Brexit : pas de panique pour la direction d’Eurotunnel

Le 24 juin, du fait des résultats du référendum britannique sur l’Union européenne, l’action Eurotunnel chutait de 14 % en dessous du cours du 23 juin, avant de se stabiliser à un cours comparable à celui de l’hiver dernier. A 8h30 (heure française), Eurotunnel avait cependant publié un communiqué au ton très rassurant.

Le communiqué trouvait même un avantage à la nouvelle situation : « Une baisse de la livre sterling ferait baisser le montant de la dette du Groupe dans cette monnaie, augmenterait les coûts des concurrents maritimes et pourrait soutenir les exportations britanniques, ce qui compenserait les éventuels effets négatifs. » De fait, la livre sterling perdait de l’ordre de 10 % de sa valeur par rapport au dollar dès les premières heures du 24 juin, avant de se reprendre.

Tout en réaffirmant sa « vocation au service des échanges franco-britanniques et comme moteur du développement économique et commercial entre la Grande-Bretagne et le continent européen », Eurotunnel soulignait que dans le fond, la nouvelle situation ne changeait pas grand-chose et que « l’issue du référendum ne devrait pas affecter les activités de la concession du tunnel sous la Manche et Groupe Eurotunnel maintient par conséquent ses objectifs », (soit 560 millions d’euros d’Ebitda en 2016 puis 605 millions d’euros d’Ebitda en 2017 à taux de change constant d’une livre pour 1,375 euro).

Eurotunnel rappelait que « le tunnel sous la Manche est exclusivement régi par un traité binational de deux Etats souverains, le Royaume-Uni et la France, signé il y a trente ans ». Ce qu’a également souligné Jacques Gounon, PDG de Groupe Eurotunnel. Et quoique membre jusqu’à présent, « le Royaume-Uni [n’a] jamais été dans l’espace Schengen, les biens et personnes transitant par le tunnel sous la Manche [restant] soumis aux mêmes procédures qu’actuellement (UK border force, police aux frontières, douanes). » Et questions échanges, « hors UE, les Britanniques continueront à consommer des produits à haute valeur ajoutée en provenance du continent », 44 % des exportations se faisant vers l’UE, contre 53 % des importations provenant de cette dernière.

Lundi matin, cet argumentaire ne convainquait pas les investisseurs : la baisse reprenait, et, à 11h15, le cours d'Eurotunnel s'inscrivait à 9,15 euros, en baisse de 8,53 % par rapport au cours précédent.

Patrick LAVAL

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