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L’Hérault prépare le premier car à haut niveau de service

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Retenu dans la liste des projets cofinancés par l’Etat au titre du Grenelle, le futur car à haut niveau de service Lodève – Clermont-l’Hérault – Gignac – Montpellier (51 km) sera une originalité dans le paysage français du transport. Prévu pour une mise en service en 2015, ce CHNS est porté par le syndicat mixte Hérault Transports, qui réunit le conseil général et les agglomérations du département, pour une enveloppe de 15 millions d’euros. L’Etat offre une aide de plus de 2 millions d’euros.
Sur ce budget d’investissement qui équivaut au quart du budget de fonctionnement annuel d’Hérault Transports, la plus grosse tranche (12 millions d’euros) sera consacrée à la réalisation d’une première en France : la création sur 4,5 km d’une voie bus axiale par élargissement de deux à trois voies de la chaussée entrante de la RN109 vers Montpellier, à hauteur de Juvignac. Cette voie protégée sera réservée aux autocars arrivant à Montpellier et, si la législation évolue, au covoiturage. Les deux autres voies réservées bus sur routes à chaussées séparées (Grenoble et Strasbourg) sont situées sur la bande d’arrêt d’urgence.
Il s’agit de répondre à l’engorgement croissant de cet aboutissement de l’autoroute A750, qui dessert la zone Cœur d’Hérault et dont le trafic croît de 4,5 % par an, en favorisant le transport public. Le temps de parcours moyen de ces derniers kilomètres d’entrée de Montpellier était en 2008, pour les autocars d’Hérault Transports, de 9 minutes 30 secondes. Il devrait, sans aménagement, bondir à 15 mn en 2018. La voie axiale permettra de diviser par trois le temps actuel, à 3 mn 18 s.
Trois autres millions d’euros seront consacrés à l’aménagement de trois pôles d’échanges au moins au nord du CHNS, entre cars, vélos, automobiles, voire, selon le souhait de Jean-Marcel Castet, délégué aux transports au conseil général de l’Hérault (PS) et vice-président d’Hérault Transports, « aux lignes de transport à la demande, qui permettraient d’irriguer au meilleur rapport coût/service les zones moins peuplées ». Ces trois pôles seront situés à Gignac, Clermont-l’Hérault et Lodève. Ils offriront chacun entre 50 et 150 places de parking auto, des garages à vélos, des quais d’embarquement et des zones d’attente.
Le projet comporte un important volet exploitation, avec un système d’aide à l’exploitation (0,6 million d’euros) destiné à réguler une offre qui sera doublée, atteignant, sur la section Gignac – Montpellier (25 km) une fréquence de 5 mn en heures de pointe et 30 mn en heures creuses, avec une fin de service portée de 20h à 23h. Ce bond sera favorisé par l’amélioration de la productivité permise par la section protégée : les 25 km Gignac – Montpellier devraient être parcourus à la vitesse commerciale moyenne de 55 km/h, « un chiffre exceptionnel dans le transport départemental routier », relève Olivier Renard, directeur des études chez Hérault Transports, porteur du projet. Le budget de fonctionnement sera quant à lui augmenté de 2,5 millions d’euros par an, soit une hausse de 60 % pour une offre plus que doublée.
L’autre caractéristique de ce CHNS est qu’il sera greffé à l’entrée de Montpellier sur la station Mosson, commune aux lignes 1 et 3 de tramway. « Montpellier est une des rares villes à avoir prévu des jonctions de deux lignes de tramway en périphérie », relève Jean-Marcel Castet, par ailleurs vice-président de TAM, l’exploitant du réseau urbain montpelliérain. Une aubaine pour ce CHNS qui, par ce fait, « permettra d’atteindre 60 % des destinations intramontpelliéraines avec la seule rupture de charge de la Mosson », se félicite Régine Dautrey, directrice générale de Hérault Transports. « Lorsque nous avons proposé ce projet au ministère, chaque préambule des deux dossiers (CHNS et ligne 3 du tramway) appelait l’autre », relève Olivier Renard. En 2015, 4 500 voyageurs sont attendus chaque jour sur ce CHNS. « Je ne connais pas de réseau départemental qui offrira une fréquence telle, qui équivaudra à un bus pour deux tramways à La Mosson », conclut Jean-Marcel Castet.
Michel Gabriel LÉON