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A Lyon, Car2go promet de révolutionner l’autopartage

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Car2go débarque dans la ville de Vélo’v, pionnière du VLS, avec un nouveau modèle d’autopartage sans équivalent en France. « Ça a marché sur deux roues, ça marchera sur quatre roues en respectant le même principe que pour le vélo : ne pas contraindre l’utilisateur et miser sur la liberté », explique Philippe Guillemot, directeur général d’Europcar. Une liberté totale, bien au-delà de Vélo’v, puisque Car2go repose sur le principe du one way, ou aller simple, mais sans stations, comme les 340 qui ont été implantées pour Vélo’v. « La station, c’est la ville », dit Gérard Collomb, maire de Lyon. Car2go mettra à disposition des conducteurs 200 voitures Smart Fortwo qui stationneront sur la voirie comme n’importe quel véhicule particulier. A la disposition immédiate des conducteurs, à une condition : l’utilisateur doit s’inscrire une fois pour toutes au service Car2go, ce qui lui donnera droit à une carte de membre avec un code confidentiel. Pour disposer d’une voiture, il passe sa carte sur le lecteur situé sur le pare-brise qui permet de déverrouiller les portes. Sur l’écran du tableau de bord, il suffit de composer le code et de répondre à deux questions sur l’état du véhicule et de l’habitacle. La manœuvre libère la clé sur le tableau de bord, le conducteur peut alors démarrer et prendre la route. Arrivé à destination, il lui suffira de garer la voiture sur une place libre, sans autre formalité, et d’éteindre le moteur. A l’arrêt, le temps d’utilisation est comptabilisé immédiatement pour permettre de régler la location par prélèvement direct sur la carte de crédit du conducteur.
Aujourd’hui, les tarifs lyonnais sont encore en cours d’étude, mais ils devraient approcher ceux pratiqués en Allemagne, soit 0,29 euro la minute, incluant assurance, stationnement et essence. Un système souple et simplifié à l’extrême, dont les promoteurs vantent aussi l’économie par rapport au coût de possession d’une voiture. In fine, l’utilisateur devrait débourser environ six euros (éventuellement partagés par un passager) pour un trajet de 22 minutes, durée moyenne constatée à Hambourg, et 15 euros par l’heure, auxquels s’ajoute le coût unique d’inscription à Car2go (29 euros). La souplesse du système tient aussi à ses modalités de location simplifiée et géolocalisée : grâce au GPS, le smartphone de l’utilisateur reste le moyen privilégié pour repérer la Smart la plus proche du lieu où il se trouve.
Les Lyonnais vont donc découvrir Car2go vers mi-janvier 2012, trois ans après le lancement en mars 2009 d’une formule qui a fait ses preuves en Allemagne (à Ulm et Hambourg), aux Etats-Unis (Austin) et au Canada (Vancouver). « Un succès », selon Marcus Spickermann, directeur financier de Car2go, qui rappelle que le concept est « un dispositif innovant majeur dans le développement de Daimler ». Selon lui, la formule à succès est adaptée à une population de plus en plus urbanisée et dont la composante la plus jeune – les 18-30 ans – préfère majoritairement l’utilisation à la possession d’une voiture. Aujourd’hui, la société dispose d’une flotte de 1 100 Smart Fortwo qui ont déjà été utilisées par 45 000 clients, représentant 900 000 trajets. 90 % des conducteurs laissent la voiture une fois arrivés à destination, sans revenir à leur point de départ. Globalement, le périmètre urbain intra-muros restreint et la densité du réseau de véhicules permettront d’assurer dans de bonnes conditions l’autodistribution des Smart sur le territoire lyonnais.
Les 200 Smart (contre 300 initialement) qui seront lancées à Lyon sont des véhicules essence à vitesse automatique, équipés d’un dispositif Stop and start, à faible émission de CO2 (90 g/km). En revanche, les panneaux solaires prévus sur le toit sont abandonnés pour des raisons de rentabilité. Le réseau devrait être développé en fonction de la demande, ce qui ne fait aucun doute pour Gilles Vesco, adjoint aux nouvelles mobilités de Lyon, accro à ce « one way absolu en mode digital qui a réussi en Europe et aux Etats-Unis ».
Claude Ferrero
Car2go en bref
– Inscription : sur le site internet de Car2go et dans les agences d’Europcar. Les formalités sont identiques à celles d’une location de voiture dans les agences commerciales. Avec en plus un code pour disposer d’une voiture et payer la course.
– Loyer : Car2go paie à la ville de Lyon un droit de stationnement de 70 euros par mois et par véhicule.
– Actionnaires : Car2go est filiale de Daimler et Europcar, actionnaires variables selon les villes (respectivement 25 % et 75 % à Hambourg).
-Développement : mars 2009 : lancement à Ulm, Allemagne (200 véhicules). Novembre 2009 : Austin, Etats-Unis (200 véhicules). Mars 2011 : extension à 300 véhicules à Ulm et Austin. Avril 2011 : Hambourg, Allemagne (300 véhicules). Juin 2011 : Vancouver, Canada (225 véhicules). A venir : Amsterdam, Pays-Bas (300 véhicules électriques), Lyon (200 véhicules), San Diego, Etats-Unis (300 véhicules électriques).
C. F.
Autolib’ Lyon, l’autopartage historique accélère son développement
Car2go va-t-il doubler Autolib’ ? « Les deux systèmes fonctionnent différemment et vont perdurer », a rassuré Gérard Collomb lors de la présentation de Car2go. Premier système d’autopartage à Lyon, l’historique Autolib’, lancé sous forme associative en 2003, a été repris en 2008 par la Sem Lyon Parc Auto (LPA) qui lui a donné de nouveaux moyens pour se développer. Mieux, LPA, contrôlé par Lyon et le Grand Lyon, annonce à son tour un plan ambitieux avec la création de 14 stations de surface, en plus des 23 stations en parking souterrain. En même temps, la flotte de véhicules passe de 70 à 100 voitures, dont plusieurs hybrides.
Si Car2go vise la location de très courte durée intra-muros, Autolib’ loue en priorité des véhicules 4 places pour plusieurs heures sans limite de périmètre géographique. « Les deux systèmes n’ont pas les mêmes clientèles, qui n’ont pas les mêmes besoins et qui effectuent des parcours différents », analyse Gilles Vesco, adjoint aux nouvelles mobilités de la ville de Lyon. Cet administrateur de LPA est aussi un ardent défenseur… du one way proposé par Car2go et d’un dispositif privé qui ne coûte(ra) rien à la ville. A la différence d’Autolib’, qui a essuyé les plâtres de l’autopartage d’intérêt général, et affiche (encore ?) environ 100 000 euros de déficit pour un chiffre d’affaires avoisinant 800 000 euros réalisé avec plus de 1 600 abonnés aujourd’hui.
C. F.