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Une étude évalue le coût public du covoiturage à 260 millions d’euros

En plein développement, le covoiturage permet de se déplacer à moindres frais. Mais qui en supporte finalement le coût ? Et pour quel montant ? Réponse : 260 millions d’euros, selon une étude réalisée par l’Adetec et présentée le 6 octobre par son auteur, Bruno Cordier, à la Fnaut.
Selon cette étude, menée entre septembre 2016 et août 2017, le coût lié aux infrastructures représenterait 129 millions d’euros annuels, soit la moitié du total, tandis que les fraudes fiscales et sociales se monteraient à 87 millions, soit 33 % du montant (dues à l’absence de déclaration de bénéfices, à des majorations des frais réels lors de trajets domicile – travail ou encore au transport de passagers lors de déplacements professionnels). Les collectivités publiques financent 51 % de ce coût (principalement les infrastructures), l’Etat 47 % (principalement la fraude fiscale) et la Sécurité sociale 2 %.
Le développement du covoiturage entraîne aussi un manque à gagner pour les transports publics évalué globalement à 26 millions d’euros (10 % du total). Le TGV est le principal perdant avec un manque à gagner estimé à 67 millions d’euros annuels, les Intercités perdraient 20 millions, là encore à la charge de la SNCF, tandis que les TER verraient leurs recettes amputées de 24 millions d’euros (à la charge des régions).
« Le covoiturage de longue distance se développe pour moitié au détriment du train. » En revanche, souligne Bruno Cordier, « le covoiturage de courte distance se développe pour l’essentiel aux dépens de l’autosolisme ».
L’étude s’est aussi penchée sur la location de véhicules entre particuliers. « Le montant total des aides et avantages d’origine publique est d’environ six millions d’euros, imputables aux fraudes fiscales et sociales », affirme son auteur. Mais inversement certaines règles fiscales conduisent à taxer des sommes perçues alors qu’aucun bénéfice n’a été réalisé.
D’où une série de recommandations portées par Bruno Cordier et la Fnaut qui préconisent de revoir les règles fiscales et sociales s’appliquant à l’économie collaborative, principalement en exonérant d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux les sommes constituant un simple partage des frais, de lutter contre la fraude ou encore de mieux orienter les financements publics directs en faveur du covoiturage en ciblant les déplacements pour lesquels il n’y a pas de concurrence avec les transports publics.
M.-H. P.