Spécial formation. Les formations qui ouvrent les portes

… la demande est forte pour certains profils (en particulier les conducteurs) et la pyramide des âges est vieillissante, ce qui doit profiter aux jeunes diplômés.

Lorsqu’on s’apprête à pénétrer l’univers des transports, la première chose à faire est de chercher une bonne carte. Un document qui permette de s’orienter dans un univers dont les extrêmes sont la logistique et l’ingénierie de pointe. Entre les deux, il existe une infinité de métiers avec des opportunités plus ou moins grandes, des besoins fluctuants selon les années.
Si l’on se réfère aux derniers chiffres connus,  après une année 2012 en recul, 2013 montre une embellie : les effectifs du transport routier sont légèrement repartis à la hausse. Avec 654 730 salariés, la progression s’élève à 0,2 %, selon l’Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique (OPTL). Ce qui représente une création nette de 1 600 emplois. Cette reprise s’explique par la bonne santé du transport de voyageurs qui a connu la plus forte hausse d’effectifs : +2,9 %, suivi par le transport sanitaire (+2 %) et les prestataires logistiques (+1,5 %). 
En revanche, le tableau est plus sombre pour le transport routier de marchandises. Plus important employeur de la branche avec 332 602 salariés, il a perdu près d’un millier d’employés sur un an (–10 % d’embauches). Les jeunes sont les premiers touchés, avec un recul de 16 % du nombre de recrutements pour les moins de 30 ans. « La pyramide des âges du secteur est en érosion constante depuis de nombreuses années déjà », précise Michel Chalot, président de l’OPTL.
L’OPTL ne prend toutefois en compte que le transport interurbain et le transport routier de marchandises. Il n’inclut ni le secteur ferroviaire, ni le transport urbain de voyageurs, qui sont également de gros pourvoyeurs d’emplois. Si la pyramide des âges est également vieillissante dans les transports urbains, ce serait plutôt une bonne nouvelle pour les nouveaux diplômés. « Chaque année, le transport urbain effectue près de 2 600 recrutements, dont environ 500 créations de postes. Les départs en retraite sont la première explication à ces volumes de recrutements”, détaille Benoît Juery, directeur des affaires sociales de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP).
Principal besoin du secteur : la conduite.  « Dans le transport urbain, 65 % des recrutements concernent les métiers de conduite et 34 % ceux de la maintenance et de la technique », ajoute Benoît Juery. 
Plusieurs voies d’entrée sont possibles, et certaines professions sont largement ouvertes à des jeunes sans qualification à partir du moment où ils font preuve de motivation. Reste une tendance perceptible ces dernières années : les employeurs se montrent de plus en plus exigeants, et pour maximiser ses chances de décrocher un emploi, mieux vaut présenter plus de diplômes que le minimum requis. Pour devenir conducteur d’autobus, par exemple, il existe plusieurs possibilités : être détenteur d’un permis B et la Fimo (Formation initiale minimum obligatoire) ou bien posséder un titre professionnel et un CAP. 
Côté universités, les diplômes sont de plus en plus professionnalisants. Et les liens avec les entreprises se renforcent. 
La formation continue est aussi un enjeu croissant. Des formations réalisées en interne permettent aux salariés d’être plus performants mais aussi de booster leurs carrières. 
Enfin, il faut prendre en compte l’évolution constante de la législation. Cette année encore, la création d’un « portefeuille formation » va changer la donne. « Dans les transports nous concernant, plusieurs indicateurs vont dans le sens d’une augmentation de la formation continue », explique Maxime Dumont, vice-président de l’OPTL. « Le recours aux intérimaires a chuté ces dernières années, le taux de CDI dans les entreprises de transport est très élevé et enfin la progression du nombre de personnes certifiées est en phase avec l’évolution des emplois. Conséquence : le recours au droit individuel à la formation (Dif) a augmenté de 34 % en un an. » La nouvelle mouture de ce droit, le fameux « portefeuille formation » sera valable à vie. De quoi pousser toujours plus de personnes à monter en gamme dans leurs qualifications. Parce qu’un diplôme précisément adapté à son projet reste la meilleure boussole pour s’orienter dans le monde complexe des métiers des transports.
Julien SARTRE
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Les chiffres clés du secteur en 2013

100 000 salariés dans le transport public urbain (50 000 en région parisienne, 50 000 en province).
655 000 salariés dans le transport routier et la logistique. Ces chiffres recouvrent des métiers aussi divers que les chauffeurs de poids lourds, les ambulanciers et les convoyeurs de fonds par exemple.
2 600 recrutements effectués dans les transports publics urbains (France entière).
65 % de ces recrutements concernant des métiers liés à la conduite.
34 % de ces recrutements concernent la maintenance et la technique
47 % de conducteurs de bus effectuant des trajets scolaires.
16 % : évolution négative des embauches de personnes âgées de moins de 30 ans recrutées dans les transports pour compte d’autrui. 
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En pratique

Conditions d’admission : Bac+2, sur dossier et entretien de motivation
3 voies d’obtention de la licence : formation initiale, continue ou alternance (en contrat de professionnalisation)
5 unités d’enseignement (462 heures sur deux semestres) : environnement et communication, gestion, production, management et projet tutoré, stage de 14 semaines + mémoire et soutenance
Frais de scolarité : droit d’inscription à l’université 400 euros.
Métiers visés : responsable planning, technico-commercial, chargé de méthode exploitation, chef d’équipe transport, chargé de production
Salaires des récents embauchés : entre 1 700 et 2 100 euros nets par mois.
IUT de Tourcoing, université de Lille 3 : www.iut.univ-lille3.fr

 

Lille 3 La licence transports urbains forme des pros de l’exploitation

Depuis dix ans, la licence professionnelle « Transports de voyageurs urbains et interurbains » de l’IUT de Tourcoing (Lille 3) forme chaque année une vingtaine de spécialistes des techniques d’exploitation. Une formation très professionnalisante – d’ailleurs accessible également en alternance – qui avait été initialement concoctée conjointement avec Keolis pour répondre au vide de formations spécifiques au secteur. Aujourd’hui, le partenariat avec Keolis Lille se manifeste essentiellement par des stagiaires réguliers. « Les étudiants vont là où sont les opportunités, mais globalement, à peu près la moitié des étudiants font leur stage dans une filiale Keolis, estime Serge Lavigne, responsable du département Gestion, Logistique et Transports, dont dépend la licence professionnelle. Nous avons aussi des enseignements dispensés par des salariés de Transpole ».
Pas forcément séduisant, le secteur des transports est aussi assez méconnu des jeunes. Si bien que les candidats n’ont pas toujours afflué. « Il y a une bonne part de passionnés des transports depuis souvent tout petits, et l’autre gros des effectifs vient des Bac+2 transport ou logistique, qui veulent donner une orientation “voyageur“ à leur cursus », poursuit-il. La filière reste cependant ouverte à tous les profils d’étudiants – Bac+2 de tous horizons – pour peu qu’ils soient capables de présenter un projet de carrière cohérent. Ainsi, bon an mal an, une petite centaine de candidats frappe à la porte de l’IUT, une cinquantaine de dossiers sera retenue puis une vingtaine à l’issue de l’entretien individuel de motivation. La promotion actuelle compte 20 personnes, dont 5 en contrat de professionnalisation. Le taux d’échec au diplôme est d’environ 15 %.
En plus des connaissances techniques – planification de l’exploitation, gestion d’un service public de voyageurs, gestion des risques, normes environnementales etc. – des enseignements sur d’autres aspects comme le marketing, la comptabilité et le management sont au programme. La France compte peu de formations équivalentes, à part les licences pro de l’université de Cergy-Pontoise et de Lyon 2, pourtant le secteur connaît peu la crise. Témoin, la dernière enquête annuelle réalisé par l’université de Lille 3, qui montre un taux d’emploi conséquent : sur les 17 diplômés de 2014, trois poursuivent leurs études en master, deux n’ont pas répondu, les douze autres sont embauchés en CDD ou CDI. La scolarité débute mi-septembre pour s’achever après 462 heures par la soutenance d’un mémoire début juillet. Les candidatures pour la rentrée prochaine sont reçues dès à présent, et c’est peut-être une année importante. « La loi Macron qui ouvre à la concurrence le transport par autocars va encore créer de nombreuses opportunités », juge en effet Serge Lavigne.
Cécile NANGERONI

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Toulouse 1 Le M2 droit des transports s’oriente vers l’aéronautique et la gouvernance

Le master 2 droit de l’entreprise, spécialité droit des transports, de l’université Toulouse 1 a été créé en 2000 par Christophe Paulin, professeur agrégé de droit privé. Il s’est rapidement imposé comme une référence en matière de droit privé des transports (de voyageurs et de marchandises), formant des juristes spécialisés, capables de s’intégrer dans des entreprises de transports ou des cabinets d’avocats.
Le master forme une vingtaine de juristes par an, sélectionnés parmi une centaine de candidats étudiants en droit en fonction de leur motivation et de la cohérence de leurs parcours (options droit des transports appréciées mais pas obligatoires).
Ce master est en train de subir une profonde évolution, sous l’impulsion de son codirecteur Stéphane Mouton, professeur agrégé de droit public. « D’ici la nouvelle validation pour 5 ans par le ministère de l’Enseignement supérieur en 2017, notre master va évoluer vers une spécialité “droit des transports et de l’aéronautique’’, pour être plus cohérent avec l’activité de la région », explique Stéphane Mouton. Le master s’orientera également davantage vers le droit public. « L’offre pédagogique sera renforcée concernant l’action de l’Etat et des acteurs publics qui mènent des projets d’infrastructure, en lien avec des questions d’environnement, d’aménagement du territoire…, précise-t-il. Par rapport à d’autres masters plus spécialisés dans le maritime ou le ferroviaire, nous voulons être davantage identifiés par ces spécialités de droit aéronautique et d’action de l’Etat. »
Le premier semestre de ce master d’un an est consacré aux cours généraux sur les problématiques fondamentales du transport, tandis que le deuxième semestre propose aux étudiants des séminaires avec des professionnels issus de nombreuses entreprises (SNCF, Air France, Extand…) organismes professionnels (UTP, UIC…) ou administrations (DGAC, DRE…). Aux côtés des thématiques de transports classiques (ferroviaire, maritime, voyageur, fret…) s’ajouteront progressivement des séminaires sur la gouvernance publique des transports et le droit de l’aéronautique et du spatial. A partir du mois de mars, les étudiants partent en stage pour trois mois, en France ou parfois à l’étranger.
Le taux d’insertion des étudiants est excellent, tous trouvant un emploi dans les transports dans l’année suivant la sortie. Ils intègrent pour moitié dans des entreprises de transports, pour un quart dans des cabinets d’avocats et pour un quart chez des gestionnaires d’infrastructures (aéroports, RFF, ports…).
Bien qu’ouvert à la formation continue (pour les professionnels avec 3 à 5 ans d’expérience) et à l’alternance, ce master est aujourd’hui suivi majoritairement par des étudiants en formation initiale. « Je voudrais attirer plus de professionnels et je suis en train d’adapter les enseignements de façon à ce qu’ils puissent bénéficier de notre formation », signale le codirecteur.
Le coût du master ne dépasse pas celui des frais universitaires (261 euros). « Nous mettons un point d’honneur à être dans une logique de service public et d’excellence, souligne Stéphane Mouton. Mais nous devons nous battre pour obtenir de la taxe professionnelle de la part des entreprises. »
Catherine SANSON-STERN
 

Aftral et Promotrans dominent le marché

Ce sont les deux grands organismes de formation du secteur, chacun avec ses spécificités. Ils interviennent surtout sur la formation continue. 
 

Le leader de la formation dans le secteur, Aftral, mise sur le développement du e.learning

Depuis le 1er janvier, les activités de formation l’AFT-Iftim ont pris le nom d’Aftral, contraction d’Apprendre et se former en transport et logistique.
C’est l’aboutissement de la séparation des activités de formation continue de l’AFT-Iftim et de l’AFT, décidée par les pouvoirs publics à travers l’application de la réforme sur la formation professionnelle initiée il y a une dizaine d’années.
L’AFT (Association pour le développement de la formation professionnelle dans les transports), créée en 1957, et l’IFTIM (Institut de formation aux techniques d’implantation et de manutention), créé en 1963 par les sociétés qui exerçaient des activités de manutention et d'entreposage, se sont rapprochées en 1989 pour créer le groupe AFT-IFTIM, organisme de formation professionnelle en transport et en logistique.
Son héritier, l’Afral, regroupe donc depuis le début de l’année, sous sa bannière, les CFA Transport Logistique (soit 44 centres de formation des apprentis), les 16 Instituts supérieurs du transport et de la logistique internationale (ISTELI), les 4 Ecoles nationales supérieures du transport de voyageurs (ENSTV), les 2 Ecoles pratiques du tourisme (EPT), l’Institut international de management pour la logistique (IML), et les 100 centres de formation continue.
Une partie des collaborateurs de l’AFT a rejoint Aftral, portant à plus de 2 000 le nombre de salariés, dont 1 000 formateurs qui ont tous une expérience en Transport Logistique. Chaque année, Aftral forme 180 000 personnes en formation continue par an.
Pour cette année 2015 et les suivantes, Afral s’est fixé comme objectif de développer les formations sans salle de classe, autrement dit via Internet. L’e-learning permet de s’adapter aux contraintes des bénéficiaires dont les besoins s’individualisent, à travers le compte individuel de formation. Y. G.
 

Promotrans conjugue proximité et réactivité

Avec ses 30 centres de formation initiale, ses 25 centres de formation continue, ses 10 CFA, et ses 5 Etablissements d’enseignement supérieur, le groupe Promotrans fait figure de challenger face à Aftral. Ce dernier est pratiquement deux fois plus important que Promotrans, en nombre de CFA gérés (44), ou de salariés (2 000 contre 600). Mais Promotrans met en avant cette taille un peu plus modeste qui lui permet d’être plus réactif, lui conférant de la souplesse pour s’adapter aux changements de planning d’un client dont le stagiaire ne sera plus disponible pour la formation prévue. La taille de Promotrans, d’envergure nationale même si les centres sont plus nombreux dans l’ouest et le nord-ouest, lui permet de répondre aux clients « grands comptes » et de proposer des formations de qualité.
Sur le territoire, d'autres organismes de formation très locaux, comme de petites auto-écoles préparent aussi le permis moto, VL ou PL. « On peut s’interroger sur leur capacité à assurer des formations très spécialisées et contraignantes d’un point de vue législatif », note un responsable de Promotrans.
Chaque année, cet organisme dispense environ 3 000 heures de formations, d’un à deux jours et jusqu’à 300 heures dans le cadre de l’alternance, s’étalant alors sur plusieurs années. Il forme près de 45 000 stagiaires en formation continue et 3 000 « apprenants », des élèves suivant des CAP jusqu’à des cursus de Bac+5. 
Un tiers des clients de Promotrans opèrent dans le secteur du transport et de la logistique, le reste étant issu d’autres secteurs comme l’agroalimentaire, le BTP ou les collectivités locales, qui ont un besoin en matière de transport et logistique. Y. G.
 

Un plan pour développer la mixité dans les entreprises de transport

Le gouvernement souhaite féminiser les métiers. Les transports sont en première ligne. 
 
L’objectif formulé l’été dernier par le gouvernement est ambitieux : il souhaite quasiment le doublement des entreprises dites mixtes (c’est-à-dire celles dont la part d’effectifs féminins atteint au moins 40 %). Les entreprises mixtes sont aujourd’hui 17 %, elles devraient passer à 30 % d’ici à 2024.
Premier secteur concerné : les transports. Le 16 juillet, celle qui était encore ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Najat Vallaud-Belkacem, a signé avec son homologue alors aux Transports, Frédéric Cuvillier, le premier plan sectoriel mixité.
Parmi les autres signataires, l’OPCA-Transports, et Pôle emploi, se sont engagés à augmenter le taux de mixité dans les transports. Le plan a été signé pour une durée de 3 ans.
Le domaine des transports, toutes branches confondues, représente 620 000 emplois. Les femmes y constituent 22 % des emplois. Cependant selon Patrice Huart, le président de l’OPCA-Transports, il y a de fortes disparités dans les différentes branches. 23 % des effectifs de conduite du transport routier de personnes sont des femmes. Et 3 % des emplois de conduite de véhicules de transport routier de marchandises sont exercés par des femmes.
Les fédérations signataires se sont engagées à sensibiliser leurs adhérents. Pôle emploi développera des actions auprès des demandeurs d’emploi. L’OPCA-Transports aura un rôle d’accompagnement. Les actions ne se limiteront pas à de la sensibilisation lors du recrutement. Les métiers du transport seront promus à tous les niveaux, scolaires et professionnels.
L’OPCA-Transports joue un rôle primordial selon le secrétariat d’Etat aux Transports : l’association regroupant différentes branches du domaine du transport a joué un rôle d’animation et d’émulation pour améliorer la mixité. Par exemple il a organisé des formations « clés en main », les T-professionn’elles. Ces formations à destination des femmes concernaient la réglementation sociale, la gestion financière et commerciale.
Selon Najat Vallaud-Belkacem, la mixité dans les entreprises est aussi un enjeu de compétitivité. Actuellement, les déséquilibres homme femme feraient perdre 0,25 point de croissance par an à la France. En mettant fin à la « ségrégation spontanée », la compétitivité des entreprises devrait s’améliorer. Ce plan sectoriel n’est que le premier d’une série qui concernera d’autres secteurs comme l’informatique ou les services à la personne. 
Chloé NIEUJAER

 
 

Expériences. Entretien avec Thomas Derrien. « Bien souvent, les conducteurs ne travaillent qu’à mi-temps »

Thomas Derrien forme à l'Aftral des personnes de tous âges et de toutes conditions au titre professionnel de « transport marchandises et voyageurs ». Ses modules sont courts mais débouchent souvent sur des temps partiels.
 
Ville, Rail & Transports. Combien de temps faut-il pour obtenir le titre professionnel de « transport marchandises et voyageurs ? »
Thomas Derrien. Il faut 400 heures soit à peu près trois mois avec le stage en entreprise. Il y a des cours théoriques sur la réglementation, la sécurité routière et bien sûr des cours pratiques de conduite. 20 heures de conduite et 12 heures de plateau, où l’on apprend à connaître son véhicule.
 
VR&T. Quelle sera la différence, face à l’employeur, entre un titulaire et une personne qui n’aura choisi de ne passer que le permis et la Formation initiale minimum obligatoire (Fimo) ?
T. D. Avec un permis sec, on ne peut rien faire. Il faut forcément la Fimo pour travailler dans une entreprise. C’est un cursus plus court et moins cher – il n’y a que 140 heures au programme. Mais il peut y avoir des manques, des lacunes. Surtout, le titre professionnel est un diplôme d’Etat qui rassemble plus de connaissances du métier, plus de compétences. Les employeurs apprécient.
 
VR&T. Quels sont les profils que vous formez ?
T. D. Mes stagiaires sont âgés de 21 ans à 60 ans. Il y a tous les profils, du reclassement professionnel au demandeur d’emploi en passant par le contrat de professionnalisation. Cela dit, ma formation compte peu de jeunes diplômés d’autres disciplines. Parce que les premiers contrats sont très souvent des temps partiels, des mi-temps voire des quart-temps. Il faut attendre un ou deux ans avant d’avoir un plein-temps.  Propos recueillis par J. S.
 
Reconversion. « Le tourisme comme alternative »
Après une carrière dans la prothèse dentaire, Ghislaine Déan, 44 ans, tente sa chance dans l’univers des transports. Sa première motivation : l’offre d’emploi abondante.
 
« Je le vois bien autour de moi : il va falloir commencer par autre chose que du transport scolaire si je veux éviter le temps partiel. » Le réalisme et la lucidité sont deux points forts de la personnalité de Ghislaine Déan. Cette mère de famille de 44 ans doit se reconvertir après 20 ans de carrière dans la prothèse dentaire, après un licenciement économique. Ce qui l’a poussée à aller vers Aftral et le monde des transports ? « Je cherchais un secteur où l’offre est égale à la demande et les transports se sont imposés d’eux-mêmes. En plus, j’adore conduire et je n’ai pas eu de mal à trouver un stage en entreprise ».
Si Ghislaine s’est orientée vers un titre professionnel, c’est afin d’avoir plus de chances d’intégrer facilement une entreprise de transport touristique. « Mon ambition est de partir deux ou trois jours avec des groupes. Ce ne sera peut-être pas du grand tourisme mais un temps complet tout de même. Mon objectif est vraiment d’éviter un temps partiel. »
En dehors de cette crainte, la quadragénaire est épanouie dans le nouveau métier qu’elle apprend. Il est vrai que « les cours sur la gestion des conflits – dans l’entreprise ou avec les clients – ne sont pas très plaisants, mais ce n’est qu’une étape. J’ai envie d’être autonome, et c’est la principale promesse de ce métier », sourit-elle.  J. S.
 
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Les qualités qui font la différence dans le transport public urbain

Conducteur de transport urbain : pour être conducteur de transport public urbain (près de 80 % des emplois du secteur) quelques qualités sont indispensables : une conduite parfaitement maîtrisée, attentive au confort des clients, des connaissances techniques, une attitude commerciale et le sens des responsabilités et du contact. Concrètement, la détention d’un CAP ou du titre professionnel d’« Agent commercial de conduite » n’assure pas une embauche mais constitue un solide argument.
Contrôleur ou vérificateur : pour assurer des fonctions de contrôleur, il faudra faire preuve d’une réelle maîtrise de soi, d’un excellent sens relationnel, de bonnes capacités de jugement et d’adaptation. Pour accéder à cet emploi, la voie la plus simple est celle de la qualification d’agent d’accueil dans les transports (titre professionnel). Le concours de la RATP est toutefois accessible sans condition de diplôme à part le Bac. L’âge minimum requis est de 20 ans.
Responsable d’exploitation : il doit être capable de diriger et d’animer l’équipe du service exploitation tels que les conducteurs, contrôleurs, agents de méthodes, techniciens… pour améliorer le service à la clientèle et la productivité de l’entreprise. Ce poste commercial est dédié aux personnes diplômées de l’enseignement supérieur, spécialisées dans le transport et le management. Il est possible de se former dans le cadre d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation.  J. S.
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Les « bons plans » du transport de voyageurs 

Conducteur de bus du réseau scolaire : les habilitations du réseau scolaire sont les mêmes que pour le transport routier de voyageurs d’une façon générale. Une majorité de conducteurs du transport public interurbain utilise le transport scolaire comme complément de revenus. Le titre professionnel qui y correspond est « Conducteur routier du transport public interurbain ». Selon l’OPTL, 71 % des entreprises du secteur ont un projet d’embauche en 2015.
Monter sa propre entreprise de transport routier de voyageurs : les créations d’entreprises sans salariés (c’est-à-dire unipersonnelles) ont augmenté de 31 % en 2013, après 21 % en 2012. Se lancer dans le transport routier de voyageurs nécessite au moins d’avoir le permis D et la Formation initiale minimum obligatoire (Fimo). Un CAP et un titre professionnel sont également accessibles via le ministère de l’Education nationale et le ministère de l’Emploi. L’âge minimal pour ce métier est de 21 ans.  J. S.
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Spécial formation. Le nouvel annuaire

 

Des formations reconnues

CAP, BTS, IUT, licences pro, écoles de commerce, d’ingénieurs… la panoplie des diplômes est large pour tenter de faire carrière dans les transports. En voici quelques exemples.
 
Deux grands organismes de formation initiale et continue
Aftral 
82 rue Cardinet – 75017 Paris
Tél. : 01 42 14 52 49 – www.aftral.com
 
Promotrans
12 rue Cabanis – 75014 Paris 
Tél. : 01 53 34 33 33 – www.promotrans.fr
 
Formations universitaires 
 Université de Cergy-Pontoise
IUT Gestion Logistique Transport
95/97 rue Valère Colas – 95000 Argenteuil
Tél. : 01 39 98 34 72 – www.u-cergy.fr
– Durée de la formation (Diplôme universitaire technologique ou Licence professionnelle) : un an.
– Formations ouvertes aux Bac+2 sur dossier et entretien
 
 Université de Cergy-Pontoise
UFR Lettres et Sciences humaines Transport Logistique Territoire Environnement
33 boulevard du Port – 95011 Cergy Pontoise Cedex
Tél. : 01 34 25 60 00 – www.u-cergy.fr
– Durée de la formation (Master Transports, Economie et Environnement) : deux ans.
– Formation ouverte à Bac +3, recrutement sur dossier
 
 Université Lumière Lyon 2 et ENTPE
LET – Master 2 Transports urbains et régionaux de Personnes. 
14 avenue Berthelot – 69363 Lyon Cedex 07
Tél. : 04 78 58 65 51 – www.let.fr/Master-TURP
– Durée de la formation (Master) : un an
– Formation ouverte à Bac+4 ou par Validation des acquis et de l’expérience (VAE)
 
 Université Toulouse 1
Sciences Sociales Master 2 Droit des Transports
2 rue du Doyen-Gabriel-Marty – 31042 Toulouse Cedex 9
Tél. : 05 61 50 38 50 – www.univ-tlse1.fr
– Durée de la formation (Master) : 1 ou 2 ans – Les enseignements ont lieu d’octobre à mars.
– Formation ouverte à Bac+3 ou par Validation des acquis et de l’expérience (VAE)
 
 Université de Marne-la-Vallée
UFR Sciences Humaines et Sociales – Master Aménagement Urbanisme Transport
Cité Descartes – 77420 Champs-sur-Marne
Tél. : 01 60 95 74 74 – www.univ-mlv.fr
– Durée de la formation (Master) : deux ans
– Formation ouverte à Bac+3 ou par Validation des acquis et de l’expérience (VAE)
 
 IUT de Tourcoing, université de Lille 3
55 rue Sainte-barbe – BP 460 – 59208 Tourcoing Cedex
Tél. IUT : 03 20 76 25 00 – Tél. Keolis : 01 71 18 01 21
– Durée de la formation (Master) : un an
– Formation ouverte à Bac+2 ou par Validation des acquis et de l’expérience (VAE)
 

Formations d’entreprises 

 Keolis cherche à favoriser les passerelles entre filiales, régions et métiers. L’opérateur veut diffuser sa culture de service via les Instituts Keolis. 
Citons entre autres l’Institut Keolis Management – www.keolis.com
9 rue Caumartin – 75320 Paris Cedex 9 – Tél. : 01 71 18 01 09
– Durée de la formation : un an
– Formation ouverte à Bac+3 ou Bac+5
– Frais de scolarité pris en charge par Keolis
Keolis a également mis en place « la pépinière », un programme destiné aux diplômés d’écoles d’ingénieurs, de commerce ou issus de Master 2. La pépinière forme les futurs managers et experts des filières exploitation, maintenance et modes lourds. 
 Transdev a créé un GIE Transdev Formation, une société spécialisée dans la formation continue d’adultes. 
32 boulevard Gallieni – 92130 Issy-les-Moulineaux – www.transdev.com
Transdev a aussi mis en place sa « pépinière » offrant la possibilité « d’acquérir une compétence opérationnelle sur un réseau de transport ». Cette expérience d’un an permet ensuite d’évoluer dans le groupe.
 La RATP, très important recruteur en Ile-de-France, a mis en place il y a un an un « campus d’entreprise » à Noisiel en Seine-et-Marne. Il a vocation à accueillir des candidats désireux de rejoindre le secteur du transport public. 
3 avenue Pierre Mendès-France – 77186 Noisiel – www.ratp.fr
 

D’autres cursus spécialisés

Même si les conducteurs représentent le gros des embauches chaque année, ce ne sont pas les seuls profils recherchés dans le secteur des transports. « Nous manquons cruellement de personnes qualifiées dans le domaine de la maintenance et de l’exploitation », confirme Vincent Baldy, directeur adjoint en charge du transport à Aftral.
Evolutions technologiques obligent, les employeurs sont de plus en plus exigeants. Par exemple, pour être compétent sur le sujet sensible de l’info-voyageurs, un BTS est bien vu, sinon indispensable.
Les cadres, les responsables de la conception de l’offre sont aussi recherchés. Pour pénétrer ces champs, il faudra alors se diriger vers un Master spécialisé ou une grande école. On peut citer l’Ecole nationale des ponts et chaussées, qui propose un Master ferroviaire réputé dans la profession. « A partir de Bac+5, il y beaucoup de recrutements mais sur des champs différents : on sera davantage sur la conception de l’offre, des réponses aux appels d’offres, de la recherche de solutions de mobilités », conclut Vincent Baldy. Des postes moins nombreux mais très bien rémunérés et tout aussi cruciaux que les autres pour l’univers des transports.
Citons aussi l’ESAM, Polytechnique, ParisTech, l’Estaca, l’ESTP, l’Ecole centrale de Paris, mais aussi de Lille, Lyon ou Montpellier. 
Un nouveau cursus est également en train d’être lancé par Telecom ParisTech : « Architecture du système de transports intelligents ». Cette formation continue qui durera un an s’adresse aux professionnels expérimentés qui s’intéressent au concept du transport intelligent (mobilité 2.0, billettique, localisation, smart city, véhicules autonomes…) Un domaine que le gouvernement souhaite booster. 
Pour les profils commerciaux ou marketing, les écoles de commerce de Montpellier, Saint-Etienne, Tours, Paris, l’Essec et toutes les grandes écoles classiques sont bien sûr appréciées. 
La multiplicité des formations proposées donne une idée des opportunités – nombreuses dans le secteur –, auxquelles les étudiants ne pensent pas forcément.