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Une cité expérimentale pour tester les déplacements urbains
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Reconstituer une ville grandeur nature avec ses arrêts de bus, ses carrefours, ses ronds-points, ses sites propres. Recréer la circulation, ses aléas et toute la complexité urbaine en vue d’y tester in vitro les transports urbains de demain. L’idée semble un peu folle, mais elle pourrait bien se concrétiser prochainement à l’initiative du pôle de compétitivité Lyon Urban Truck & Bus. Cette « ville du futur » pourrait voir le jour en 2013 ou 2014 sur les 120 ha d’un ancien terrain militaire jouxtant les pistes d’essais de Renault Trucks à La Valbonne (Ain). Le projet a été présélectionné dans le cadre de l’appel à projets de plates-formes d’innovations lancé par l’Etat et la Caisse des dépôts. 45 entreprises (dont Irisbus, Keolis, Plastic Omnium, la RATP, Renault Trucks, Sagem, Siemens ou Veolia) sont prêtes à apporter 30 millions d’euros d’investissement sur les 50 que pourrait coûter cet ambitieux projet de recherche et développement. L’administration de cette ville serait confiée à un opérateur, probablement le Lier (laboratoire d’essais Inrets équipements de la route), qui gérerait les disponibilités des infrastructures. La gouvernance pourrait être partagée entre les acteurs du pôle et les organisations représentatives des collectivités. « Pour les industriels, ce sera une magnifique vitrine commerciale permettant de présenter aux villes les systèmes de transport du futur en grandeur réelle », s’enthousiasme le responsable du projet, Valéry Cervantès. Pour les autorités organisatrices (dont le Sytral qui est partenaire du projet), ce serait un espace permettant de s’assurer que les systèmes de transport sont fonctionnels, sûrs et surtout adaptés à la collectivité. Car dans leur fonctionnement quotidien, les systèmes de transports en commun en site propre (TCSP) sont souvent bloqués par de petits détails qui échappent à leurs concepteurs. Pas si évident de faire en sorte que les bus prioritaires aux feux ne bloquent pas la circulation automobile si leur cadence est inférieure à 3 minutes ? Compliqué de veiller à ce que les embouteillages n’empêchent pas le passage des bus dans les ronds-points ? Faut-il garder des bandes communes et laisser les vélos ralentir les bus ? La plupart des expérimentations de la ville du futur s’articuleront autour de la place qu’occupent les différents modes de transport sur la voirie. Avec un constat de base : la ville est préexistante et elle n’est pas extensible, il faut donc remettre à plat le partage de cet espace de voirie. La plupart des expérimentations de cette ville du futur tourneront autour du site propre, qu’il s’agisse du carrefour du futur, du rond-point reconfigurable, de l’aire de livraison intelligente ou de l’arrêt de bus du futur. On attend également une plate-forme intermodale expérimentale pour mieux irriguer la ville et un poste de commande pour y travailler la télématique. Dans un deuxième temps, quand elle aura bien installé ses pôles d’expérimentations sur les transports urbains, la ville du futur ouvrira sans doute ses portes à des thématiques de parking et pourquoi pas à des tests en grandeur réelle de systèmes de péage urbain.
Le carrefour urbain
Il servira à tester les interactions entre les différents véhicules, et celle entre véhicules et infrastructure en vue d’optimiser les flux de transport. L’idée est de tester un guidage de deuxième génération pour les bus et les camions permettant de réduire la largeur des sites propres et de libérer de l’espace sur la voirie par exemple pour les cyclistes ou les piétons. La précision de ces futurs guidages permettra d’engazonner les sites propres des bus comme ceux des tramways.
Le rond-point reconfigurable
Pour éviter que les véhicules ne soient piégés dans les ronds-points, le pôle va tester un rond-point traversant ou reconfigurable. Des signaux lumineux affichés sur la chaussée éviteront qu’en cas de situation embouteillée, les automobilistes ne stationnent sur le trajet d’un véhicule prioritaire.
L’arrêt de bus du futur
Cet arrêt de bus testera la mise en œuvre de solutions de « biberonnage » électriques, qu’il s’agisse du système RATP ou du système Watt. Il sera aussi le lieu d’expérimentation de l’information passagers (zones communicantes, WiFi, branchements) et de la billettique (paiement sans contact évolué).
La station-service de ville
Elle permettra de tester les interfaces avec les énergies du futur, le gaz, l’hydrogène, l’électrique. L’enjeu est de valider et certifier ces systèmes en prenant en compte les problématiques de sécurité.
L’aire de livraison intelligente et la plate-forme intermodale
Les zones de livraison sont souvent peu disponibles. On change la logique : au lieu de laisser les camions livrer en vrac et dans le désordre, on organise le système, on redistribue les biens en amont et on livre ensuite avec des véhicules plus adaptés à la ville. On peut imaginer un « biberonnage » de véhicules électriques le temps que dure le chargement. Le vol des marchandises en ville étant un problème, on étudie également la sécurisation de ces aires, ce qui permettra de ne pas employer une deuxième personne par camion aujourd’hui uniquement chargée de surveiller la marchandise.
Le poste de commande de la ville
On y étudiera les développements de la télématique. L’idée est également de récupérer des banques de données d’informations de PC trafic pour gérer des simulations dans la zone modulaire sur la base de données réelles.
La zone modulaire aménageable
Elle permettra de recréer des espaces existants dans des villes. C’est une sorte de Lego permettant de recréer un carrefour ou une zone urbaine existante et d’évaluer la pertinence de différentes options d’aménagement.
Guillaume LEBORGNE