Avec Scoop, le véhicule connecté passe le cap de la production en série

Scoop projet véhicule connecté

Le projet Scoop est entré en phase opérationnelle. Porté par le ministère des Transports, il remonte à 2014 et vise le développement des véhicules et infrastructures routières connectés. A l’occasion d’un séminaire de restitution organisé le 6 avril, la DGITM a indiqué que plusieurs dizaines de véhicules connectés sont en circulation depuis quelques semaines et 2 000 kilomètres de routes sont désormais connectés, sur l’A4, les routes franciliennes, en Bretagne ou encore en Isère.

Scoop a fait l’objet d’un travail collectif rassemblant le ministère, des gestionnaires d’infrastructures routières comme la Sanef, des constructeurs (PSA et Renault), le centre de recherche de l’Ifsttar… Ils ont développé un système connecté, entièrement intégré aux véhicules. Afin d’en illustrer l’intérêt, Eric Ollinger, en charge du projet à la DGITM, prend l’exemple d’une plaque de verglas. Un véhicule connecté qui roule sur du verglas va automatiquement envoyer l’information aux véhicules connectés qui l’entourent dans un rayon d’un kilométrique, ainsi qu’au gestionnaire de l’infrastructure. Les autres véhicules approchant de la plaque de verglas sont donc avertis du risque et peuvent ralentir tandis que le gestionnaire peut déployer une équipe pour saler la route. Eric Ollinger défend les vertus de Scoop : une très faible latence dans la transmission de l’information, un système automatique (par opposition à Waze, très efficace mais qui fonctionne sur du déclaratif et peut déconcentrer le conducteur qui signale une information), une connectivité non seulement des véhicules mais aussi de l’infrastructure donc…

Les véhicules (des Citroën C4, DS4 et des Renault Megane) sont désormais disponibles à la vente. « Nous ne sommes plus dans de l’expérimentation mais dans un déploiement en série », souligne Eric Ollinger. L’objectif est de mettre en circulation 3 000 véhicules d’ici la fin de l’année : 1 000 Renault à destination des flottes d’entreprises, 1 000 PSA pour les particuliers, et 1 000 véhicules pour les gestionnaires d’infrastructures. Les constructeurs précisent qu’aucun surcoût n’est appliqué aux véhicules. Mais Christine Tissot, en charge du projet chez Renault reconnaît que c’est provisoire. « Le business model reste à trouver. On n’applique pas de surcoût parce que le volume est limité mais avec des ventes à plus grande échelle, il faudra trouver des recettes pour financer cette technologie. » Du côté de la Sanef, on ne compte pas répercuter le coût d’équipement sur le prix des péages. « Installer les capteurs a un coût insignifiant par rapport aux coûts de l’entretien routier globaux », explique Guy Frémont, responsable du département Prospective. Lui y voit surtout un outil majeur pour améliorer la sécurité des agents d’intervention, dont les véhicules sont percutés plusieurs centaines de fois par an. Désormais, ils seront facilement signalés aux conducteurs de véhicules connectés en amont.

Le projet Scoop bénéficie d’un budget de 28 millions d’euros, financé à 50 % par l’Union européenne. Un travail commun entre les Etats membres a justement été engagé afin d’instaurer une interopérabilité des systèmes de routes et véhicules connectés. La France le préside. Et elle compte bien faire en sorte que Scoop devienne la référence.

Camille Selosse