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Jean-Cyril Spinetta présentera son rapport jeudi

Il devait remettre son rapport « au plus tard pour le mois de janvier 2018 », précisait la lettre de mission du Premier ministre. Jean-Cyril Spinetta le présentera jeudi, a annoncé hier Edouard Philippe devant la presse, à l’issue d’une réunion d’une heure et demie au Centre national des opérations ferroviaires, aux abords de la gare de l’Est. Une réunion qui lui a permis de rencontrer des cheminots et à laquelle assistaient également quelques dirigeants de l’entreprise ferroviaire, dont le PDG de SNCF Mobilités, Guillaume Pepy.
« Avant de prendre connaissance de ce rapport, il me semble intéressant de pouvoir évoquer avec les agents la façon dont ils voient à la fois la force du transport ferroviaire, les défis auxquels il est confronté et les menaces peut-être qui pèsent sur lui », a expliqué le Premier ministre. Selon Matignon, cette réunion est également la première « d’une série de rencontres avec des acteurs du monde ferroviaire français dans les prochains jours et prochaines semaines ».
Ces précautions et ce retard dans la remise du rapport s’expliqueraient par des tensions assez vives autour de son contenu. L’ancien patron d’Air France-KLM a jusqu’aux tout derniers jours rencontré les syndicats de la SNCF : la CFDT et l’Unsa lundi, Sud rail et la CGT devaient l’être ce mardi après-midi. Des syndicats très inquiets qui, contrairement à leurs attentes, n’avaient pu avoir connaissance du rapport avant sa publication. Et particulièrement hostiles à l’idée d’une extinction du statut de cheminot, qui pourrait ne plus s’appliquer aux nouveaux embauchés, sur le modèle de La Poste ou, en Allemagne, de la Deutsche Bahn.
Rappelons que Jean-Cyril Spinetta doit selon la lettre de mission, « préparer une stratégie d’ensemble pour refondre le modèle du transport ferroviaire dans le cadre d’un marché ouvert à la concurrence, en préservant les missions d’un service public performant ». Ce qui doit l’amener à « préciser la stratégie de desserte par le transport ferroviaire d’ici 2030 », en « anticipant des ruptures technologiques comme le véhicule autonome ».
Il doit notamment préciser le modèle de desserte des services à grande vitesse en liaison avec les services régionaux ; revoir l’ensemble du modèle économique du ferroviaire, formuler des « propositions sur la tarification du réseau », sur « les modalités de prise en charge et de remboursement de la dette de SNCF Réseau » ; et préparer l’ouverture à la concurrence, dans les services conventionnés (où la transposition du quatrième paquet ferroviaire doit être effective avant le 25 décembre de cette année), comme dans les services non conventionnés. Un chantier stratégique « à trois dimensions » résume la lettre : « stratégie ferroviaire, stratégie économique et financière, stratégie d’ouverture à la concurrence ». Rien que ça…
F. D. et M.-H. P.