De l’électricité dans l’air au salon Ever de Monaco

« Les constructeurs ont compris que c’est important pour eux d’être ici. Sur une centaine d’exposants, il y a quarante constructeurs. Il n’y en avait qu’une vingtaine il y a cinq ans », assure Vanessa Cantel, responsable de l’exposition des véhicules écologiques. Nissan a réservé tout son stand à la Leaf électrique et à son châssis avec un éclaté du système électrique. Chez le constructeur Peugeot, à côté de la sportive RCZ Hybrid 4, la iOn, version maison de la iMiev de Mitsubishi, fait figure de petite douée. A la fin de cette année, quelques centaines d’exemplaires seront destinés aux flottes des administrations et des collectivités. Cette quatre-places de 3,48 m sera seulement disponible en location : moins de 500 € tout compris, annonce-t-on chez Peugeot. Tout électrique sur le stand Citroën : la Berlingo version Venturi et la C-Zéro, autre « jumelle » de la Mitsubishi iMiev. Mitsubishi, qui présentait, évidemment, sa petite électrique retenue par la poste de Monaco, prévoit de produire 8 500 véhicules électriques en 2010… sur un million, mais 30 % de sa production totale dès 2013 ! Le seul frein au développement du véhicule électrique serait la capacité de production des fabricants de batteries, essentiellement au lithium-ion. La motorisation électrique domine aussi l’hybride chez les « petits » constructeurs présents à Monaco, comme chez Venturi par exemple, avec sa Fetish dotée d’une vitesse de pointe de 180 km/h… et d’un prix de près de 300 000 € HT. Goupil avec un utilitaire 100 % électrique ou en core GoElectrix sont fidèles à cette énergie. Enfin, du côté des deux-roues, l’électricité gagne aussi du terrain. Du VAE à la moto, en passant par le scooter et le tricycle, les modèles prennent de plus en plus d’autonomie.


Leaf

Commercialisée en Europe à la fin de cette année, la Leaf de Nissan est née pour être électrique. Son châssis le prouve, qui accueille sous l’habitacle les batteries lamellaires lithium-ion et, sous le capot équipé d’une trappe pour les branchements d’alimentation, un moteur électrique d’une puissance équivalent à 110 ch. L’autonomie annoncée est de 130 à 160 km pour une vitesse maximale de 140 km/h. Cette berline compacte est dotée d’un coffre généreux et de cinq vraies places. Nissan veut produire la Leaf à grande échelle à un prix « pas plus cher » qu’une voiture thermique de même catégorie et équipement

SimpliCity Sun
Après un utilitaire décliné en pick-up, fourgon et isotherme, Eco et Mobilité, entreprise implantée dans la Vienne, présente sa première quatre places, la SimpliCity Sun. Ce véhicule ludique qui peut rouler à 80 km/h avec une autonomie de 40 à 60 km (il va aussi recevoir une bâche pour les jours pluvieux) est doté de batteries au plomb par souci d’économie et de recyclage à 100 %. Son prix : 10 990 €, aide Ademe de 2 000 € déduite.

Fetish
Une vitesse de pointe de 180 km/h, une autonomie de 290 km… à 90 km/h et un prix de 297 000 € HT. C’est la Fetish, « première voiture électrique de sport », produite à 25 exemplaires par Venturi. De quoi faire des (petites) étincelles.

Tri’Ode
Prêt à être produit en présérie par Véléance, à Meyreuil (Bouches-du-Rhône), le Tri’Ode est un tricycle électrique destiné aux flottes d’entreprises et de collectivités pour un usage urbain. Sa stabilité naturelle est renforcée par une centrale inertielle embarquée qui contrôle l’inclinaison en virages. Ses batteries au plomb lui donnent une autonomie de 50 km avec une charge de 50 kg en plus du conducteur. Le Tri’Ode sera vendu au prix de 5 000 € HT. Véléance travaille sur un Quat’Ode qui sera présenté à l’Ademe en juin.

Kosmob
Scooter urbain électrique, le nouveau scooter Kosmob série L de B-Power est équipé d’une batterie au lithium-fer qui ne pèse que 7 kg (18 kg sur la version au plomb) et résiste mieux aux fortes décharges, améliorant ainsi l’autonomie (de 15 à 40 km) sur des parcours pentus… comme à Monaco où il a été conçu. Il est commercialisé dès le mois d’avril au prix de 1 690 €.

DBT
Leader des bornes d’alimentation en électricité, DBT a présenté à Monaco celle qui va être livrée à Strasbourg pour alimenter les véhicules électriques en libre service. Outre qu’en charge la prise ne peut pas être arrachée, elle est capable de donner la consommation du véhicule, de le localiser et de fournir des données sur la batterie.

Clean Energy Planet
Verrouillage du vélo et alimentation de la batterie d’un même geste. C’est le système créé par Clean Energy Planet pour ses stations de vélos à assistance électrique. Alors que des vérins de part et d’autre du moyeu de la roue avant empêchent l’arrachage de l’engin, le même axe permet une recharge automatique de la batterie et fournit des indications sur son état. Breveté, le dispositif a reçu la médaille de la mairie de Paris au concours Lépine 2009. Il est déjà exploité et équipera les VAE des stations que la Compagnie des autobus de Monaco expérimente avec Clean Energy Planet pour les intégrer au réseau de transports urbains. Une première « mondiale ».

Smart électrique
Elle n’est pour le moment produite qu’à un millier d’exemplaires, essentiellement pour des villes européennes et américaines. Mais Daimler promet pour 2012 la production à grande échelle de la Smart électrique « Electric Drive » présentée à Monaco. Deux places, équipée d’une batterie lithium-ion, la Smart électrique dispose de 135 km d’autonomie et est destinée aux déplacements urbains.

VLV
Peugeot n’a pas manqué de rappeler que la firme au lion a depuis longtemps travaillé sur le véhicule électrique. La preuve sur son stand avec la VLV, pour voiture légère de ville. Ce petit cabriolet deux places apparu en 1941 a été produit à 377 exemplaires jusqu’en 1945. Ses batteries (160 kg) lui offraient une autonomie de 70 à 80 km et une vitesse maximale de 30 km/h.
 

José SOTO