Votre panier est actuellement vide !
Circulez y a rien à voir

Après Le Monde du 7 septembre c’est Le Parisien du lundi 11 qui remettait de l’huile sur le feu. Comme pour ne pas paraître en reste de sujet « exclusif » à la veille du rififi social annoncé.Et confirmer que décidément les avantages cheminots sont bien dans le collimateur de la direction comme du gouvernement. Le quotidien faisait état de la volonté de la SNCF de « raboter » les fameuses facilités de circulation accordées aux cheminots au statut.
Une publication qui déclenchait pour le coup aussitôt un communiqué de désarmorçage de la SNCF, visiblement consciente que ce n’était pas moment d’en rajouter. « La compagnie prépare en coulisses depuis plusieurs mois une autre réforme explosive, celle des facilités de circulation », assurait Le Parisien. « Contrairement à ce que publie ce matin un quotidien national SNCF ne prévoit aucune modification des bénéficiaires actuels », jurait l’entreprise. Et d’expliquer que « seule la question de la digitalisation des pièces nécessaires » à l’établissement des permis de circuler est bien « inscrite à l’ordre du jour des discussions avec les organisations syndicales ». Lesquelles, poursuit le communiqué de Saint-Denis, seraient déjà dûment informées que cette dématérialisation se ferait « à périmètre constant des bénéficiaires ». Chaud devant.
Reste que – et ce n’est pas nouveau – le rabotage du nombre de ces bénéficiaires est depuis bien longtemps envisagé. Avec prudence. Des billets gratuits sont actuellement accordés non seulement au cheminot, à son conjoint et à ses enfants mais aussi (à raison de quatre par an) à ses parents. Comme le rappelle Le Parisien, la SNCF est visée par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale pour qui ces avantages en nature devraient être soumis à cotisation.
L’entreprise s’est aussi vu épingler à répétition depuis 2010 par la Cour des comptes. Qui a évalué à la louche leur coût à 100 millions d’euros par an en 2014. Déclenchant déjà les titres des journaux. 21 millions, reconnaissait seulement l’entreprise avouant une difficulté d’évaluation. Et on se souvient que Guillaume Pepy, conscient de l’attachement des cheminots à leurs permis comme ils les appellent, avait alors déjà temporisé. Tout en concédant à la Cour que « des ajustements sont toujours possibles », il défendait : « les facilités de circulation constituent un sujet identitaire étroitement lié à l’entreprise ». Elles sont le « fruit d’une histoire sociale » que l’on retrouve « au sein de toutes les entreprises ferroviaires européennes ».Il n’en annonçait pas moins la fameuse dématérialisation qui arrive concrètement sur la table aujourd’hui.
Rappelons que les facilités de circulation des retraités et des ex-conjoints en cas de divorce ont d’ailleurs déjà été revues discrètement. Ce chaud-là du Parisien ne sent pas non plus complètement le réchauffé. La digitalisation permettrait d’installer pour chaque utilisateur des facilités un suivi individuel. Ce qui aiderait l’entreprise à y voir plus clair dans son chiffrage. Un préalable sûrement au dépoussiérage redouté par certains syndicats. Mais qu’il n’y a surement pas urgence non plus à mettre en place en cette rentrée à risques.
Chantal Blandin