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Avec Obama, le train fait son come-back
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Le 4 novembre aura été une journée historique. Pas seulement parce que les Etats-Unis ont élu le premier président noir de leur histoire. Mais également parce que tout au long de cet “election day”, les électeurs américains ont esquissé un nouveau rapport de force sur les questions environnementales. Au fil des scrutins, l’Amérique pétrie de certitudes, incarnée par George Bush, s’est effacée, laissant sa place à une autre Amérique, résolue à miser sur les énergies renouvelables pour affronter la crise énergétique.
L’élection de Barack Obama à la Maison-Blanche et la poussée démocrate au Congrès participent de cette même dynamique. Tout comme ce référendum local que nous aurons l’occasion d’étudier en détail dans ce dossier. Fort de 52,3 % des scrutins, l’Etat de Californie s’apprête à débloquer une enveloppe de 9,95 milliards de dollars pour se doter du premier train à grande vitesse du continent. Après deux mandats, marqués par un sous-financement d’Amtrak et un refus catégorique d’investir sur le réseau, c’est bien une nouvelle ère qui s’ouvre aux Etats-Unis.
L’ entourage néoconservateur de George Bush considère, en effet, que le transport ferroviaire n’a pas vocation à être subventionné. Menacé de démantèlement, pris au piège entre la nécessité d’équilibrer ses comptes et sa vocation d’aménagement du territoire, l’opérateur public, Amtrak, a connu huit années de contrition, quand bien même – prix du pétrole oblige – ses trafics s’envolaient.
Barack Obama, à l’inverse, est bien plus ouvert que ses prédécesseurs sur toutes les questions ferroviaires. Contrairement au site Internet de John McCain, désespérément muet sur la question, celui du président élu promet une réforme pour Amtrak, des investissements sur le réseau et des ressources pour les lignes à grande vitesse. Le 29 septembre, en plein cœur de la campagne, il a par ailleurs voté pour le “Rail Safety Bill”, une loi qui dégage plusieurs milliards de dollars de crédits pour Amtrak. Quant au futur vice-président, Joe Biden – dont le fils siège au conseil d’administration d’Amtrak –, il se présente comme un “commuter”, un utilisateur régulier du rail. Par rapport aux précédentes administrations, le changement de ton est majeur.
Même son de cloche du côté du Congrès américain. En dégageant une nette majorité démocrate à la Chambre des représentants et au Sénat, les électeurs américains ont garanti au transport ferroviaire un climat politique plus serein. En tout cas moins hostile. Une association s’est récemment félicitée du non-renouvellement de sept parlementaires sur les « douze salopards » identifiés comme des adversaires systématiques des énergies renouvelables. Certes, le Congrès américain s’est pas rempli de militants écologistes pour autant. Mais pour faire contrepoids aux lobbies routier et aérien, toute une nuée de lobbyistes prorail gravite désormais autour de Capitol Hill. Des propositions de lois très ambitieuses commencent à voir le jour. Rien ne garantit qu’elles se traduisent toutes par des lignes de crédit, surtout en temps de crise, mais l’intention est bien là. Au niveau institutionnel, toutes les pièces du puzzle sont en place pour permettre un grand retour du transport ferroviaire sur le devant de la scène.
Guillaume KEMPF