Vélib’ : le Val-de-Marne change de braquet

Pendant longtemps, dans le Val-de-Marne comme dans beaucoup de départements, les élus se sont contenté de respecter la loi sur l’air votée en 1996. Les aménagements cyclables étaient réalisés au gré des travaux de voirie ou d’implantation de TCSP. Le premier déclic a été l’adoption d’un schéma départemental des itinéraires cyclables en 2002, qui définissait un réseau « idéal » de 450 km de pistes, sans toutefois fixer de calendrier. Pendant quelques années, ce document est resté au chaud dans les cartons. Le chantier a été relancé en 2006 à l’occasion de « Val-de-Marne Objectif 2020 », une démarche visant à appréhender les grands enjeux d’aménagement pour les quinze ans à venir. Suite à cette réflexion, le département a recruté un chargé de mission circulations douces et a révisé le schéma départemental d’itinéraires cyclables. Dix-neuf itinéraires jugés prioritaires et structurants ont été définis, et une date a été fixée. Le réseau doit être totalement opérationnel d’ici 2020.
Pour ce faire, le département a décidé de débloquer des crédits en plus des sommes attribuées aux projets mis en œuvre dans le cadre des rénovations de voie urbaine et de mises en place de TCSP. En deux ans, le budget consacré aux aménagements cyclables est passé de 700 000 à près de 4 millions d’euros. Le conseil général finance des aménagements sur le réseau départemental mais aussi communal, à condition que les itinéraires correspondent à ceux définis dans le schéma départemental. Si ce sont des tronçons faisant partie des 19 itinéraires prioritaires, la subvention est encore plus conséquente. L’aide financière s’accompagne aussi d’une aide technique. « Certaines villes n’ont pas une expertise suffisante en interne. Certains techniciens ne connaissent pas très bien les recommandations et la réglementation, explique Cyrille Campana, le Monsieur Vélo du conseil général du Val-de-Marne, qui observe tout de même un intérêt croissant dans les villes. Nous essayons de les accompagner, d’enrichir les dossiers que nous instruisons, pour que les aménagements soient les plus sécuritaires possibles. Nous les conseillons aussi sur d’autres sujets comme le stationnement. »
La politique cyclable du Val-de-Marne ne se réduit pas à l’aménagement d’itinéraires. « Les élus ont fixé comme objectif de faire passer la part modale du vélo de 0,7 % à 5 % d’ici 2020, note Cyrille Campana. Cela suppose d’agir sur tout ce qui freine le développement de la pratique du vélo. » La mise en place d’une signalétique dédiée a commencé. Le conseil général s’est engagé à jalonner trois des itinéraires prioritaires en 2009 puis deux par an. Des subventions sont attribuées aux villes pour qu’elles implantent des arceaux sur leur territoire. Une étude a aussi été commandée pour déterminer quels services complémentaires pouvaient être mis en place pour encourager le report modal. « Il s’agit notamment de voir si la mise en place d’un système de VLS est pertinente dans les communes qui ne sont pas desservies par Vélib’, explique Cyrille Campana, mais aussi d’envisager la mise en place de systèmes de location longue durée, d’abris sécurisés ou de vélostations avec, par exemple, des services de réparation. »
 

Nicolas REYNAUD