution serait de supprimer des rues les véhicules Euro I, II, III, IV et V. Gare aux effets d’annonce impossible à tenir, a-t-il prévenu. Il faut aller le plus vite possible, le mieux possible et avec les moyens du bord… » Malgré de longs mois de lobbying, impossible en effet de faire fléchir totalement le ministère de l'Environnement. Une petite victoire tout de même : sa dernière mouture a été retoquée le 9 juin par le Conseil national d’évaluation des normes, qui a réclamé une consultation approfondie avec les associations d’élus et de professionnels du secteur. Le texte proposé risquait, selon ces dernières, de conduire à des impasses technologiques et financières, avec un surcoût évalué à plusieurs centaines de millions d’euros. « Il ne faut pas lister des technologies mais fixer des objectifs de performances à atteindre », disent en cœur les professionnels, sensibles aux plaintes des industriels qui ont dépensé des fortunes en R&D pour sortir des bus Euro VI. Alors pas question de ne plus pouvoir les vendre en 2020…
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