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Marmaray, un tunnel sous le Bosphore
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C’est l’un des projets les plus importants au monde. Si l’idée date de… 1860, les premières études de faisabilité sont beaucoup plus récentes, puisque c’est en 1987 qu’elles sont faites. La décision de poursuivre par des études détaillées est prise en 1995. Concrètement, il s’agit d’un projet de 76 km, dont 1,4 km de tunnel antisismique sous le Bosphore, à 60 m sous le niveau de la mer. S’y ajoutent 12,2 km de tunnels d’approche et 63 km de lignes ferroviaires en surface à moderniser entre Halkali, sur la partie européenne (19,6 km), et Gebze, en Anatolie (43,4 km). Objectifs : connecter l’Europe et l’Asie selon les standards de l’Union européenne – le projet s’inscrit dans la continuité des constructions de lignes entre Ankara et Istanbul et Kars et Tbilissi – mais aussi proposer à la région d’Istanbul une sorte de RER.
Conçu comme la colonne vertébrale du système de transport de la capitale industrielle du pays, le projet Marmaray offrira en effet une desserte voyageurs grande lignes, mais aussi urbaine et périurbaine. Pour ce faire, trois voies : deux destinées au réseau de banlieue de grande capacité (« Commuter Rail System »), la troisième utilisée par le trafic longue distance, les trains intercités et le fret. Marmaray est donc dimensionné pour une capacité de 75 000 voyageurs par heure et par sens, soit un million par jour, ce qui impliquera de réserver le tunnel au trafic banlieue durant la pointe (entre 6 et 9 h et entre 16 et 19 h). On prévoit un intervalle entre les trains de 2 à 10 min aux heures d’affluence.
Le projet Marmaray a été divisé en trois parties. La première, c’est la réalisation du tunnel, des tunnels d’approche et de trois gares souterraines, confiée en 2004 à un consortium turco-japonais (Taisel, Kumagai, Gama et Nurol). La deuxième, la reconstruction des 63 km de voies (650 millions d’euros) ainsi que la rénovation de quelque 37 gares existantes, est en cours de réalisation par le consortium Alstom (leader), Dogus et Marubeni, sélectionné en 2007. La part du Français représente 120 millions d’euros pour la fourniture de la voie, l’électrification, la signalisation et la coordination de l’ingénierie système. La troisième, la fourniture de matériel roulant périurbain (440 unités). Un contrat attribué en novembre 2008 pour 580 millions d’euros : c’est Hyundai Rotem qui devra livrer les voitures entre 2011 (160) et 2014.
En 1999, un accord de financement avait été signé entre la République de Turquie et la Japanese Bank for International Cooperation (JBIC) sur 35 % des coûts de ce projet pharaonique évalué à 3,2 milliards de dollars. Les travaux ont débuté en mai 2004 et l’achèvement est prévu en 2012. Les prévisions du ministère des Transports turc (DLH) sont ambitieuses, puisqu’il s’agira de faire passer la part du rail dans les déplacements de la région d’Istanbul de 3 % à 27 %…
Cécile NANGERONI