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Octopus à Hongkong : tentaculaire !
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19 millions de cartes en circulation, 10 millions de transactions par jour, représentant une valeur moyenne de 85 millions de HKD (environ 8 millions d’euros)… Ses promoteurs, les principaux opérateurs de transports publics de Hongkong, MTR, l’exploitant du métro, en tête, n’hésitent pas à affirmer que la carte Octopus, lancée en 1997, constitue le système de paiement dématérialisé le plus utilisé au monde. Principale explication : cette carte NFC (technologie Felica de Sony) est devenue à partir de 2000 multi-usage, débordant largement les transports, son champ d’application d’origine. Des supermarchés aux piscines, des fast-foods aux parkings… plus de 2 000 prestataires en tout genre se sont accrochés aux tentacules de la petite pieuvre.
Prophète en son pays et ailleurs, Octopus a séduit plusieurs opérateurs étrangers. Octopus Knowledge, filiale internationale d’Octopus Cards Ltd (OCL), la JV exploitant le système, a ainsi exporté aux Pays-Bas son logiciel de clearing et plus largement son savoir-faire pour la mise sur pied et l’exploitation du système OV-Chipkaart exploité par Trans Link System. De même, la Road and Transport Authority de Dubaï a-t-elle confié à Octopus Knowledge le soin de créer sa carte de transport multimodal. En Chine également, les perspectives de développement sont importantes, en particulier dans la zone proche du delta des Perles. L’intégration progressive des modes de transport de la région, avec notamment la construction d’un pont entre Hongkong, Zhuhai et Macao et d’une liaison ferroviaire express entre Hongkong et la gare TGV de Canton, rend de plus en plus pertinente une intégration parallèle des moyens de paiement. D’où un récent accord entre Octopus et le système équivalent de Shenzhen, Shenzhen Tong, en vue d’étudier les possibilités de coopérer, voire même… de fusionner.
Le système Octopus ne restera cependant compétitif qu’en s’adaptant aux évolutions technologiques en cours. Il s’agit en particulier d’établir des synergies avec d’autres instruments et fonctionnalités. En 2008, Citybank et OCL ont lancé une carte de crédit intégrant les propriétés d’Octopus. Dans un autre registre, les utilisateurs du réseau mobile PCCW peuvent, depuis le début de l’année, consulter sur leur portable, grâce à un lecteur ad hoc, le relevé des dix dernières opérations de leur carte Octopus. Le même service devrait être étendu à Internet, outil par ailleurs envisagé pour le rechargement de la carte, en complément des apports en espèces et des transferts bancaires, automatiques ou via automates, cette dernière modalité ayant connu un dysfonctionnement majeur en 2007, lorsque des montants importants furent débités des comptes des usagers sans être crédités sur leur carte.
La puce d’Octopus bondira-t-elle un jour de son rectangle de plastique à un téléphone portable ? Chez OCL, on se déclare « ouvert à tout ce qui peut améliorer le service à l’usager. » Le problème est peut-être moins technique que juridique : depuis qu’elle est devenue multi-usage, la carte Octopus relève expressément de la législation bancaire, tandis qu’OCL opère sous licence spéciale de la Hong Kong Monetary Authority (HKMA.) Cette dernière ne validera un nouveau médium que s’il fait preuve de sa parfaite fiabilité.
François BOUCHER