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Industrie. Les 16 innovations que nous avons retenues
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Même si le matériel roulant reste le grand absent du Sifer, ce salon biennal confirme son rôle de principal événement en France réunissant les acteurs du secteur ferroviaire au sens large, tant industriels (équipementiers, fournisseurs, sous-traitants, voire opérateurs) qu’institutionnels (grands donneurs d’ordres, gestionnaires de transports publics…)
Présent pour la septième fois à Lille Grand Palais, le Sifer a pris ses marques : la neuvième édition s’est tenue du 24 au 26 mars, presque aux mêmes dates que l’édition 2013 et que la prochaine, prévue du 21 au 23 mars 2017. Un autre signe confirme que ce rendez-vous est désormais établi : 4 900 visiteurs ont été recensés, soit un peu plus que les 4 800 de 2013, alors que les exposants étaient au nombre de 430, contre 400 lors des deux dernières éditions. L’organisateur Mack Brooks France précise que la fréquentation des visiteurs internationaux a été « plus importante » avec 17 % (40 pays représentés chez les visiteurs, contre 22 côté exposants). Et comme il se doit, Alain Vidalies, secrétaire d’Etat chargé des Transports était présent, deux ans après les visites assidues de Frédéric Cuvillier.
Un programme riche en temps forts avait été mis sur pied : Conférence FIF « Exporter ou s’exporter, opportunité ou obligation ? », convention européenne B2B ferroviaire, séminaires et ateliers internationaux ont attiré 300 participants. Avec pour thèmes la nécessité de se regrouper pour attaquer les marchés de l’export, le savoir-faire français en matière d’infrastructure et d’innovation ou encore la percée des acteurs de l’aéronautique dans le monde ferroviaire. Ceci alors que deux visites de sites (Eurotunnel et Delta 3 Dourges) étaient organisées. Mais surtout, le premier soir a vu la remise des Trophées de l’innovation i-Trans – ERCI et des neuf Grands Prix des Régions VR&T.
Les nouveautés ne manquaient pas dans cette neuvième édition, comme le montre la sélection de la rédaction de VR&T.
Dossier réalisé
par Patrick LAVAL
Redbird. Drone sur grandes distances
« Premier opérateur de drones habilité à opérer sa technologie hors vue du télépilote », Redbird travaille aujourd’hui avec la SNCF entre autres. Cet opérateur apporte des outils d’aide à la décision via ses analyses et traitements propriétaires de données acquises par drones civils, tel celui présenté sur son stand à Lille. A la différence des drones classiques, ce petit avion rouge parcourt plusieurs kilomètres autour de la position du pilote, permettant à Redbird de proposer au client des solutions de monitoring de la végétation (pour la mise en place de plans de maintenance adaptés) ou de suivi cartographique et topographique de l’infrastructure.
Hexis. Un film contre les microbes dans les transports publics
Sur le marché du pelliculage, la société Hexis, basée à Frontignan (Hérault), s’est fait une réputation en équipant les plus grands parcs de trams, métros ou trains (navettes Eurotunnel, métros de Londres et RATP, MI2N, TGV de la SNCF…)
Avec son film Pure Zone, Hexis s’attaque maintenant à un domaine encore peu exploré : la lutte antimicrobienne dans les transports publics. Objectif : empêcher la prolifération des bactéries en appliquant un revêtement adhésif PVC à ions argent encapsulés. Ces ions ont pour caractéristique de bloquer la formation d’une couche dite « biofilm », qui se crée habituellement au bout de quatre ou cinq heures sur les surfaces après nettoyage.
i-Trans. Quatre projets labellisés et trois trophées
Au cœur des stands représentant le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, regroupés sous la bannière Northern France Rail, le pôle de compétitivité i-Trans accueillait quatre projets en cours, dont deux déjà connus et deux nouveaux.
Présentés dans nos pages, les deux premiers étaient la voie sans ballast nouvelle génération NBT (exposé par Railtech International) et le système de surveillance et de diagnostic embarqués Surfer (exposé par Prosyst).
Deux nouveaux projets étaient exposés par MG Valdunes (le deuxième avec Polytech Lille) :
– Innovaxles est un essieu-axe creux optimisé en masse. Il permet une réduction des masses non suspendues de l’essieu de l’ordre de 20 % et le mode de production développé pour ces essieux-axes permet d’optimiser la consommation de matière première… de même que son coût de production.
– Stardamp vise à établir des méthodes de caractérisation et bancs de test pour les essais d’émissions acoustiques relatifs aux absorbeurs dynamiques pour le ferroviaire, ainsi que des valeurs de référence partagées pour la définition des performances des absorbeurs dynamiques.
Il ne fallait pas confondre ces projets avec les Trophées de l’Innovation i-Trans – ERCI :
– catégorie exposant (ex-aequo) : Alstom Le Creusot (amortisseur hydraulique bi-mode) et SMTC (panneaux composites) ;
– catégorie visiteur : Apyre (produits répondant aux problèmes de feu et de fumée en adéquation avec la nouvelle norme européenne NF EN 45545-2).
Bosch. Système d’alerte anticollision pour tramways
Tout le monde connaît Bosch pour son électroménager ou ses accessoires automobiles. Mais le groupe allemand est également très présent dans des domaines très divers du secteur ferroviaire, tant dans le matériel roulant (électronique embarquée, pompes ou ventilateurs de la gamme d’auxiliaires Rexroth…) que pour les gares (chauffage, énergie solaire, installations sonores
ou vidéo…)
A côté de ce riche catalogue, la grande nouveauté présentée cette année au Sifer par Bosch était son système d’alerte anticollision « pour réseau ferroviaire urbain » (traduction de la notion allemande de Stadtbahn), c’est-à-dire pour les tramways. Associant des capteurs radar et vidéo, ce système détecte « tous les types de voitures, les bus ou les véhicules sur rails » présents sur les voies jusqu’à 160 m, ainsi que les obstacles immobiles. Le conducteur est alors alerté pour mieux éviter la collision. Début 2014, deux réseaux allemands de tramways ont été équipés de ce système pour des essais au quotidien : Hanovre (üstra) et Francfort. Les données collectées ont permis aux ingénieurs de Bosch de perfectionner le système en vue d’en lancer la production en série en 2015.
Strail. Du nouveau entre les rails… et autour
Spécialiste des traversées de voies, Strail occupait une grande partie d’une des voies de démonstration posées dans le hall
du Grand Palais de Lille. Côte à côte étaient présentées une série
de nouveautés :
– Passages à niveau PédiSolar signalés lumineusement aux cyclistes et aux piétons par des Led intégrées.
– Traverses StrailWay « écologiques » en plastique recyclé à longue durée de vie et propriétés mécaniques « supérieures aux traverse
en bois ».
– La dalle StrailGrid, dont les picots de forme pyramidale sont censés éviter aux piétons et aux animaux de traverser la voie.
– Le mur antibruit StrailLastic_IP modulaire, facile à installer…
et pouvant même servir de support publicitaire !
IFE. Des portes qui se rouvrent en cas de problème
La fin des accidents de voyageurs dus aux lanières coincées lors de la fermeture des portes du tram ? Spécialiste autrichien des portes de matériel roulant acquis par Knorr-Bremse en 1997, IFE était présent sur le stand de sa maison mère avec une installation résumant son système automatique « antipincement » des portes d’accès, dont les visiteurs étaient invités à tester le fonctionnement entre deux vantaux symboliquement raccourcis. Comme il se doit désormais, ces vantaux se rouvrent dès qu’un « gros » obstacle, tel un bras, se retrouve coincé lors de la fermeture. Mais ici, même une fine lanière sur laquelle la porte s’est refermée est signalée au conducteur et les vantaux se rouvrent automatiquement pour peu que quelqu’un tire sur la lanière pour la dégager du piège. Le secret de ce dispositif ? Un câble installé dans un des deux joints entre les vantaux. De quoi moderniser discrètement les tramways des années 1990-2000, qui devraient atteindre leur mi-vie dans les prochaines années…
Creaform. Scanner 3D primé
Récompensé par le prix du design Red Dot Award 2015, le HandyScan 3D de Creaform était présenté à Lille. Ce scanner 3D peut servir à une variété d’applications, notamment la conception, le prototypage, les essais et la simulation, l’assemblage et la production, le contrôle de la qualité, la rétroingénierie, l’architecture et la préservation du patrimoine, la restauration et l’archivage numérique.
Knorr-Bremse. Système de diagnostic anticipatif icom
Comme son nom l’indique en allemand, Knorr-Bremse est un spécialiste du frein. Mais pas seulement, suite au rachat de plusieurs équipementiers dans des domaines très variés. Cette année au Sifer, la filiale Rail Services a présenté son système de diagnostic icom, qui donne en temps réel un aperçu de l’état d’un parc de matériel roulant. Avec ces outil, l’exploitant du parc peut optimiser ses opérations et plannings de maintenance en fournissant des solutions de diagnostic « couvrant toute la gamme de systèmes sur tous les types de trains ». L’ordinateur du système détecte, diagnostique et hiérarchise les pannes afin de mettre en place une action corrective.
Tvema. Inspection de la voie à grande vitesse
Le spécialiste russe Tvema des mesures sur voies ferrées était présent pour la première fois à Lille. Outre par son détecteur portatif de fissures par ultrasons, l’exposant attirait l’attention des visiteurs avec une maquette grandeur nature de bogie instrumenté, elle-même présentée sur un coupon de voie posée sur traverse en matériau composite. Plusieurs dispositifs d’inspection ou de mesure « à grande vitesse » étaient mis en valeur sur ce bogie : un contrôle de la géométrie de voie par laser (Sokol-3, utilisable jusqu’à 350 km/h) et deux systèmes d’inspection, l’un visuel (Svod-3, caméra vidéo rapide, utilisable jusqu’à 140 km/h) et l’autre par ultrasons. Et quoique conçus pour les réseaux russes à voie large (RZD, métro de Moscou), les équipements Tvema se montent tout aussi bien sur les bogies à voie normale.