Le musée des Transports urbains de Chelles rouvre au public

Après plusieurs déménagements et alors que l’espoir s’amenuise de voir la construction d’un bâtiment dédié à sa collection, le musée des Transports urbains s’est installé dans une ancienne usine de Chelles où les visiteurs peuvent désormais se rendre un samedi par mois. 

Les amateurs de transports urbains le connaissent bien. Le musée des transports est longtemps resté installé aux portes de Paris à Saint-Mandé dans un ancien dépôt d’autobus. En 1998, une opération immobilière contraint l’Amtuir, l’Association pour le musée des Transports urbains, interurbains et ruraux à trouver un nouveau point de chute. Sa collection qui comprend alors des motrices de tramways, quelques voitures de métro, des funiculaires et toute une flotte d’autobus et de trolleybus est déjà à l’étroit dans ses murs. Ce déménagement forcé est peut-être l’occasion de bâtir un nouveau musée plus vaste permettant une meilleure présentation des véhicules. Un souhait qui a bien failli devenir réalité avec l’installation sur le site de Colombes. Sur d’anciens terrains militaires, l’association y a trouvé de quoi abriter son importante collection. Les projets ont commencé à prendre forme, celui d’un grand musée avec le tram T2 dont les voies passent à proximité. Ce qui devait permettre d’organiser des circulations de tramways anciens. Malheureusement en 2008, après quelques années passées dans ces lieux, l’Amtuir est contrainte à nouveau de déménager sans aucune certitude sur son avenir. Difficile en effet de trouver en région parisienne la superficie nécessaire pour abriter une collection qui ne cesse de s’agrandir. Provisoirement, une partie des véhicules est entreposée en province à Noyon tandis que la RATP récupère ses matériels ferrés en dépôt. La régie de son côté commence à réfléchir à un musée dans son nouveau siège du quai de LaRapée où métros et autobus seraient exposés. Mais là encore, l’espace manque et la RATP finit par louer à la SNCF un vaste entrepôt à Villeneuve-Saint-Georges pour ses véhicules. Les matériels de Noyon y ont été depuis rapatriés.

L’Amtuir qui cherche désespérément un local envisage toutes les hypothèses, y compris un départ en province. C’est finalement à Chelles qu’est enfin trouvée la perle rare, un ancien entrepôt du Sernam qui sera démoli pour laisser place à un vaste musée relié à la gare par une ligne historique en tramway ou trolleybus. Une proposition bien alléchante tempérée par un financement qui reste à trouver. En attendant de bâtir ce nouveau musée qui doit être à l’urbain ce que la Cité du Train est aux chemins de fer, la collection est installée provisoirement dans une ancienne usine appartenant à la communauté de communes. Là, les matériels y sont entreposés sans intention d’y recevoir du public.

Le lieu ouvre tout de même de façon exceptionnelle une première fois en 2008 pour les Journées du patrimoine. Malgré l’éloignement à Chelles, les visiteurs sont au rendez-vous. A mesure que la situation s’enlise, le musée commence à ouvrir de plus en plus fréquemment, toujours de façon exceptionnelle, pour la Nuit des musées, les Journées du patrimoine ou encore pour recevoir des groupes. Entretemps, le site du Sernam est livré aux promoteurs et l’idée d’un grand musée s’éloigne faute de financement. Sans totalement l’abandonner, l’association s’oriente désormais vers des ouvertures au public plus régulières. Sa démarche est confortée par la nouvelle équipe municipale élue en 2014 qui entend mettre en avant son patrimoine culturel.

La collection est ainsi réorganisée dans un parcours cohérent tandis que différents aménagements sont réalisés pour recevoir le public dans de meilleures conditions. La présentation des matériels est faite de façon chronologique, depuis les premiers omnibus hippomobiles jusqu’aux véhicules les plus récents (Saviem SC10 par exemple). Et comme il faut respecter des normes de sécurité et permettre l’accès des personnes à mobilité réduite, un cheminement large est donc aménagé avec des rampes qui permettent le passage des fauteuils au-dessus des voies ferrées.

Le samedi 17 juin, le musée est ainsi ouvert pour la première fois au public. Les visiteurs peuvent y retrouver l’importante collection des autobus parisiens, le premier omnibus automobile de 1906 à impériale, mais aussi une bonne part de la cavalerie qui a arpenté les rues de la capitale. On y découvre même une ancienne motrice des tramways parisiens, aux côtés d’un florilège de tramways de province. Aux côtés de Versailles, la première pièce acquise il y a 60ans, on trouve en vrac des voitures de Fontainebleau, Lyon, Strasbourg ou Lille sans oublier quelques perles comme la motrice Mékarski de Nantes à air comprimé. Face aux engins ferrés, une impressionnante collection de véhicules de province est exposée comptant de nombreux trolleybus aux côtés des autobus diesels qui souvent les ont remplacés. Si le métro est représenté par une motrice Sprague, la collection du musée est désormais recentrée sur les transports de surface. On trouve tout de même quelques maquettes de métros ou des rames Z de la ligne de Sceaux.

Désormais, le musée est ouvert tous les troisièmes samedis du mois jusqu’en octobre, de quoi tirer un premier bilan. Si l’opération est concluante, le public sera à nouveau accueilli régulièrement dès le printemps 2018.

Philippe-Enrico ATTAL

 

 

Musée des transports urbains, interurbains et ruraux

1, rue Gabriel de Mortillet 77500 Chelles Ouvert les troisièmes samedis du mois et durant les journées du patrimoine jusqu’en octobre.

8 euros (4 euros tarif réduit).