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L’enjeu de la gratuité des transports

Le débat sur la gratuité des transports divise et prend de l’ampleur. En septembre Dunkerque devient la plus grande agglomération de France (et la deuxième d’Europe) à ne plus faire payer l’utilisation de ses transports publics. Tandis que Paris et Clermont ont lancé une étude et que Grenoble y réfléchit.
La gratuité des transports publics est de moins en moins un tabou. Si elle reste rejetée par une grande partie de la profession car elle se traduirait à terme, selon ses opposants, par un affaiblissement des transports publics en mal de financement et par une dégradation des biens publics qui seraient moins respectés, elle devient un sujet de débat de plus en plus audible, non seulement dans les petites villes mais aussi dans de plus grandes agglomérations, y compris la plus grande, Paris.
Aujourd’hui, 36 réseaux appliquent ce principe de gratuité en France, selon le décompte de Maxime Huré, maître de conférences à l’université de Perpignan, qui travaille sur le sujet. La majorité sont de petits réseaux et ne proposent que des bus. Mais peu à peu des villes plus grandes comme Châteauroux ou Aubagne ont adopté la gratuité, et avec Niort (plus de 120 000 habitants) il y a tout juste un an, un nouveau pas a été franchi.
Dunkerque (200 000 habitants), qui s’y met à son tour en septembre, devient la deuxième plus grosse agglomération européenne derrière Tallinn à opter pour ce principe, en allant plus loin puisque la gratuité s’applique à tous, alors que la capitale d’Estonie ne l’offre qu’à ses résidents.
Aux Etats-Unis, Maxime Huré comptabilise une quarantaine de réseaux qui se prennent gratuitement. A Calgary au Canada, le tramway est gratuit en centre-ville. Et au début de cette année, l’Allemagne (pressée il est vrai par Bruxelles) a annoncé réfléchir à la gratuité des transports dans plusieurs villes pour lutter plus efficacement contre la pollution et respecter les normes européennes.
De son côté, Paris engage le débat en lançant une étude. Selon Christophe Najdovski qui y participe, « il n’est pas prouvé qu’on puisse aller vers la gratuité totale » (voir aussi notre compte-rendu du Club VR&T). L’objectif, explique l’adjoint au maire chargé des Transports, est d’ouvrir plus largement la réflexion sur le financement de la mobilité, « parce que la révolution digitale va bouleverser ce secteur ». Et de s’interroger : « Est-ce que l’avenir est de payer cher les transports collectifs et d’avoir des transports individuels partagés peu onéreux ? ». En attendant, la Ville fait un pas vers la gratuité ciblée en offrant depuis le 1er juin un passe Navigo gratuit aux personnes de plus de 65 ans et aux adultes handicapés, résidents à Paris et sous condition de ressources. Ce qui représente 220 000 personnes concernées.
Clermont-Ferrand doit lancer une étude. Et Grenoble y réfléchit. L’idée monte en puissance et fait dire à Maxime Huré que la gratuité des transports devrait être un des grands thèmes des prochaines élections municipales de 2020.
M.-H. P.