Le multiservice entre en gare dans le Rhône-Alpes

La région Rhône-Alpes a pris de l’avance. Fin janvier, elle a lancé avec la SNCF un appel à projet groupé pour l’implantation en gare d’activités commerciales, associatives ou libérales. « L’objectif de l’appel à projet est de revitaliser les gares, d’améliorer le sentiment de sécurité et l’ambiance, et surtout de répondre à la demande croissante des clients, nombreux à souhaiter trouver des services en gare », explique Bruno Mercader, le directeur adjoint TER Rhône-Alpes à la SNCF. Il vient de recevoir, deux mois après, les dossiers de candidatures. Reste à les dépouiller.
On sait déjà que sur les 14 gares retenues pour accueillir ces nouvelles activités sous le label « Point TER » (Die, Luc-en-Diois, Saint-Chamond, Villefranche-sur-Saône, Saint-Etienne-Carnot, Belleville-sur-Saône, La Tour-du-Pin, Chasse-sur-Rhône, Estressin, Thonon-les-Bains, Saint-Gervais-les-Bains-Le Fayet, Voiron, Roanne, Lyon-Saint-Paul, représentant un total de 2 300 m2 de surface), une dizaine de sites ont fait l’objet de propositions. « Un site a un peu moins accroché l’attention des entrepreneurs : celui d’Estressin. Sans doute car il est un peu isolé », précise Bruno Mercader.
Les propositions des candidats potentiels sont essentiellement axées sur les boutiques multiservices, qui proposent à la fois restauration rapide, épicerie, presse ou point-relais colis ou pressing. « C’est la dominante », résume Bruno Mercader. Des suggestions plus originales ont été formulées. Dans le secteur de la Drôme, des associations proposent d’installer des activités basées sur la vente de produits locaux, comme l’installation d’une « Maison de la lavande » ou d’une « Maison de l’apiculture ». A Thonon-les-Bains, une représentation de la chambre de commerce voudrait avoir une vitrine de valorisation du tissu commercial local. A Lyon-Saint-Paul, l’installation d’une boutique de location de vélos est proposée. A Roanne et à Chasse-sur-Rhône, en plus des vélos, un entrepreneur souhaiterait aussi louer des voitures électriques. Et une association propose de monter des « microcrèches » dans plusieurs gares de la région. Ce dossier nécessite un examen plus poussé, en raison des conditions de sécurité et d’aménagement très strictes qui entourent toute création de crèches.
« Nous avons atteint notre objectif. Nous avons beaucoup de créateurs d’emplois. Mais nous pensions que d’autres partenaires plus expérimentés se présenteraient, comme par exemple des franchisés de grandes chaînes. Nous avons pourtant communiqué sur cette opération par des insertions dans la presse, des informations en gare ou via des articles dans les journaux. Nous sommes étonnés par le manque de réactivité des grandes enseignes », regrettent les responsables du projet, qui se donnent maintenant deux mois pour analyser les propositions, site par site. Fin juin, les premiers jurys se réuniront pour choisir les projets qui répondent le mieux aux besoins. Un jury est composé d’un représentant du conseil régional, autorité organisatrice des TER, d’un représentant de la ville, de l’agglomération et de la SNCF.
Si tout se passe bien, les projets les plus faciles à lancer pourraient voir le jour début 2010. La SNCF estime que le coût moyen d’un projet pourra aller de 50 000 à 100 000 euros. Au total, l’investissement devrait représenter plus d’un million d’euros sur deux à trois ans. Il sera soit totalement pris en charge par la SNCF si c’est une activité commerciale traditionnelle, soit cofinancé par la région s’il s’agit d’un projet associatif.
La SNCF devrait rentrer dans ses frais grâce aux loyers, fixés sur la base du prix de marché. « Si un projet apporte un service important aux voyageurs, nous pourrons diminuer le prix du loyer », précise Bruno Mercader. « Notre but n’est pas de gagner de l’argent. Mais avant tout de rendre des services aux clients. Nous voulons aussi mieux intégrer les gares aux villes. C’est pour cela que les collectivités locales sont associées. Et plus tard, peut-être, les recettes générées par les loyers pourront être utilisées pour améliorer l’entretien des gares ».
 

Marie-Hélène POINGT