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Premiers essais pour la rame à hydrogène Coradia iLint d’Alstom
Tous les visiteurs l’ont admiré en septembre dernier à InnoTrans, à Berlin. Six mois plus tard, le 14 mars, le Coradia iLint d’Alstom atteint 80 km/h sur une voie d’essai de l’usine de Salzgitter en Basse-Saxe (Allemagne). Prévus sur quatre semaines, ces premiers essais dynamiques doivent être suivis d’autres, dans les prochains mois, sur l’anneau tchèque de Velim. Cette fois, il s’agira d’atteindre 140 km/h, la vitesse maximale de cet autorail d’un nouveau genre, tirant son énergie électrique d’une pile à combustible associée à un stockage de cette énergie par batteries embarquées. Le combustible utilisé étant l’hydrogène, on parle parfois aussi d’hydrail pour désigner ces rames automotrices n’émettant qu’un peu de vapeur et d’eau condensée, tout en pouvant parcourir des lignes non électrifiées. C’est ainsi que le Coradia iLint est censé effectuer ses premiers essais avec des voyageurs sur la ligne Buxtehude – Bremervörde – Bremerhaven – Cuxhaven, dans le nord-ouest de l’Allemagne, début 2018.
Les essais en cours à Salzgitter ont pour but selon Alstom « de confirmer la stabilité du système d’alimentation basé sur une interaction coordonnée entre la traction, la pile à combustible et la batterie du véhicule ». La force de freinage est également testée « pour vérifier l’interface entre le frein pneumatique et le frein électrique ». Auparavant, en statique, toutes les fonctions électriques et pneumatiques avaient été testées et vérifiées. TÜV Süd « a certifié la sécurité de la batterie, du système de réservoir de pression et de la pile à combustible pour les prochaines phases d’essai ». Pour les besoins de ces essais, précise le constructeur, « un poste de remplissage mobile a été construit à Salzgitter afin de pomper de l’hydrogène gazeux dans le réservoir de pression du train Coradia iLint ». Alstom précise que l’hydrogène utilisé pour les essais est le sous-produit d’un processus industriel, qui est raisonnablement réutilisé comme un résidu. D’où l’intérêt économique de cette solution en Allemagne. A long terme, Alstom « vise à soutenir la production d’hydrogène à partir d’énergie éolienne ».
Le Coradia iLint a été conçu par les équipes d’Alstom en Allemagne à Salzgitter, centre d’excellence pour les trains régionaux, ainsi qu’en France, notamment à Tarbes, centre d’excellence des systèmes de traction et à Ornans pour les moteurs. Ce projet bénéficie du soutien du ministère fédéral allemand du Transport et de l’Infrastructure numérique. Alstom précise avoir a déjà signé des lettres d’intention pour 60 trains avec les Länder allemands de Basse-Saxe, Rhénanie-du-Nord-Westphalie et Bade-Wurtemberg, ainsi qu’avec les Transports Rhin-Main (Rhein-Main-Verkehrsverbund, Land de Hesse).
Si le Coradia iLint est, comme le dit Alstom « le premier train de voyageurs à plancher bas au monde alimenté par une pile à hydrogène », s’agit-il pour autant d’une première mondiale sur rail ? Il y a plus de dix ans qu’au Japon, JR East et le RTRI ont réalisé des hydrails prototypes – à plancher haut. En 2011, l’Université de Valladolid a réalisé son prototype de tramway à pile à combustible et cette source d’énergie électrique a été adoptée – à petite échelle – par les tramways à vocation touristique d’Oranjestad (Aruba, Antilles néerlandaises) et de Dubai (Street Trolley Tram). Si les 60 rames deviennent réalité, on changera complètement d’échelle !
Patrick Laval