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Grand Paris Express. Le commencement des tunnels

A Champigny, le 3 février, la tête du tunnelier est descendue dans son puits. C’est le début d’une phase à la fois invisible et spectaculaire d’un chantier gigantesque. Au plus fort des travaux, ils seront 21 à avancer sous le sol d’Ile-de-France…
Depuis le rapport de la Cour des comptes de décembre 2017, on ne parle plus à propos du Grand Paris Express que coûts, financement, retard, phasage… Sur les dates de mise en service, le Premier ministre a tranché le 22 février. Et confirmé comme il s’y était engagé la totalité du projet.La série Grand Paris Express aura trois saisons précédées d’un pilote, le prolongement de la ligne 14 jusqu’à Mairie-de-Saint-Ouen, en 2020 ou 2021.
2024, saison 1 : fin de la ligne 14 Nord, ligne 14 Sud, ligne 15 Sud, tronc commun des lignes 16 et 17 et, au-delà de ce tronc commun, ligne 16 jusqu’à Clichy-Montfermeil, ligne 17 jusqu’à Bourget-Aéroport.
2027, saison 2 : prolongement de la 17 jusqu’au triangle de Gonesse, ligne 18 d’Orly jusqu’à CEA Saint-Aubin, sur le plateau de Saclay.
2030, saison 3 : 15 Ouest et 15 Est, prolongement de la 16 de Clichy-Montfermeil à Noisy, de la 17 jusqu’au Mesnil-Amelot, de la 18 jusqu’à Versailles.
En cas de succès, plus tard encore, le pointillé de Versailles à Saint-Denis se fera trait plein. Le gouvernement va maintenant se fonder sur les recommandations du député Gilles Carrez pour assurer le financement. Et souhaite une « revue générale des coûts » pour faire baisser la facture de 10 %. Juste avant la publication de la feuille de route, et dans sa perspective, la SGP a pu notifier le marché du tronc commun des lignes 16 et 17 à un groupement piloté par Eiffage. La RATP, maître d’ouvrage délégué, l’a fait pour deux lots du prolongement sud de la 14, dont le plus important a été attribué à Vinci. Il y avait urgence.
Alors qu’on faisait les comptes, qu’on revoyait les calendriers, qu’on passait à nouveau des marchés, sur le terrain, les chantiers avançaient. Sur la ligne 15 Sud, ils montent en régime. Les huit lots de génie civil ont été passés entre mars 2016 et juillet 2017, pour un montant total proche de 3,7 milliards d’euros. On y trouve les majors des travaux publics : Bouygues TP, Vinci Construction, Eiffage Génie Civil, mais aussi Demathieu Bard Construction, NGE Génie civil, Spie Batignolles, Razel Bec, Soletanche Bachy, Dodin Campenon Bernard, etc. C’est le rendez-vous du BTP français, où l’on relève tout de même la présence de quelques européens, dont l’italien Pizarotti.
Les PME sont de la partie : fin 2017, elles étaient plus de 500 sur la ligne 15 Sud, de toute sorte, dont 337 franciliennes. Et, depuis longtemps, les grands de l’ingénierie sont là : Ingérop, avec Setec (maîtrise d’œuvre de la partie ouest) et Systra (maîtrise d’œuvre de la partie est), Egis ayant remporté la maîtrise d’œuvre des systèmes des lignes 15, 16 et 17, et celle du site de maintenance des rames de Champigny, avec Richez et associés.
Sur la ligne 15 Sud, les entreprises de génie civil emploient aujourd’hui plus de 2 000 personnes. La totalité du Grand Paris, à son pic, devrait en employer 15 000. Les entreprises ont commencé la réalisation des « boîtes gares », des puits d’entrée ou de sortie des tunneliers, mené à bien certains des grands travaux permettant l’interconnexion avec les réseaux existants. Fin 2017, 41 sites étaient en travaux.
Le Val-de-Marne, avec la ligne 15 Sud, donne aujourd’hui l’image du chantier qui attend une grande partie de la région parisienne. Compte tenu des prolongements du métro qui sont intégrés au GPE, de la ligne 14 au nord ou au sud, et de ceux de la 4, de la 11, de la 12, sans oublier celui d’Eole à l’ouest, l’Ile-de-France s’annonce pour les prochaines années comme l’un des plus grands chantiers d’Europe, sinon le plus grand. Symboles de ce gigantisme, les tunneliers. A son pic, 21 « tunnel boring machines » vont avancer en même temps dans le sous-sol parisien. Ils sont aujourd’hui 23 à le faire, dans l’Europe entière.
A Champigny, la tête du premier tunnelier est descendue dans son puits de 40 m. Il va lui falloir avancer pour qu’on puisse l’assembler tout entier. Pour le servir, lui et ceux qui vont suivre, toute une logistique se met en place. Il faut fabriquer les voussoirs en béton, que l’on commence à produire exprès dans la région, il faut apporter aussi ces pièces de plusieurs tonnes aux tunneliers à mesure de leur avancée.
Il faudra aussi évacuer les déblais. Avec ses 43 millions de tonnes de déblais, le Grand Paris Express représente « six pyramides de Gizeh », a dit le Premier ministre, en donnant un contenu un peu plus précis à la classique image des travaux pharaoniques. Six pyramides ? Faisons le point sur la construction de la première, la 15 Sud.
F. D.