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Trains de demain : le Railjet va voler au-dessus des frontières
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C’est un avion sans ailes. Avec leur Railjet, les Autrichiens traverseront bientôt l’Europe dans un confort digne des plus hauts standards aériens. Les ÖBB n’en font pas un mystère, leur nouveau train de luxe, commandé à 67 unités (469 voitures), doit leur permettre de prendre des parts de marché au trafic aérien intra-européen dès 2009 et de devenir le spécialiste du voyage transfrontalier haut de gamme, lorsque le trafic de trains internationaux sera ouvert à la concurrence en 2010. « Même à vitesse classique (150 km/h), le train reste compétitif par rapport à l’avion sur des distances de 700 à 800 km », assure Hanns-Dieter Adam, responsable du projet Railjet chez Siemens. Rame réversible tractée par une locomotive Taurus, le Railjet fait bien mieux, il peut atteindre les 230 km/h. Avec cette première application de sa gamme Viaggo Confort, Siemens mise sur un design haut de gamme inspiré du transport aérien. Les trois classes à bord correspondent à celles des avions intercontinentaux : Premium, première, et classe économique. Dans la conception, le constructeur allemand a voulu mixer la flexibilité d’une voiture interrégionale et le confort d’un train à grande vitesse. « Nous voulions une configuration à unités multiples pour pouvoir donner au train une longueur et des configurations adaptables en fonction des trajets et des saisons », précise Hanns-Dieter Adam. Dans le train, les surfaces vitrées, les tables teintées vert-absinthe et les habillages boisés donnent une image soignée et lumineuse. Le Railjet est particulièrement accessible : doté d’un ascenseur pour les fauteuils roulants, entièrement escamotable dans la porte du train, il propose dans chaque voiture un espace handicapés avec un siège rentrant pour laisser sa place au chien d’aveugle. En principe, le Railjet comprendra une voiture Premium, une première, une “bistro” et quatre voitures économiques (dont une équipée d’un espace famille), en tout, 408 places. Les tarifs de la première seront de 25 % supérieurs à la classe économique et de 100 % pour la classe Premium. Dans la classe Premium, la cible est le très haut de gamme. « Nous avons le sentiment qu’il existe un marché au-dessus de la première classe ferroviaire », explique Hanns-Dieter Adam. Entièrement modulable, le siège Premium est inspiré des sièges de première classe de l’aérien, il offre au passager beaucoup d’espace. Les nombreuses fonctions du siège se commandent sans moteurs électriques incorporés, ce qui est « plus sûr en matière de maintenance », estime Siemens. La voiture première est équipée de sièges en cuir, émanations (plus large : 55 cm contre 50) des sièges de l’ICE et du Velaro. Dans la voiture bistro, la restauration est assurée par Meinl, le fameux cafetier viennois. « Ce partenariat contribue à l’image haut de gamme de l’ensemble du train », glisse Hanns-Dieter Adam. Vient enfin la classe économique, que l’on ne refuserait pas comme 1re classe dans beaucoup d’autres trains. Son siège est très compact et peu encombrant, ce qui permet de ménager une place confortable pour les jambes. Les espaces bagages ont été placés au milieu de la voiture : « Les passagers ne sont pas tranquilles quand leurs valises sont proches des portes », justifie Hanns-Dieter Adam. Un espace aménagé en amphithéâtre permet aux enfants de regarder des dessins animés. Cet espace est soigneusement insonorisé pour que le son ne vienne pas troubler la quiétude des autres voyageurs. Tout le train est d’ailleurs organisé en petits compartiments pour en améliorer l’acoustique et le côté “cosy”. Enfin, Siemens a optimisé le nombre de fenêtres : dans le train, très peu de sièges n’ont pas accès au paysage. « Eh oui ! insiste Hanns-Dieter Adam, l’idée est d’attirer les gens qui prennent leur voiture et de leur offrir des compensations pour leur “individualité” perdue. »
Guillaume LEBORGNE