Turbulences dans le ciel de Brest

A Brest, le premier téléphérique urbain de France est de nouveau bloqué. A peine trois jours après sa remise en service, le 5 janvier, il a été arrêté en raison d'une panne informatique Une panne de plus pour ce téléphérique, qui enregistre une série noire depuis son inauguration le 19 novembre. Rappel des faits. Le 30 novembre, l'ouverture "intempestive" d'une porte, survenue en plein ciel, conduit l'exploitant Keolis à décider l'interruption du service, seulement dix jours après le lancement. L'arrêt durera plus d'un mois. Le 5 janvier, le téléphérique qui relie en trois minutes les deux rives de la Penfeld, du centre-ville au quartier des Capucins, et culmine à une hauteur de 75 mètres, repart… mais le jour-même, en fin d’après-midi, il est de nouveau stoppé. En cause, un problème de câble électrique. Il est réparé dans la foulée et le téléphérique repart, à temps pour assurer les festivités du week-end, qui doivent avoir lieu au nouveau quartier des Capucins qu'il dessert. Du moins le croyait-on. Le dimanche matin 8 janvier, c'est donc un problème informatique qui oblige à arrêter le téléphérique.  Une succession de dysfonctionnements qui fait grincer des dents et suscite les railleries.
« Nous pensons que tout a été fait dans la précipitation. La première fois pour coller avec la venue de Ségolène Royal le 19 novembre. Cette fois-ci, il fallait que le téléphérique soit prêt pour le week-end du 7 et 8 janvier au cours duquel on inaugure le plateau des Capucins, estime Luc Daniel, le délégué syndical CFDT. Nous avions déjà dénoncé le manque de formation du personnel. Nous estimons qu’il y a toujours des manquements au niveau de l’organisation du travail », poursuit le syndicaliste.

« Le constructeur BMF a réglé le problème qui concernait un défaut dans la transmission des informations. Il a travaillé pour fiabiliser la chaîne d’informations », nous avait affirmé de son côté le 6 janvier Jean-Luc Bouhadana, le directeur de Keolis Brest, juste avant la nouvelle panne.  De plus, il a fallu aussi remettre en état le matériel qui a subi des dommages du fait d'une erreur humaine le 19 décembre. « Nous en avons profité pour renforcer tout ce qui est accès aux machines tournantes et aux câbles. Nous avons également renforcé la formation de nos salariés, que ce soit pour la maintenance ou pour l’exploitation », précise Jean-Luc Bouhadana.

Trois personnes ont été embauchées à la maintenance avant l’inauguration. Trois autres à la régulation, ce qui porte à 18 le nombre de régulateurs. « Pour la partie maintenance, nous avons formé six personnes capables d’intervenir sur le téléphérique », indique le directeur.

Selon lui, « le téléphérique a été mis en service au bon moment, c’est-à-dire à une période où il n’y avait aucun enjeu de transport puisque le réaménagement du quartier des Capucins desservi par le téléphérique était encore en cours. C’était un bon moment pour apprendre à gérer les flux. Cela montre que nous allons nous approprier progressivement ce nouveau mode de transport ». Et de rappeler que lorsque le tram de Brest a été mis en service en 2012, « il a fallu quasiment un an pour se l’approprier ». Toutefois, Jean-Luc Bouhadana estime qu'en mars, lorsque le constructeur ne sera plus là pour accompagner les agents au quotidien, « il risque d’y avoir encore des petites erreurs techniques ou de manipulation »…   

Le directeur de Keolis Brest-Bibus ne pensait sans doute pas avoir raison si vite. Le téléphérique subit-il des problèmes de "déverminage" comparables à ceux que connaissent les trains lorsqu'on les met en service? Pas sûr toutefois que l'explication suffise aux élus. Interrogé le 8 janvier par France Bleu, le maire de Brest, François Cuillandre a fait part de son "agacement" et fait savoir qu'il "attend que le constructeur et l'exploitant du téléphérique se mettent vraiment autour de la table pour trouver une solution".

M.-H. P.

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